Devoir de Philosophie

Sujet : Un sociologue contemporain écrit que A' la publicité est l'ultime violence du monde moderne, en ce qu'elle porte à désirer l'indésirable s. Commentez cette affirmation.

Publié le 24/06/2015

Extrait du document

2.    Si la publicité utilise des procédés de plus en plus raffinés, le consommateur devient de son côté plus averti et de ce fait moins malléable. On peut ajouter que sa sensibilité aux incitations de la publicité s'émousse et qu'il devient de ce fait moins vulnérable.

3.    Les campagnes de propagande faites dans l'intérêt du consommateur ont bénéficié des techniques mises au point par les publicitaires.

 

4.    La publicité existe aussi dans les pays socialistes; après une période d'hostilité à la publicité (attitude qui correspond à celle exprimée dans la formule que nous commentons) ces pays ont adopté un point de vue beaucoup plus modéré. Il n'y a pas de meilleure preuve à cela que la comparaison de ces deux définitions données à trente ans d'intervalle. En 1941 la Grande Encyclopédie soviétique définissait la publi­cité comme « le moyen d'escroquer les ,gens en leur faisant acheter des biens fréquemment inutiles ou de valeur douteuse «. Dans l'édition de 1972 de la même encyclopédie, la publicité est définie comme « l'art de populariser des biens, de faire connaître leurs qualités, leurs caractéristiques, leur mode d'emploi et leurs points de vente aux consommateurs «.

« «Que ces besoins aient pour origine l'estomac ou la fantaisie, leur nature ne change rien à l'affaire » (Marx).

B.

Le développement technologique et le dynamisme du système occidental obligent à produire de plus en plus.

Les besoins étant satisfaits, cette production serait condam­ née à la stagnation si une nouvelle demande ne se créait pas.

Le rôle de la publicité va être de créer cette demande en suscitant chez les consommateurs des désirs; de rendre un certain nombre de biens désirables.

(Ainsi la ménagère qui pourrait très bien se contenter d'un ouvre-boîtes à 1 franc va sous l'action du « matraquage » publicitaire se sentir obligée d'acheter un ouvre-boîtes élec­ trique à 30 francs.) « C'est la production qui crée le besoin » (Henry Ford).

La publicité suscite donc une demande d'objets dont l'utilité en valeur absolue est souvent contestable; la volonté d'acquérir les objets qu'elle vante finit par détourner les hommes de l'essentiel (voir sur ce point le roman Les choses de Georges Perec, Collection J'ai lu).

En envisageant le problème de cette manière on peut donc dire à juste titre que la publicité incite à désirer l'indésirable.

Deuxième partie: l'ultime violence La publicité est une violence car les procédés qu'elle emploie· pour susciter le désir sont d'une nature insidieuse : - répétition obsédante; - valorisation du produit par l'apport fictif d'une satisfaction de vanité (cigarettes associées à des milieUx: prestigieux : aristocrates, pilotes d'avion); -scansion visuelle ou auditive (Dubo, Dubon, Dubon­ net); -présence partout (même au sommet des montagnes ou sur du papier hygiénique); - présence à tous moments; presque le caractère d'une agression (aux U.S.A.

« flashes » publicitaires en plein milieu de la retransmission d'une épreuve sportive ou d'une pièce de théâtre); - utilisation des techniques issues de la psychologie moderne pour agir sur l'inconscient (on a beaucoup parlé, en particulier, du procédé qui consiste à insérer de brèves -124-. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles