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ANALYSE DE L'OUVRAGE DE STUART MILL: "SYSTÈME DE LOGIQUE DÉDUCTIVE ET INDUCTIVE" ?

Publié le 04/06/2009

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L'ouvrage publié sous ce titre est le plus considérable de Stuart Mill. Il est divisé en six livres : 1° des Noms et des propositions; 2° du Raisonnement : sous ce titre Stuart Mill traite surtout du syllogisme; 3° de l'Induction, sa vraie nature, son fondement, les lois de la nature, l'observation et l'expérimentation, les quatre méthodes de recherche expérimentale, les hypothèses, l'analogie, sont les principales questions traitées en ce livre ; 4° des Opérations auxiliaires de l'induction : observation, abstraction, langage philosophique et classification; 5° des Sophismes : sophismes de simple inspection, sophismes d'observation, sophismes de généralisation, sophismes de raisonnement et sophismes par confusion; 6° de la Logique des sciences morales. Nous devons faire l'analyse de ce livre. ANALYSE DE LA LOGIQUE DES SCIENCES MORALES Stuart Mill se propose de montrer, dans ce livre, que le moyen d'amener les sciences morales à l'état de perfection ois sont les autres sciences est de leur appliquer la méthode de ces dernières. Mais il faut d'abord voir ce que sont les sciences morales, quelle perfection elles peuvent atteindre et quels procédés de méthode on peut leur appliquer (ch. 1er). Avant toute autre question, il importe de se demander si les actions des hommes sont soumises à des lois invariables, comme les autres événements naturels. C'est la question du libre arbitre. Stuart Mill est pour la doctrine de la nécessité. Mais cette doctrine, dit-il, a été mal comprise par ses adversaires et mal interprétée par ses défenseurs : elle veut dire simplement que "nos volitions et nos actions sont les conséquences invariables d'états antécédents de notre esprit, en sorte que, étant donnés les motifs présents à l'esprit, le caractère et les dispositions actuelles d'un homme, on peut dire infailliblement de quelle manière il agira".

« l'individu; elle veut faire une expérimentation scientifique. Mais cette expérimentation est impossible : elle ne peutse faire ni par la méthode de différence, ni par la méthode de concordance, ni par la méthode des variationsconcomitantes. La méthode des résidus, qui paraîtrait plus favorable, est aussi insuffisante (ch. VII).Quelques penseurs ont voulu appliquer la méthode géométrique à la science sociale, comme si chaque phénomènesocial résultait toujours d'une seule propriété de la nature humaine, et n'était pas combattu par d'autres propriétés.L'exemple le plus remarquable de l'emploi de cette méthode est la théorie de l'école de Bentham. Cette école part dece principe que les actions des hommes sont déterminées principalement par leur intérêt personnel, et on en conclutque le désir de conserver le pouvoir sera le seul mobile qui amènera les gouvernements à mettre leur conduited'accord avec l'intérêt général. Mais ces propositions ne sont pas vraies (ch. VIII).La vraie méthode de la science sociale procède par déduction d'un grand nombre de prémisses; non pas à la manièrede la géométrie, mais à la manière des sciences physiques les plus complexes.Cette déduction est directe ou inverse.Elle est directe, quand elle tire une conclusion des lois de la nature humaine relativement à telles ou tellescirconstances d'un état donné de la société. Mais cette conclusion et cette application ne peuvent pas êtrerigoureusement vraies, à cause de la multitude et de la diversité des circonstances qui modifient un état de société; on n'en peut tirer qu'une prédiction utilisable pour la pratique, mais non infaillible.Certaines sciences particulières peuvent être détachées de la science sociale, telles sont l'économie politique ouscience de la richesse sociale, et l'éthologie politique, ou théorie des causes qui déterminent le type de caractèrepropre à une nation ou à une époque.Dans la science sociale on trouve des lois empiriques qui fournissent les données nécessaires à la déduction et quiservent à la vérification; mais ces lois n'existent pas dans les sciences détachées de la sociologie (ch. IX).Il y a une science générale de la société qui a pour objet de chercher quel effet résulte dans la société d'une causedonnée, par exemple, de l'introduction du suffrage universel. Mais la vraie science générale de la société cherched'où viennent les états de société, et a pour but de trouver les lois d'après lesquelles un état de société succède àun autre. On a voulu expliquer l'histoire par la loi du progrès, nais cette loi ne peut être qu'empirique et scientifique.De même, il n'est pas possible de déterminer à priori, en partant des principes de la nature humaine, l'ordre danslequel doit avoir lieu le développement de l'humanité. La seule méthode consiste à constater par l'histoire les loisempiriques de la société et à les rattacher par la déduction aux lois de la nature humaine, montrant que tellesétaient bien les conséquences qu'on devrait attendre de ces lois. Les lois empiriques de la société ont pour objet des uniformités de coexistence ou des uniformités de succession; lespremières constituent la statique sociale; les autres, la dynamique sociale. La statique fixe les conditions de lastabilité dans l'union sociale, règle les rapports qui doivent exister entre les différentes parties de l'organisme social.La dynamique règle les conditions du progrès dans la société ; ces conditions sont difficiles à déterminer. La vraie loiscientifique du développement de l'humanité ne peut être établie qu'en combinant la statique avec la dynamique. Onpeut déjà conclure que l'ordre du progrès dépendra principalement de la loi des transformations successives desopinions humaines. A. Comte a appliqué cette conception à l'étude des phénomènes sociaux, en distinguant troisétats de l'intelligence humaine et trois états sociaux correspondants (ch. X).On a contesté que les faits historiques soient soumis à des lois, et on allègue comme obstacle le libre arbitre. Maisla statistique des faits montre qu'il y a en histoire des lois uniformes, ce qui n'exclut pas l'intervention des causesmorales, ni l'influence des effets individuels ou des actes des gouvernements. Les grands hommes et lesgouvernements ont eu une grande influence historique, mais ils n'empêchent pas la prépondérance collective del'espèce sur les autres causes, et la race évolue toujours dans une direction qui dévie de moins en moins d'uneroute certaine et déterminée à l'avance (ch. XI).On désigne souvent sous le nom de science morale, la connaissance des devoirs, l'éthique pratique. Mais l'éthiquen'est qu'une partie de l'art, il faut lui appliquer la méthode de l'art.L'art se propose une fin à atteindre et la soumet à la science, la science fournit un théorème sur la combinaison descirconstances les plus propres à atteindre cette fin. L'art en conclut que tels actes doivent être faits, il convertit lethéorème en précepte. Mais il ne faut pas que l'art se contente de déduire une ligne de conduite de certainesmaximes universelles. C'est à l'art qu'il appartient de déterminer sa fin ; le théoricien scientifique ne peut quemontrer l'efficacité de certains moyens pour atteindre certaines fins.Il existe une philosophie première de la morale, un premier principe de conduite, qui doit servir de règle à tous nosactes. Ce principe général auquel doivent se conformer toutes les règles de la pratique, est ce qui tend à procurerle bonheur du genre humain (ch. XII). »

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