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LES INEGALITES SOCIALES La sociologie et l'anthropologie éclairent le même objet d'étude que les médecins: l'homme malade, en le restituant dans sa relation avec les soignants, et dans le système social et la culture auxquels il appartient.

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LES INEGALITES SOCIALES La sociologie et l'anthropologie éclairent le même objet d'étude que les médecins: l'homme malade, en le restituant dans sa relation avec les soignants, et dans le système social et la culture auxquels il appartient. C'est cette attention portée aux aspects sociaux et aux dimensions symboliques et culturelles du rapport au corps, à la maladie, comme à l'état de santé, qui fait la singularité de ces disciplines, leur permettant de questionner les évidences d'aujourd'hui et de valoriser une éthique médicale plus discursive que normative. Toutes les sociétés humaines connaissent un certain nombre d'inégalités, de disparités plus ou moins accentuées entre leurs membres. Pour autant, la définition de ce qu'est une inégalité sociale présente un certain nombre de difficultés. On peut en proposer la définition suivante: «Une inégalité sociale est le résultat d'une distribution inégale au sens mathématique de l'expression, entre les membres d'une société, des ressources de cette société, due aux structures mêmes de cette société et faisant naître un sentiment d'injustice au sein de ses membres». Les principaux termes de cette définition appellent chacun un bref commentaire, essentiellement pour en souligner le caractère problématique et donc discutable. On reprendra l'exploration de cette définition en quatre points. 1) La référence à la notion d'inégalité mathématique, 2) La notion de «ressources de la société», 3) Des inégalités «dues aux structures mêmes de cette société», 4) Les inégalités font «naître un sentiment d'injustice au sein de ses membres». I. LA REFERENCE A LA NOTION D'INEGALITE MATHEMATIQUE. Cette référence offre le double avantage de la simplicité et de l'univocité. Elle évite toute ambiguïté. Elle s'impose donc à ce titre, et toute définition des inégalités sociales y fait implicitement ou explicitement référence. Il y a inégalité entre deux membres d'une même société dès lors que l'un se trouve davantage doté de ressources qu'un autre: les ressources de l'un sont en quantité supérieure à celle de l'autre. On disposera ainsi de données homogènes, ou du moins qui auront l'apparence de l'homogénéité, qui permettront des comparaisons dans le temps et dans l'espace. En fait, cette construction de la notion d'inégalité sociale en prenant appui sur le concept d'inégalité mathématique ne va cependant pas sans poser différents problèmes. En premier lieu, elle présuppose que toute réalité soit définissable en des termes qui la rende mesurable, donc en définitive quantifiable. Or, rien n'est moins évident. Ainsi, il est par exemple très difficile de mesurer les disparités de «qualité de vie», et il n'est pas du tout sûr que les données disponibles quant au niveau de vie (au pouvoir d'achat par exemple) en rendent parfaitement ou exhaustivement compte, bien au contraire. En second lieu, toute mesure est délimitée, elle ne s'attache qu'à un aspect forcément partiel d'une réalité complexe qu'elle décompose. Elle risque ainsi de négliger des rapports, des interactions entre les différents aspects et les phénomènes qui en résultent. Or, les inégalités sociales présentent précisément de facto un caractère systémique . Elles forment un système, provoquant accumulation de handicaps, ou, au contraire, d'avantages et de privilèges qu'un tableau analytique de données chiffrées sectorielles ne saisit pas toujours et risque même dans certains cas d'occulter. 1 www.mediprepa.com Certains sociologues ont, malgré tout, tenter de saisir ce caractère cumulatif des inégalités sociales en construisant des tableaux qui fournissent une vue synoptique de la position des différentes catégories sociales au sein du système des inégalités. des indices statistiques donnant une vue synthétique des inégalités entre les différentes catégories socioprofessionnelles peuvent être sélectionnés. Ils permettent de situer chacune d'elles par rapport à la moyenne de l'indice considéré. Ont ainsi été retenus, par A. Bihr et R. Pfefferkorn, 32 indices de ce type: taux d'emploi stable, taux de chômage, revenu disponible par ménage, patrimoine moyen net, taux de mortalité, taux d'étudiants à l'université, taux de départ en vacances, etc. (voir le tableau ci-joint). Un tel tableau montre clairement que ce sont les mêmes catégories qui se retrouvent assez systématiquement en position défavorable ou même très défavorable; et d'autres, à l'inverse, en position favorable ou très favorable. Le contraste entre les quatre colonnes situées à la droite du tableau (correspondant aux employés et aux ouvriers) et les autres colonnes, frappe immédiatement: alors que les signes négatifs s'accumulent au sein de celles-ci, ce sont au contraire les signes positifs qui abondent dans les autres. Notons que les agriculteurs constituent la catégorie dont la situation est la plus contrastée. C'est la catégorie qui compte le plus fort pourcentage de propriétaires de leur logement, mais c'est aussi celle dont les logements sont en moyenne les moins confortables. Dans le haut du tableau (emploi, revenus et patrimoines), ils se rapprochent plutôt des (petits) indépendants non agricoles, alors que dans le bas du tableau (école et usages sociaux du temps), leur profil est voisin de celui des ouvriers. II. LA NOTION DE «RESSOURCES DE LA SOCIETE». C'est à la multidimensionnalité des inégalités sociales que fait référence cette notion. Vague, elle présente précisément l'avantage d'être extensive. Elle peut s'étendre à l'ensemble des aspects de la vie en société. Ce ne sont pas seulement les ressources matérielles ou financières, ce sont aussi les ressources sociales et politiques: la multiplicité et la diversité des rencontres et des réseaux de socialisation (appartenance à des associations, syndicats, partis politiques, ou communautés religieuses), c'est le pouvoir de se faire entendre et de défendre ses intérêts et ses droits. ce sont encore des ressources symboliques: les diplômes scolaires, la maîtrise des savoirs et des références culturelles, la capacité de se donner une image cohérente du monde. III. DES INEGALITES «DUES AUX STRUCTURES MEMES DE CETTE SOCIETE». Pour qu'une inégalité puisse être qualifiée de sociale, il faut encore qu'elle soit l'oeuvre de la société dans le cadre de laquelle on la constate, c'est à dire de ses structures fondamentales. Toute inégalité dans la société n'est pas une inégalité sociale. Ainsi, une société n'est pas responsable des...

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