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Lecture linéaire Discours de la servitude volontaire

Publié le 30/04/2026

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« Défendre et entretenir la liberté LL la pyramide des intérêts Français-1ère Les effets néfastes de la tyrannie, ses violences et ses abus ont été abondamment décrits par la littérature, notamment au XVI° avec La Boétie et son Discours de la servitude volontaire, publié à titre posthume en 1574.

Ce texte est un court réquisitoire contre l'absolutisme qui étonne par son érudition et par sa profondeur, alors qu'il est censé être rédigé par un jeune homme d'à peine 18 ans. Le texte de La Boétie pose la question de la légitimité de toute autorité sur une population et essaie d'analyser les raisons de la soumission de celle-ci. L’extrait soumis à notre étude se situe dans la narration.

Dans les pages précédentes, La Boétie a évoqué le mystère de ce paradoxe et cherché à expliquer les mécanismes de l'asservissement, en distinguant différents types de tyrans, en montrant le rôle de l'habitude, du divertissement et de la superstition. LECTURE Dans le passage étudié, La Boétie s’attache ici à dévoiler ce qu’il présente comme le véritable ressort de la domination.

Il montre que la tyrannie ne repose pas sur la force militaire, mais sur un système de dépendances fondé sur l’intérêt et la corruption.

Nous pouvons alors nous demander comment La Boétie parvient à déconstruire les apparences du pouvoir pour en révéler les véritables fondements. Pour répondre à cette question, nous suivrons la progression du texte en trois mouvements : d’abord, nous verrons la démystification de la force physique comme fondement du pouvoir (-> « de tués par ces archers mêmes ») ; ensuite la mise en évidence d’une pyramide fondée sur la corruption; enfin, l’extension globale de ce système à l’ensemble de la société. Mouvement 1 : La démystification de la force physique (du début à « ...de tués par ces archers mêmes ») Pour commencer son analyse, La Boétie s'attache à opérer une véritable démystification de la force physique en tant qu'outil de pouvoir. A L'illusion du pouvoir militaire L'auteur s'attache d'abord à dénoncer l'illusion du pouvoir militaire, souvent confondu à tort avec la source réelle de la domination. Dès l’ouverture, La Boétie annonce qu’il va révéler l’essentiel, puisqu’il prétend mettre au jour le mécanisme caché de toute tyrannie : « J’en arrive maintenant à un point qui est, selon moi, le ressort et le secret de la domination, le soutien et le fondement de toute tyrannie ».

Sa formule solennelle joue ainsi le rôle d’une véritable annonce de thèse, comme le souligne l’emploi du verbe d’état « être » ainsi que la répétition de l’article défini dans « le ressort », « le secret », « le soutien », « le fondement », qui confère une forte assurance à son propos.

En effet, cette accumulation donne une impression de maîtrise et de certitude, comme si l’auteur dévoilait une vérité fondamentale. Pourtant, la parenthèse « selon moi » tempère cette assurance : elle n’est pas un gage de nuance, mais une coquetterie rhétorique.

La Boétie feint la modestie pour mieux imposer une thèse qu’il présentera bientôt comme universelle.

Le « toute tyrannie » final confirme cette ambition généralisante. Ensuite, La Boétie entreprend de réfuter une idée reçue, selon laquelle la force armée garantirait la protection du tyran.

La tournure hypothétique introduite par le conditionnel dans « celui qui penserait » lui permet de viser une croyance générale, largement partagée. Cette croyance repose sur une vision traditionnelle du pouvoir, associée à la force militaire, que l’auteur représente par une énumération métonymique : « les hallebardes, les gardes et le guet ».

Par cette énumération, La Boétie fait apparaître tout l’appareil spectaculaire de la défense du tyran. Défendre et entretenir la liberté LL la pyramide des intérêts Français-1ère Cependant, cette mise en scène est aussitôt contestée, comme le montre la chute de la phrase avec « se tromperait fort », qui constitue une réfutation nette et sans nuance. Pour lui étant donné qu’il dit « je crois », ce n'est qu'une mise en scène, ce qu'il souligne avec la métaphore dépréciative de l’« épouvantail ».

Il précise que les tyrans eux-mêmes n’ont pas confiance en leurs soldats avec : « plus qu’ils ne s’y fient ». La Boétie poursuit alors sa démonstration en s’attaquant à l’efficacité supposée de cette protection.

Les « archers » représentent ici l’appareil militaire chargé de défendre le tyran. Pourtant, leur action se révèle dérisoire : ils arrêtent « les malhabiles qui n’ont aucun moyen de nuire », mais restent impuissants face aux « audacieux bien armés ». L’opposition entre ces deux groupes met en évidence l’absurdité pratique du dispositif.

La force militaire ne protège pas contre les véritables menaces : elle ne fait que filtrer les plus faibles. Ainsi, en réfutant l’idée reçue d’un pouvoir fondé sur la force militaire, La Boétie déconstruit une illusion et montre, par un raisonnement logique, que la domination ne repose pas sur la contrainte physique. B Le paradoxe de l'insécurité du tyran En outre, La Boétie appuie ses propos par un exemple, celui des « empereurs romains » démontrant, par l’histoire, que la force militaire ne protège pas le tyran, et peut même se retourner contre lui.

La comparaison « moins nombreux….

Qu’il n’y en eut de tués » permet de comprendre que ceux devant sauver les tyrans ont en réalité souvent participé à leur mort.

De ce fait, l’appareil de protection n’est pas seulement inefficace, il est potentiellement dangereux pour celui qu’il sert. Enfin, il conclut en rejetant définitivement l’idée que la force militaire protège le tyran grâce à l’anaphore « ce ne sont pas ».

L’énumération « bandes à cheval », « compagnie de fantassins » « armes » accumule les symboles de la puissance militaire pour montrer que tout ce qui semble constituer la puissance du tyran est en réalité inefficace. Ainsi, après avoir démontré que la force militaire n’est qu’une illusion et qu’elle ne garantit en rien la sécurité du tyran, La Boétie peut désormais révéler le véritable fondement de la domination. Mouvement 2 : Le « secret » du pouvoir : la pyramide de la corruption (de « Ce ne sont pas les bandes… » à « grâce à leur protection ») Dans un second temps, La Boétie dévoile ce qu’il présente comme le véritable « secret » du pouvoir, en montrant que la domination repose en réalité sur un petit nombre d’hommes qui structurent une chaîne de dépendances. A La structure en cascade Pour ce faire il introduit une idée nouvelle grâce à la conjonction de coordination « mais ».

Cette idée va à l’encontre de l’opinion commune puisqu’ « on aura peine à le croire d’abord ».

Par cette parenthèse, La Boétie anticipe la réaction du lecteur tout en affirmant avec certitude (« exacte vérité ») que le véritable pouvoir repose sur un petit nombre d’individus, « quatre ou cinq .

Ces quelques hommes sont ceux faisant la force du tyran et ce d’autant plus que ce sont eux les sujets des verbes « soutiennent » et « soumettent ».

Ils constituent donc ce fondement de la tyrannie. La formule « il en a toujours été ainsi » donne une portée universelle à l’affirmation de La Boétie : le mécanisme qu’il décrit n’est pas exceptionnel, mais constitutif de toute tyrannie. L’auteur cherche ensuite à identifier les membres de cette petite oligarchie.

Il distingue ainsi deux profils.

Le premier profil concerne ceux qui « ont eu l’oreille du tyran et s’en sont approchés par eux-mêmes ».

Le verbe de mouvement, associé au pronom « eux-mêmes Défendre et entretenir la liberté LL la pyramide des intérêts Français-1ère », souligne ici une démarche volontaire.

Le second profil est plus inquiétant : « ils ont été appelés par lui », ce qui suggère une sélection opérée par le tyran lui-même. Dans les deux cas, ces hommes ne sont pas liés au tyran par des valeurs politiques, mais par des intérêts immoraux, comme en témoigne l’accumulation de termes péjoratifs : « complices de ses cruautés », « compagnons de ses plaisirs », « maquereaux de ses voluptés », « bénéficiaires de ses rapines ».

Cette énumération révèle que les relations autour du tyran reposent sur la violence, le plaisir et le profit, autrement dit sur une véritable corruption morale.

Par ce vocabulaire fortement dévalorisant, La Boétie cherche à persuader son lecteur : il suscite son indignation et condamne moralement ces hommes. B La corruption comme lien social L’auteur montre ensuite que cette corruption devient le véritable lien social qui structure la tyrannie.

Le verbe « dressent » suggère que les proches du tyran façonnent son comportement comme on dresserait un animal, ce qui déshumanise le pouvoir.

La proposition subordonnée de conséquence met en évidence l’influence négative de ces hommes : le tyran est aggravé par leur méchanceté autant que par la sienne.

Enfin, la structure amplifiante « non seulement… mais encore… » souligne que la cruauté n’est plus seulement individuelle, mais collective.

La Boétie développe.... »

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