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ORTIGUE (Pierre d')

Publié le 11/03/2019

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ORTIGUE (Pierre d'), sieur de Vaumorière, écrivain français (Apt 1610 - Paris 1693). Il fréquenta la société précieuse, fut l'ami de l'abbé d'Aubignac et continua le Pharamond de La Calprenède (1661-1670). On lui doit des romans et des nouvelles historiques {le Grand Sci-pion, 1656; Adélaïde de Champagne, 1680) et des ouvrages didactiques {Harangues sur toutes sortes de sujets, 1687 ; l'Art de plaire dans la conversation, 1688).

« Powered by TCPDF (www.tcpdf.org)VAUMORIÈRE, Pierre d'Ortigue de (1611-1693).

Originaire de Provence (il naquit à Apt), Vaum oriè re , comme beaucoup de jeunes gens de petite noblesse, gagna Paris dans le dessein de faire fortune.

En fa it il perdit sur les tables de jeu , qu'il fré q uenta it assidûment, Je peu d'a rg ent qu'il possédait.

Mais il fréquentait aussi les cercles lettrés, s'y acquit une petite renommée, et jo ua un rôle non négligeable.

On le rencontre, au milieu du siècle, dans les salons précieux.

Il figure, avec son épouse, dans le Dictionnaire des Précieuses de Somaize.

Il se posait en gra nd admirateur de M11• de Scudéry et de son salon.

Pourtant, il fut un des membres les plus constants de l'académie réunie par l'abbé d'Aubignac, et ce dernier n'aimait pas les précieuses.

Mais il co nn ais­ sait M11• de Scudéry, et il l'estimait : l'itinéraire mondain et li tté rair e de Vaumorière s'explique ainsi, pour une bonne part, à travers le jeu des relations qu 'en treten aie n t ses maîtres à pen ser et dans le sillage desquels il s' ef­ força- presque vainement- de poursuivre la gloire.

Son œuvre en porte directement la marque.

A l'acadé­ mie d'A ub ign ac , où l'on dissertait sur des questions de poétique et de belles-lettres, il remplissait les fonctions de se c réta ire.

Il publia deux volumes de Harangues ( 1687), qu i sont très probablement les retranscriptions des conférences de cette société littéraire, et qui co ns ti­ tuent le document le plus complet que nous ayons sur les activités de ce groupe important.

Dans le monde de la préciosité et de la galan ter ie , la mode était aux romans et aux entre tiens .

Vaumorière rêvait, dit-on, de mettre l'histoire de France en dialo­ gues ...

En tout cas, il pratiqua le roman héroïque et galant à cadre antique, à l'im ita tion de Madeleine de Scudéry, donnant un Grand Scipion (1656-1658, 4 voL).

Puis, La Ca lpr enèd e étant mort sans achever son Faramond ou L'Histoire de France, il se fit son continuateur (1661- 1670).

Il conçut également une suite de L'Astrée.

Ses romans ne lui auraient assuré qu'une brève renommée, de même que sa comédie du Cavalier par amour (1678, aujourd'hui perdue).

Mais sur la fin de sa vie, il se tourna vers un genre qui était, au xv11• siècle, florissant : celui des manuels de civilité, mondaine et épistolaire.

En 1688, il publia un Art de plaire dans la conversation qui reprenait les théories de la poli tesse mondaine et de l'honnêteté.

Surtout, il donna l'année suivante un recueil de Lettres sur toutes sortes de sujets q ui est le mei lieur de sa pro du ctio n et un des meilleurs dans son genre.

Reprenan t la tradition d es « sec rét aires » (manuels épistolaires), il lui apporte une dimension théo­ rique et une qualité didac tiq ue s ans pr éc é den t.

Son manuel est construit à parti r d'u ne sé rie d e ch api ­ tres brefs et clairs, formulant la théorie du genre épisto ­ laire.

Il la fonde sur les bases de la rhétorique classique.

Viennent ensuite des séries d'exemples commentés et de difficulté graduée.

Un tel ouvrage permet de saisir ce q u 'éta ie nt le s com pétence s de lecture du public des hon­ nêtes gens et d'en discerner les horizons d'attente à l'égard de l'art épistolaire : il éclaire ainsi l'es thétiqu e du roman par lettres, genre qui prenait alors son essor et q ui allait avoir au xvm• siècle un rôle prépondérant dans la littérature narrative.

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