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Lorenzaccio : tragédie politique ou drame psychologique ?

Publié le 03/09/2012

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Sa faille interne illustre le mal être de la génération de 1830, une génération de jeunes gens désenchantés, mélancoliques, qui cherchent à donner du sens à leur vie. Inspiré par Marcus Junius Brutus (qui chassa Tarquin le Superbe après s’être fait passer pour fou) Lorenzo pense qu’il pourra se réaliser en tuant Alexandre. Il prend plaisir à jouer les lâches et à tromper son monde. Mais à ce jeu dangereux, il finit par toucher son propre néant : tous ses mensonges correspondent à des tendances enfouies de sa personnalité. Très vite, il est rongé par le personnage qu’il simule, déchiré par des penchants contradictoires. « Catherine, lis-moi l’histoire de Brutus « (II, 4) supplie-t-il comme pour se rappeler pourquoi il est devenu ce qu’il est, alors que sa mère évoque sa jeunesse vertueuse. De longs monologues ponctués d’interrogations jalonnent la pièce et illustrent le désarroi de Lorenzo : « Suis-je Satan ? « (III, 3) « Suis-je le bras de Dieu ? « (IV, 3) Le meurtre d’Alexandre revêt alors une nouvelle importance : il devient un acte unificateur qui lui permettra de reconstituer son unité brisée. En tuant le duc, il éliminera son double maléfique, celui qui le force à jouer Lorenzaccio, et se libèrera de ses angoisses. Le tyrannicide devient le «jour de [s]es noces « (III, 1). Mais le vice qu'il a revêtu comme un manteau colle à sa peau et la brève joie qu'il éprouve à la mort d'Alexandre ne le libère pas de ses démons : son acte était dépourvu de sens et de pouvoir même pour lui.

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