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Lecture Analytique : Molière, Don Juan ou le Festin de Pierre - Acte III, Scène 1 : ''Je crois que deux et deux sont 4'' jusqu'à ''il se laisse tomber en tournant''

Publié le 10/05/2012

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Cette scène prend place au début de l’acte III, où le décor change. On est alors en pleine forêt/ On y découvre DJ le libertin sous un nouvel angle, notamment ici ses rapports à la religion. Ici, on y fait l’éloge de la médecine. Cet éloge est induit par le déguisement de Sganarelle (qui a préféré se déguiser en médecin, « robe noire et chapeau pointu «, « me donne de l’esprit «) alors que Don Juan a troqué son habit de courtisan pour un habit de campagne. DJ et Sg sont en fuite aux 12 cavaliers envoyés par la famille de Don Elvire. C’est cet habit qui va représenter le discours médical que Sganarelle se sent obligé de dire. Mais ce discours va se révéler être le paradigme des croyances irrationnelles et des idéologies non-conformes au réel. Cet habit est donc la trouvaille qui permet de faire comprendre visiblement que le discours de Sganarelle tout comme l’habit est emprunté et assuré par lui au détriment de son intérêt. Cet habit cache également son origine sociale, il est perçu comme un voile à la réalité, et le fait pour lui de jouir d’un prestige d’illusion.  

Ce préambule permet d’introduire la question de Sganarelle à Don Juan : en quoi son maître croît-il ? 

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« sienne.

Il a recours à l’attaque orale mais ne peut pas se permettre de s’y enfoncer trop violemment, car Don Juan reste son maître.

La présence de la modalité exclamative met en évidence l’incompréhension et l’indignation de Sg.

Il finit par reprendre les propos de DJ en les déformant et en les caricaturant.

Il finit par généraliser le cas de DJ à l’aide de la tournure impersonnelle pour ne pas s’en prendre personnellement à son maître et éviter que celui -ci ne soit trop pris à parti.

« On est bien moins sage le plus souvent ».

Sg dévalorise la thèse adverse avec son attitude condescendante « pour moi ».

Il caricature les positions de DJ, disant que celui -ci ne croit qu’à l’arithmétique (« je crois que deux et deux sont quatre »).

A partir de l’usage du pluriel « des Hommes », l’argument « ad hominem » présentent Don Juan comme fou.

• Sganarelle se valorise malhabilement (« personne ne saurait »).

Personne ne lui a rien appris et ce dernier le voit comme une qualité : il s’en vante, et à l’inverse l’éducation de DJ est perçue comme une faiblesse (« Dieu merci »).

Il abuse de paroles excessives (« ri en », « jamais »).

Il en vient à se comparer à DJ qui lui, est instruit.

La conjonction de coordination « mais » est utilisée à valeur adversative.

L’adjectif « petit » est utilisé à valeur substantive, à prendre au sens affectif (comme mon petit chat ) ; cet adjectif est issu d’une certaine maladresse puisqu’il peut signaler que ses facultés intellectuelles soient limitées.

• Sganarelle se vante excessivement (« je voit mieux que tous les livres »).

Il généralise « tous les livres », opposés à sa vision du monde.

Cette vantardise décrédibilise sa thèse Il multiplie les exemples, tout devient prétexte à exemple.

Il fait une comparaison incongrue du monde avec un « champignon ».

Il cite d’abord tous les éléments qui l’entourent avant d’en venir au corps hum ain – cet homme est incapable de faire de l’abstraction.

Emploi d’ «engrossé » souligne son absence de goût, sa grossièreté.

Parler des « ingrédients » qui constituent le corps humain est déplacé, le vocabulaire employé est incorrect.

(« mon raisonnement » , alors qu’il émet une thèse).

Même quand il parle du concret, il ne s’en sort pas.

(« interrompre » x2 = c’est lui qui voudrait être interrompu + « Dame », appel urgent à l’aide )→ Dans une argumentation correcte, un discours complet permet de s’exprimer clairement.

Sganarelle est plus à l’aise dans le dialogue que dans le monologue.

Il se noie dans son flot de parole (« logorrhée ») • Sganarelle affirme sa thèse.

Celle -ci commence à la manière de celle de DJ sur l’inconstance : « Pour moi… ».

C’est la mêm e attaque de phrase nominale.

« La belle croyance que voilà », inspirée de la manière de parler de DJ.

Sa tirade est de la même structure.

Il apparaît comme un élève, mais élève qui ne surpasse pas son maître.

Sa thèse = « Il y a quelque chose d’admirable chez l’Homme » .Cette affirmation sauve Sg de ses précédentes maladresses.

Il utilise une formule synthétique et donne sa profession de foi humaniste.

Elle rend le valet attachant, sympathique.

III] Un débat métaphysique Sganarelle le sensualiste Sganarelle peut être considéré comme un sensualiste (à partir de ses sens = vision humaniste).

Il reprend des arguments largement utilisés à l’époque.

La défense d’arguments de causes finales (= consiste à expliquer un fait comme un moyen d’une fin).

Exemple : c e que Sg désigne renvoie aux merveilles du monde.

Si le monde est aussi merveilleux, c’est grâce à un créateur : - Dieu (XVII e s.).

Sganarelle prend ici les arguments des théologiens de manière maladroite.. »

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