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Les particularités des Caractères de La Bruyère

Publié le 01/08/2022

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« Les particularités des « Caractères » de La Bruyère. 1- Une esthétique de la brièveté Les auteurs moralistes comme La Rochefoucauld et La Bruyère ont renoncé à écrire des « traités » continus pour choisir des formes brèves, ramassées. C’est une écriture discontinue. - L’écriture brève peut séduire un public rétif aux longs discours. L’écriture brève est une incitation pour le lecteur à continuer, à achever cette réflexion. La forme des caractères : une écriture par petites touches. 2- L’élégance du style Style efficace et classique Simplicité et brièveté, exprimer le plus en disant le moins. Fuir tout ornement, toute préciosité, toute vanité des discours pour aller à l’essentiel. Soumise à l’imperatoria brevitas ("impératif de brièveté"), la parole doit être efficace. L’enjeu est de s’opposer au pédantisme. 3- Une comédie humaine Ces portraits qui sont emblématiques de la société. L’œuvre permet une classification des mœurs. L’auteur est un observateur de sa société. La tonalité humoristique, la vis comica, est un élément important des caricatures. C’est un divertissement sérieux Les Caractères visent une réflexion, une méditation. Les Caractères donnent à voir une représentation des mœurs qui critiquent les institutions, les excès, les préjugés. Il y a une dimension contestataire, les critiques visent la fausse dévotion, l’hypocrisie, la prétention, l’arrogance, l’ambition des bourgeois ou l’orgueil des puissants. Du livre V à X, une hiérarchie sociale apparaît, du peuple au Souverain, du monde rural au sommet de la Cour de Versailles, en passant par la bourgeoisie et l’aristocratie. C’est une étude philosophique de la nature humaine 4- Définir et guider « l’ honnête homme » On retrouve chez La Bruyère, cette ambition décrire pour former l’idéal homme de cour. Rejeter le pédantisme, la préciosité, tout excès = classicisme. Être gouverné par le sens moral. L’ honnête homme est cultivé, parle bien, est à l’aise en société. L’ honnête homme est constant, il n’est ni ambitieux, ni instable, ni intriguant. Il cherche la modération, un juste milieu, un équilibre harmonieux. Le courage (bravoure) est le juste équilibre entre lâcheté et témérité. C’est l’idéal latin de la « mediocritas », l’honnête homme fuit les extrêmes. Il est prudent entre le trop et le trop peu. Un honnête homme doit être cultivé dans tous les champs du savoir, de la littérature à la musique, de la théologie à l’arithmétique. Deux contre-modèles : Arrias et Cléanthe ( livre V, 53) : Arrias = portrait du fat (prétentieux, orgueilleux) et du narcissique. Cléanthe = XXX Pour devenir honnête homme, il faut briller par son mérite personnel, par sa valeur, par sa dignité, par sa noblesse d’âme. L’idée est d’être vertueux, et non uniquement de le paraître. 5- Theatrum mundi : le monde comme un théâtre La Bruyère peint une comédie sociale. Les personnages prennent vie et deviennent crédibles, ils ont un nom, un corps, un statut, un caractère. Les caractères se présentent comme un inventaire / catalogue des rôles joués en société. Nous retrouvons un ambitieux (Arrias), un hypocrite, un faux-dévot, une précieuse (femme qui cherchait à se distinguer par des manières et un langage raffinés), un pédant (qui manque de simplicité, d’authenticité ), un parvenu (un nouveau riche), les bourgeois. La Bruyère fait l’observation fine des degrés de vice, des défauts des hommes. Les Caractères ressemblent à une pièce de théâtre sur le théâtre du monde. Tout l’art du moraliste cherche à montrer... »

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