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La réflexion philosophique a-t-elle sa place dans la connaissance scientifique ?

Publié le 28/01/2004

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scientifique
Une telle idée de cause ne peut selon Kant être tirée de l'expérience, d'où son affirmation qu'il existe des connaissances a priori, c'est-à-dire entièrement et uniquement produites par la raison. Pour Kant, ces connaissances sont les conditions de possibilité de toute expérience. Car on ne pourrait rien connaître sans que le sensible (un phénomène) soit relié aux concepts de notre entendement (catégories). Les catégories structurent le divers des données extérieures. Par exemple, c'est parce que nous avons a priori l'idée de causalité que la succession des nuages et de la pluie a, pour nous, un sens autre que celui, précisément, d'une simple succession. La connaissance scientifique, bien qu'elle s'établisse toujours d'abord au contact de l'expérience, doit être considérée comme issue du pouvoir de la faculté fondamental en l'homme, l'entendement (cf. Critique de la raison pure, introduction à la seconde édition). Kant a aussi rendu hommage à ces inventeurs de la physique moderne, qui ont compris « que la raison ne voit que ce qu'elle produit elle-même », et qu'il faut forcer la nature à répondre aux questions qu'on lui pose (ibid., préface).         II.

Traditionnellement, à propos d’une connaissance scientifique, les philosophes ont opposé la sensibilité (faculté d’obtenir des sens des impressions sur ce qui existe en dehors de nous) et l’entendement (faculté de penser les objets de la connaissance, c’est-à-dire d’ordonner les données de l’expérience grâce aux concepts ou « catégories «). Mais il apparaît qu’au lieu de distinguer ces deux modes, il est nécessaire de les unir pour une meilleure connaissance de l’objet. Descartes montrera, dans le célèbre exemple du morceau de cire, comment la cire, d’abord dure, froide, etc. n’a plus, une fois fondue, toutes les qualités que l’évidence sensible lui attribuait au départ. Autrement dit, pour savoir ce qu’est la cire, il ne suffit pas de la voir, de la toucher, etc., il faut aussi la concevoir. Car ce que les choses donnent à voir d’elles-mêmes, n’est bien souvent qu’apparence, qualité sensible, mais non propriété constitutive de l’objet (cf. Descartes, Méditations métaphysiques, II). Ce rationaliste n’est qu’un exemple parmi ceux qui tentent d’établir de manière intelligible des connaissances scientifiques. On verra alors, à travers différents auteurs pour la plupart épistémologues, les manières possibles de rendre compte d’une théorie scientifique, c’est-à-dire la confirmer ou la réfuter. Aussi, est-il légitime de voir la philosophie s’immiscer dans les discussions scientifiques ?

 

 

scientifique

« concepts de notre entendement (catégories).

Les catégories structurent le divers des données extérieures.

Parexemple, c'est parce que nous avons a priori l'idée de causalité que la succession des nuages et de la pluie a, pour nous, un sens autre que celui, précisément, d'une simple succession.

La connaissance scientifique, bien qu'elles'établisse toujours d'abord au contact de l'expérience, doit être considérée comme issue du pouvoir de la facultéfondamental en l'homme, l'entendement (cf.

Critique de la raison pure , introduction à la seconde édition).

Kant a aussi rendu hommage à ces inventeurs de la physique moderne, qui ont compris « que la raison ne voit que cequ'elle produit elle-même », et qu'il faut forcer la nature à répondre aux questions qu'on lui pose (ibid., préface).

II.

le sujet doit faire l'épreuve des connaissances scientifiques établies a.

On en reste au fait brut si l'on s'en tient à la simple constatation « objective ».

La terre tournait autour du soleil bien avant que Copernic ne l'affirme : ce ne sont pas les faits qui ont changé au XVIe siècle, ce sont les concepts scientifiques en voie d'élaboration pour rendre compte des mouvements respectifs des planètes et dusoleil, qui ont alors permis de donner un sens nouveau aux phénomènes observés.

Bachelard dira, dans La Formation de l'esprit scientifique , qu'en matière de connaissance scientifique, l'objectif n'est pas ce qui est donné, mais ce que l'on doit construire (enraisonnant, en calculant, en élaborant des concepts, en utilisant desinstruments, en procédant à des vérifications expérimentales).

L'objetscientifique est ce dont on se rapproche par élimination progressive, non pasdu sujet (dont l'activité est nécessaire à cette construction), mais de lasubjectivité, c'est-à-dire des opinions, des idées toutes faites sur la naturedes choses, et que Bachelard appelle « obstacles épistémologiques ».

Cesobstacles entravent le progrès de la connaissance : « En fait, on connaîtcontre une vérité antérieure, en détruisant des connaissances mal faites, en surmontant ce qui, dans l'esprit même, fait obstacle à la spiritualisation » ;« accéder à la science, c'est, spirituellement rajeunir, c'est accepter unemutation brusque qui doit contredire un passé ».

Ainsi les connaissancesscientifiques, toujours faillibles, évoluent au rythme de la destruction desobstacles épistémologiques.

Contre l'idée d'un progrès linéaire en science, qui se ferait par additionssuccessives, Bachelard nous invite à poser le problème de la connaissancescientifique en termes d'obstacles : l'esprit scientifique ne « se forme qu'en seréformant », en corrigeant sans cesse ses préjugés, en s'arrachant à sesanciennes croyances ou représentations.

Parmi elles, l'idée d'une « expériencepremière » est sans doute la plus tenace : or, nous l'avons vu, le fait scientifique n'a rien d'un fait brut, c'est aucontraire un fait construit, élaboré, déjà abstrait.

Inversement, le risque est grand de céder à la tentation desconnaissances générales et systématiques où se devine le fantasme d'une unification des savoirs : le nouvel espritscientifique, celui que nous pouvons voir à l'oeuvre dans les découvertes contemporaines, se fraye une voie entre «l'attrait du singulier » et « l'attrait de l'universel », ce que Pascal appelait « l'esprit de finesse » et « l'esprit degéométrie ».

C'est donc plus aux « erreurs premières» qu'aux « vérités premières », que s'intéresse l'épistémologiebachelardienne : car là, mieux sans doute que dans ses grandes découvertes, s'indique ce qui fait le propre del'esprit scientifique et de sa démarche constitutive.

b. La théorie ne peut se passer de l'expérience.

Karl Popper présentera l'exigence de la vérification expérimentale.

Selon lui, vérifier une théorie, c'est tester sa résistance au contrôles « négatifs », à ceux dont lesuccès aboutirait à sa falsification : « tant qu'une théorie résiste à des tests systématiques et rigoureux et qu'uneautre ne la remplace pas avantageusement dans le cours de la progression scientifique, nous pouvons dire quecette théorie a fait ses preuves ou qu'elle est corroborée » (K.

Popper, La logique de la découverte scientifique ). Ainsi la théorie est mise à l'épreuve en procédant à des applications empiriques des conclusions qui peuvent en êtretirées.

On tente donc de vérifier les conclusions singulières de la théorie : « si les conclusions singulières se révèlentacceptables, ou vérifiées, la théorie a provisoirement réussi son test […] si les conclusions ont été falsifiées, cettefalsification falsifie également la théorie dont elle était logiquement déduite » (idem).

L'histoire des sciences physiques est celle de leur révolution permanente.

Les théories n'ont qu'une valeur provisoire.

Des faits « polémiques » surgissent qui les contredisent, qui obligent à des révisions.

Tout succèsscientifique ouvre plus de questions qu'il n'en clôt.

Faut-il pour autant sombrer dans le scepticisme et affirmer qu'iln'y a rien qui vaille vraiment ? Comment distinguer, dès lors, la véritable science de la métaphysique ou des pseudo-sciences comme l'alchimie ou l'astrologie ? Et que penser des sciences humaines ? La psychanalyse, la théorie del'histoire de Marx peuvent-elles prétendre légitimement à la scientificité ? Popper , dans « Logique de la découverte scientifique » propose un critère de démarcation, capable d'établir, de manière concluante, la nature ou le statut scientifique d'une théorie.

Il écrit : « C'est la falsifiabilité et non la vérifiabilité d'un système qu'il faut prendre comme critère de démarcation.

En d'autres termes, je n'exigerai pas d'un système scientifique qu'il puisseêtre choisi, une fois pour toutes, dans une acception positive mais j'exigerai que sa forme logique soit telle qu'ilpuisse être distingué, au moyen de tests empiriques, dans une acception négative : un système faisant partie de la. »

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