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Toute oeuvre est-elle un beau mensonge ?

Publié le 05/09/2018

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mensonge
Le roman peut être un lieu d’expérimentation, il prouve l’existence de certaines vérités en suivant une démarche scientifique. C’est par exemple le cas du Ventre de Paris, de Zola. 
L’écrivain raconte l’histoire de Florent, arrêté par erreur au lendemain du coup d’Etat du 2 décembre. Il est envoyé au bagne mais il parvient finalement à s’évader de ce lieu cauchemardesque. Lorsqu’il regagne Paris, pour retrouver son frère Quenu, il découvre les Halles nouvellement construites. A travers ce roman naturaliste, Zola démontre le poids du déterminisme social sur les femmes par exemple, dont l’agressivité et l’hystérie peuvent surprendre le lecteur. Sa vision critique nous instruit alors sur la nature humaine et elle nous permet de mieux le comprendre.
Confrontés à sa vision, le romancier nous enrichit et nous remet en question. Mais il peut aussi apporter un jugement vers un idéal possible.
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« (Transition vers la deuxième partie : opposition ???! Je n’arrive pas à la formuler correctement, HELP!) Le roman peut se vouloir réaliste, il montre alors les choses telles qu’elles sont, comme une copie sociologique de la réalité.

D’après Aristote, plus les actions s’enchaînent de façon vraisemblable, plus l’œuvre est belle.

Nous pouvons apprécier dans le monde recrée par la littérature la beauté d'une chose que nous trouverons laide et repoussante dans le réel parce que nous sommes séduits par la représentation réaliste : « Des êtres dont l'original fait peine à la vue, nous aimons à en contempler l'image exécutée avec la plus grande exactitude ; par exemple, les formes des animaux les plus vils et des cadavres.» écrit Aristote dans la Poétique.

Le plaisir vient alors, selon le philosophe, lorsque l'on reconnaît dans la représentation ce que nous expérimentons.

Le romancier qui imite dépeint des gens de mérite ou médiocres.

Cependant, il déforme leur représentation en embellissant les Vertueux et en accentuant les défauts des Vicieux. Si la vraisemblance du roman suscite le plaisir d’apprécier sa représentation réaliste, il restitue par l’écriture des faits historiques. Certes, l’imitation est une source de divers plaisirs esthétiques, mais c'est au moyen de celle-ci que l’homme acquiert ses premières connaissances, pense Aristote dans la Poétique.

Dans une perception factuelle, le roman peut être une restitution de faits historiques.

Balzac écrit les Chouans en 1829 et comme tout roman historique, il choisit prudemment les faits et les événements que compose la reconstitution romanesque.

L’écrivain dresse un ensemble de tableaux d’histoire, il introduit dans sa narration le réalisme dont il fera preuve dans ses prochains romans.

C’est par exemple le cas dans le Colonel Chabert, de Balzac, en 1835.

Le destin de Chabert, personnage principal, est lié d’un bout à l’autre au contexte historique du roman.

Le colonel a participé à la bataille d’Eyleau, en 1807, sous le premier Empire, au service de Napoléon.

10 ans plus tard, il revient à Paris et découvre un tout autre régime politique, la Restauration.

Ainsi le colonel Chabert, dans son voyage spatiotemporel, retrace l’évolution politique dans l’Histoire et ses effets sur la société.

Dans ce livre, Balzac préfigure le réalisme, il essaye de répondre à un réel souci de véracité, bien qu’il pense que les romanciers n’en soient pas capables : « Enfin, toutes les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours au-dessous de la vérité ».

Si le romancier restitue dans son œuvre des faits historiques, il peut aussi dépeindre le tableau d’une réalité sociale de son temps.

Le roman peut être l’objet d’une photocopie sociologique de la réalité.

Le romancier essaye alors de nous donner une large vision de la société de son époque.

Comme Balzac, Flaubert avait un réel soucis de réalisme dans ses romans, bien qu’il fût tenté par le romantique et le lyrisme : « « Il y a en moi, littérairement parlant, deux bonshommes distincts : un qui est épris de gueulade, de lyrisme, de grands vols d'aigles, de toutes les sonorités de la phrase et des sommets de l'idée ; un autre qui creuse et fouille le vrai ». Mais son regard lucide était particulièrement porté sur la réalité sociale de son temps.

Dans Madame Bovary, Flaubert raconte l’histoire d’une jeune femme, Emma Rouault, et de sa rencontre avec Charles Bovary.

Emma aspirait à une vie exaltante en se mariant avec Charles, qu’elle pensait ambitieux et attentionné.

Ces désillusions et sa solitude vont la mener à entretenir des relations avec deux amants, puis à se suicider en absorbant de l’arsenic. En suivant l’aventure de mme Bovary, Flaubert dresse dans son roman des tableaux d’une petite bourgeoisie normande (au milieu du XIXème siècle).Ainsi le roman peut être l’objet d’une étude portée sur une réalité sociale,. »

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