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MOLIERE: DE LA FARCE EN PROSE A LA COMÉDIE EN VERS (Les Précieuses Ridicules et Les Femmes Savantes)

Publié le 25/04/2011

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   Il est difficile, en quelques pages, de donner une idée précise de ce qu'est le style de Molière, tant il est varié au cours de son œuvre, et tant il diffère selon qu'il s'agit de son théâtre en prose ou de son théâtre en vers ; nous essaierons donc plutôt d'en parler en général, à condition cependant que ces généralités se retrouvent dans l'une et l'autre pièce qui font l'objet de cette étude : les Précieuses Ridicules et les Femmes Savantes.    Critiques du style de Molière. Aucun style ne fut plus critiqué que celui de Molière :    # La Bruyère nous dit : « Il n'a manqué à Molière que d'éviter le jargon et le barbarisme et d'écrire purement « (Ouvrages de l'Esprit).    Mais comment le spirituel La Bruyère aurait-il pu apprécier les hardiesses d'un écrivain gaulois tel que Molière, qui est, avant tout, un écrivain de théâtre et qui écrit pour être entendu, et non pour être lu?

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« Aussi y a-t-il toujours dans les personnages de Molière une grande variété de ton. Ainsi la même idée sera exprimée: — dans la langue précieuse de Philaminte: D'être baissé sans cesse aux soins matériels, Au lieu de se hausser versles spirituels. — dans le jargon de Martine : L'esprit n'est point du tout ce qu'il faut en ménage. Les livres cadrent mal avec le mariage. — dans le style plein de bon sens d'Henriette : Et tout esprit n'est pas composé d'une étoffe Qui se trouve taillée à faire un philosophe. — avec l'éloquence forcée de Chrysale : Et Malherbe et Balzac, si savants en bons mots, En cuisine peut-être auraient été des sots. — avec la verve de Clitandre : Le ciel m'a dénié cette philosophie, Et mon âme et mon corps marchent de compagnie. A l'intérieur même d'un personnage, le style se nuance, change selon l'action: Armande parle en précieuse, mais lorsqu'il s'agit de ses intérêts, elle retrouve le ton normal de la discussion. Trissotin, très ecclésiastique mondain, lorsqu'il voit la partie perdue, s'exprime prosaïquement : Nous allons voir bientôt comment ira l'affaire, Et l'on a là-dedans fait venir le notaire. Clitandre, qui a le style conventionnel à la mode, réagit sur un ton direct, lors de son altercation avec Trissotin.Molière a donc, non un style, mais des styles. Il existe un parallélisme de ton dans les deux pièces, les Femmes Savantes et les Précieuses Ridicules, c'est-à-direune même intention exprimée dans des termes analogues, mais en prose d'une part et en vers d'autre part. Voici quelques exemples typiques : A l'entrée de Mascarille, Madelon s'écrie : Soutenons notre réputation. A l'arrivée de Vadius, Philaminte dit : Faisons bien les honneurs, au moins, de notre esprit. Madelon : Il a un tour admirable dans l'esprit. Philaminte : Il a le tour galant. Cathos : Est-ce qu'on ne meurt point? Armande : On se meurt de plaisir. Marotte : Dame! je n'entends point le latin, et je n'ai point appris comme vous la filophie dans le Grand Cyre. Martine : Mon Dieu! je n'avons point étudié comme vous, Et je parlons tout droit comme on parle cheux nous. Molière écrit en homme de théâtre. Son activité multiple, les commandes royales, toujours pressées, l'empêchèrentsouvent de travailler sur une œuvre. Cette hâte est à regretter, et le style s'en ressent. Brossette nous le dépeintau travail : « Molière remplissait une fois son idée et son plan; après quoi il ne corrigeait plus; il ne pouvait jamais se résoudre àchanger ce qu'il avait fait. » Certaines tirades sont alourdies de qui et de que; emporté par le mouvement^ l'auteur pousse trop avant sapériode, ce qui lui vaut des lourdeurs, certaines constructions douteuses, des incohérences, des impropriétés, des »

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