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Texte 3 : L’aveu : « Eh bien, monsieur , lui répondit-elle ( …) Quel chemin a-t-il trouvé pour aller à votre coeur ?»)

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« dans son cœur commis l'adultère avec elle. » L'a veu es t possible par ce que si le cœ ur est coupable ni la conduite ni les intentions ne le son t. Le vocabulaire du mérit e montre que l’ a veu es t la mar que d'un cert ain courage per çu comme nécessair e. « Il es t vrai que j'ai des r aisons de m'éloigner de la Cour » (l. 3) . « Il es t vr ai » mar que le début de l'a veu pr opr emen t dit, qui é tait annoncé « je v ais vous f aire un a veu » (l. 1). Il n'es t qu'une c on firma tion de ce qui a é té sug gér é a van t notr e passag e, comme si l’ a veu a vait déjà é té f ait dans le silence pr écédemment. On peut dir e qu’il s’agit d’ un aveu en sour dine, att énué par pudeur , par délic atesse, par r espect des bienséances. Mme de Clè ves n'a voue pas e xplicit ement qu'elle aime M. de Nemour s. Le mot « raisons » (l. 3) es t un terme euphémique, ab str ait, au pluriel, qui é vite de nommer la per sonne aimée. Le contenu de l'a veu r epose sur des t ermes vagues, ab str aits, euphémiques qui c ontras ten t a vec les h yperboles r elatives à l'act e de parole : « que l'on a jamais f ait à son mari » (l. 2). L éloignemen t « éloigner de la c our » est la seule solution pour tr ouver le r epos, quelque v ertueuse e t sage qu'elle soit. La c our est en effe t le lieu du div ertissement au sens pasc alien, de t ous les dang ers, de t outes les in trigues, de la per dition. On retr ouv e la c ondamna tion jansénis te des plaisir s qui lui sont associés. Il y a donc une opposition en tre les dang ers du monde e t la paix de la r etr ait e. La dis tinction ser a inopérante dans la mesur e où la retr ait e n'es t qu'une fuit e, où son esprit demeurera div erti par la passion pour Nemour s. Pas une r e tr ait e c onsacrée à Dieu. Elle exprime une résolution : « e t que je v eux éviter les périls où se trouvent quelque fois les per sonnes de mon âg e (l. 4-5) « . « Les périls », es t une périphr ase, un euphémisme, pour désigner l'amour . La tendresse e t l’estime pour l'époux blessé dict ent à la princesse des f ormules abstr ait es e t génér alisan tes. « les per sonnes de mon âg e » est une nouv elle figure d'att énua tion pour désigner les f emmes jeunes et jolies. Dans la phr ase suivante, elle c oupe court à l'a veu pour jus tifier sa conduite et me ttr e en v aleur sa v ertu « Je n'ai jamais donné nulle mar que de f aiblesse e t je ne craindrais pas d'en laisser par aître » (l. 5-6). Elle n'a pas cédé à la passion comme le mon tren t le v ocabulair e du c our age e t du mérite « faiblesse », « cr aindre »,le recour s aux nég ations « ne jamais », « ne pas », la men tion du un passé r évolu a vec le passé composé et de l'avenir a vec le conditionnel. L ’ expr ession es t superlative e t hyperbolique a vec ces t ermes « jamais », « nulle ». Mais les subor données de condition disen t l'hypothèse d'une futur e défaillance .« si v ous me laissie z la liberté de me r etir er de la c our ou si j'a vais enc ore Mme de Chartr es pour m'aider à me c onduire » (l. 6-7), ce qui es t une pr ojection cruelle pour son mari. Elle f ait donc de M de Clè ves le décisionnair e, la princesse a besoin de l'acc ord de son mari. « V ous » est le sujet de la 1èr e subordonnée, « je »es t sujet de la 2de, ce qui mon tre un aveuglemen t sur soi. C ’es t l’expression des contradictions d'un cœur tout à la fois fort e t faible, démuni, ég aré, a vide de sec ours, comme le montrent ces termes« aider », « conduir e ». Un guide jusqu'à présent incarné par la mèr e ô combien regrett ée es t nécessair e, la princesse es t le pronom per sonnel cod. Cet aveu es t la mar que d'un cert ain c our age mais elle r econnaît elle-même n'a voir pas la f orce de se c onduire. Elle e xprime t out de même une r ésolution « Quelque dang ereux que soit le parti que je pr ends, je le prends a vec joie pour me c onserver digne d'ê tre à v ous » (l. 7-8). Ce tt e décision tr ansparaît dans ces termes « je prends », les deux occurrences de « parti » (2) ; elle f ait preuve d'une lucidit é « dangereux » (l.7) , de vertu conjugale « me c onserver digne »(l. 8). Mais l’ ab sence de passion pour son mari es t visible : la dignité supplante l'amour . La dignit é est une v aleur »

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