THOMAS (Antoine Léonard)
Publié le 19/05/2019
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THOMAS (Antoine Léonard), écrivain français (Clermont-Ferrand 1732 - Château d'Oullins, près de Lyon, 1785). Clerc de procureur, puis professeur au collège de Beauvais à Paris, il chercha à se signaler dans l'actualité littéraire en prenant part aux polémiques du temps, qu'il s'agisse de la philosophie de Voltaire ou du tremblement de terre de Lisbonne [Réflexions philosophiques et littéraires sur le poème de « la Religion naturelle », 1756 ; Mémoire sur la cause des tremblements de terre, 1758). Ami de Delille, il s'essaya à la poésie dans des poèmes ambitieux comme Jumonville (1759), qui célèbre un épisode de la guerre franco-anglaise en Amérique, la
Pétréide, épopée à la gloire du tsar Pierre le Grand, ou une Épître au peuple ( 1760), ainsi que dans des pièces plus élégiaques dont une Ode sur le temps (1762) dont Lamartine a su sans doute faire son profit. Mais il trouva sa voie dans le genre de l'éloge. Lorsque l'Académie française décida de mettre au concours l'éloge des grands hommes, Thomas se mit régulièrement sur les rangs avec les éloges du maréchal de Saxe, du chancelier d'Aguesseau, de Dugay-Trouin, Sully, Descartes, du Dauphin et de Marc Aurèle. Il fut plusieurs fois couronné et fut reçu à l'Académie. Il tenta une théorie du genre dans l'Essai sur les éloges (1773) et rendit hommage à son public favori dans un Essai sur les femmes (1772) dont Diderot rendit compte sans ménagement.
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ne
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MAS.
V.
ARTHUR et la légende arthurien ne, TRISTAN
ET ISEUT .
THO MAS Antoine -Léo nard (1732-
785).
Poète, né à
Cl ermont-Fer rand, il renonça, malgré les désirs de sa
mère, à une carri ère d'avoc at pour accepter une modeste
chaire de sixième et de cinquième au collège de Beau
va is, à Par is, qu'il sera contraint de quitter pour raison
de santé .
Attiré depuis l'adolescence par les lettre s, il
réd igea,
lors du désast re de Lisbonne, un Mémoir e sur
les causes des tremblement s de terre (1757), auquel
l' Aca démie de Rouen décerna un accessit.
En 1759, son
poème en quatre chants , Ju monvil le, plut au public par
le choix d'un sujet d'actualité : l'assas sinat par les
Anglais d'un jeune officier frança is en Améri que.
II
publia divers éloges, qui firent, en 1773, l'ob jet d'u n
recueil auquel s'ajoutaient deux volumes intitulés Essai
su r les éloges ou l'Histo ire de la littér ature et de l'élo
quence appli quées à ce genre d'ouvrage, analyse dia
chronique de l'éloquence, de sa finalit é et du ton à
em ployer.
Cinq de ces éloge s, couronnés par l'Aca démie
franç aise, assu rèrent sa réputa tion de cha ntre de la vertu,
de la glo ire et du progrès de l'humanité : l'É loge du
maréchal comte de Saxe (1759), l'É loge de Henri
Fran çois d'Agu esseau, chancelier de Fran ce (1760) ,
l' É loge de René Duguay- Trouin, lieutenant général des
arm ées navales (1761 ), qui se slôt une critique à
peine voilée du gou vernemeqt, l'Eloge de M.
de Béthune,
duc de Sully ( 17 63), et l'Eloge de Descartes (1765).
L' Éloge de Lou is, dau phin de Fran ce (
se
des précédents par un style plus concis et
émotion
plus sincère; pourtant, Thomas courut le risque d'être
empri sonné pour avoir écrit une �atire indirecte contre
le régime .
Son meilleur éloge, 1' Eloge de Marc Aurèle
(1 770), l'emporte par le naturel et la clarté d'un style
éléga nt.
Entr e-tem ps, Thomas s'essa ya, avec un certain
bonheur, à d' autres formes poétiq ues, avec une Épî tre
au peu ple
et une Ode sur le temps (1762) où il
exposait avec délica tesse toute sa piété filiale :
Ô temps, suspen ds ton vol, respec te ma jeun esse!
Que ma mèr e, long temps témoin de ma tend resse,
Reçoive mes tributs de respec t et d'amour.
Did erot regrette que Thomas ait manqué d'ent hou
sias me dans son Essai sur les femmes ( 17 72) et ignoré
qu 'elles peuvent être «belles comme les séraphins de
Klopstock, terribles comme les diables de Milton >>.
A la
mort de sa bienf aitrice, Mme Geof frin, Thomas rédigea un
hommage émouvant A la mé moir e de Mme G***
Durant vingt ans, un même désir poétique 1' a hanté :
celu i de renouveler l'épopée ; déiste convaincu, il adopte
cependant pour modèle le Paradis perdu de Milton, qu'il
ana lyse avec la plus grande attention avant de forger une
myt hologie propre à son époq ue.
En 1785, il publie le
Traité de la langue poétique, où il étudie l'évolution
générale des langues et plus spécia lement celle de la
langue anglaise de Milton ; ses constatati ons se calquent
sur la théorie sensualiste du langage de son temps :
«P eut-êt re aussi dut-elle [la langue] acquérir plus de
co rrec tion et de goût en perdant de sa liber té; moins
libre, elle devient plus jolie ...
>>.
Plus personnelle serait
son étude du Paradis perdu : Thomas insiste longuement
sur l'imagina tion miltoni enne, créatri ce d'un merv eil
leux infernal, et confère à Sa tan le statut de héros doué
de « toute l'énergie d'une force surn aturelle >>, obl itérant
ai nsi la portée religieuse du poème .
A l'exemple de Mil-.
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