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A-t-on raison de comparer le primitif et l'enfant

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A-t-on raison de comparer le primitif et l'enfant ? INTRODUCTION. - Il est intéressant, pour une meilleure connaissance de l'adulte civilisé qui fait l'objet de la psychologie générale, de le comparer aux peuples dits primitifs et aux enfants; cette observation peut, en effet, être d'un très grand secours : d'abord pour faire le départ entre ce qu'il y a en nous d'inné en ce qu'il y a d'acquis, ensuite pour déterminer l'origine de cet acquis. Mais s'ensuit-il qu'on ait raison de comparer le primitif et l'enfant; c'est-à-dire, non pas d'établir un bilan des ressemblances et des différences - une telle comparaison est toujours légitime et instructive - mais de les rapprocher l'un de l'autre avec une certaine idée d'assimilation ? En d'autres termes, pouvons-nous considérer le primitif comme un grand enfant et l'enfant comme un petit primitif ? I. - POUR LA LEGITIMITE DE LA COMPARAISON Les termes que nous venons d'employer ou des termes équivalents viennent souvent sur nos lèvres : nous traitons de « grands enfants « les Noirs qui se parent avec orgueil de clinquant et de verroterie, et lorsqu'un enfant est impoli, cruel ou tout barbouillé, nous disons que c'est « un petit sauvage «. Le rapprochement semble fondé. Comme le primitif, en effet, 'l'enfant n'est pas bien intégré au groupe social des civilisés. Par suite, comme lui, peu sensible au frein des impératifs sociaux, il laisse un jeu plus libre à ses instincts naturels.

Les adultes s'attendrissent volontiers sur l'enfant et admirent ce qu'ils appellent sa poésie. Dans un recueil paru en 1942 et intitulé « Poésie involontaire et poésie intentionnelle «, Paul Eluard citait des extraits remarquables de lettres d'enfants qui comportaient des raccourcis saisissants et renvoyant à ce que nous appelons poésie. L'enfant fait spontanément des rapprochements qui nous échappent, ne voit pas des  rapports rationnels qui s'imposent à nous et ainsi découvre un aspect neuf mystérieux et singulier des choses. Dans le même recueil figurent des rites et des poèmes de tribus primitives qui nous donnent la même impression d'étrangeté. A première vue, primitif et enfant semblent pour ainsi dire « accordés « : pour eux, le monde a la même fraîcheur et ils éprouvent à son égard cet « étonnement « qui, pour M. Merleau-Ponty est la qualité suprême du philosophe.
  

« CONSEILS PRELIMINAIRES 1. Eviter avec soin les généralités : le sujet suppose des connaissances précises en sociologie et en psychologie del'enfant. On pourra se souvenir par exemple des études de Durkheim sur la mentalité primitive ou des travaux du DrRobin sur « l'enfant turbulent ».2. Une comparaison suppose qu'on tient compte des ressemblances et des différences entre les deux termes de lacomparaison ; cependant il importe d'aller un peu plus loin et d'expliquer pourquoi la mentalité de l'enfant n'est pasréductible à celle du primitif. Ce point nous permettra de préciser ce que la conscience doit au milieu social.3. Il ne faut pas entendre le mot primitif au sens de « reculé dans le temps ». De nos jours il y a encore des hommesprimitifs, qui appartiennent à des tribus vivant à l'écart de notre civilisation technique et scientifique. PLAN Préambule : La comparaison entre primitif et enfant était un lieu commun soit du langage courant, soit même parfoisde la psychologie. 1re partie. — Ressemblances :a) Primauté de l'irrationnel.b) Similitude des cadres logiques.c) Le sens du sacré. 2e partie. — Différences :a) La mentalité de l'enfant évolue vers le rationnel celle du primitif, non.b) Rôle du langage comme véhicule de civilisation.c) L'enfant est aussi un personnage social. 3e partie. — La vie psychique et la société. Les adultes s'attendrissent volontiers sur l'enfant et admirent ce qu'ils appellent sa poésie. Dans un recueil paru en1942 et intitulé « Poésie involontaire et poésie intentionnelle », Paul Eluard citait des extraits remarquables delettres d'enfants qui comportaient des raccourcis saisissants et renvoyant à ce que nous appelons poésie. L'enfantfait spontanément des rapprochements qui nous échappent, ne voit pas des rapports rationnels qui s'imposent ànous et ainsi découvre un aspect neuf mystérieux et singulier des choses. Dans le même recueil figurent des rites etdes poèmes de tribus primitives qui nous donnent la même impression d'étrangeté. A première vue, primitif et enfantsemblent pour ainsi dire « accordés » : pour eux, le monde a la même fraîcheur et ils éprouvent à son égard cet «étonnement » qui, pour M. Merleau-Ponty est la qualité suprême du philosophe. Cette comparaison entre l'esprit de l'enfant et du primitif semble s'imposer.Chez l'un et chez l'autre, l'irrationnel a priorité. L'enfant vit dans un monde affectif, très proche de l'instinct : ilforme un tout avec sa famille et plus particulièrement avec sa mère et le monde dans sa perspective se définit parrapport à son « clan ». Les hommes se divisent en groupes hostiles ou au contraire en groupes bienveillants àl'égard de cette cellule à laquelle l'enfant s'identifie. De même le monde du primitif est fondé sur l'existence de lafamille, de la tribu et tout ce qui est étranger à ce groupe élémentaire est barbarie. En conséquence, la vieaffective, les sentiments d'amour et de haine, jouent pour eux un rôle plus grand que partout ailleurs. Il est banal dedire que l'enfant a une psychologie spécifique. Le monde de l'adulte lui est difficilement compréhensible. Il a sespeines, ses joies, ses passions que l'adulte ne peut même pas concevoir. Le très beau roman de Valéry-Larbaud «Fermina Marquez », nous fait entrer dans le monde de l'adolescent Joanny Leniot avec sa grande passion pour lajolie péruvienne et les manifestations intempestives, incompréhensibles pour un adulte, de cette passion.Les sociologues se sont intéressés à la structure de la pensée primitive. Celle-ci présente, disent-ils, par rapport àla pensée rationnelle, des différences non de degré, mais de nature. Elle est « sui generis ». Le primitif confond ceque nous distinguons : par exemple, l'ombre d'un homme et l'homme. Dans les pratiques magiques, le Grand Prêtretransperce l'ombre ou l'effigie d'un homme pour punir l'homme d'une faute.Le primitif distingue ce que nous confondons. Il punit la pierre qui a tué un homme et non l'homme qui l'a lancée. Demême l'enfant, s'il se heurte à une table ou à une chaise et se fait mal aura souvent la réaction de s'en prendre àl'objet qui lui a fait mal. L'enfant ressent aussi cruellement les humiliations subies par le groupe social restreintauquel il s'identifie. La psychanalyse a montré le rôle des « traumatismes » de la première enfance. On a pu dire quele monde de l'enfant est égocentrique et la formule est exacte à condition que le « ego » soit entendu comme »

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