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Analyse de Nuit Rhénane de Guillaume Apollinaire

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apollinaire

Nuit Rhénane est un poème de Guillaume Apollinaire, extrait d’un ensemble de neuf poèmes écrits lors de son voyage en Allemagne de 1901 à 1902. Les deux thèmes présents dans ce recueil sont d’une part son amour malheureux pour Annie Pleyden et d’autre part le paysage de Rhénanie.    C’est à travers un texte aux multiples sens qu’Apollinaire nous fait ressentir son amour de la Rhénanie.    En effet, dans ce poème l’irréel se mêle au réel, l’opposition des deux premiers paragraphes en est l’exemple : « Ecoutez la chanson lente d’un batelier « s’oppose à « que je n’entende plus le chant du batelier «. « Cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds « s’oppose «  aux nattes repliés «. A travers ces oppositions, le narrateur cherche à se défaire de l’influence maléfique que possède le chant du batelier sur lui. Il confronte ces troublantes apparitions à des images bien réelles.  Les expressions que l’auteur emploie sont également troublantes, « le vin trembleur comme une flamme « indique qu’il est certainement ivre, il déraisonne, on ne voit pas vraiment où il veut en venir : «  Le Rhin, le Rhin est ivre ou les vignes se mirent «  La scène qui se déroule est également difficile à cerner, on peut imaginer qu’il se trouve dans une taverne où les « filles blondes « pourraient être les serveuses tandis que l’ordre que lance le narrateur au début du poème « Debout chantez plus haut en dansant une ronde « s’adresse aux hommes et aux femmes qui font la fête dans cette même taverne.    De plus, la structure du poème est étrange. Constituée d’Alexandrins et finissant par un vers inattendu, on pourrait croire qu’il s’agit d’un sonnet. Mais un sonnet est normalement constitué de 14 vers alors que Nuit Rhénane n’en contient que 13 (chiffre maléfique et symbolique), comme si l’auteur avait effacé le dernier. Il faut avouer que le dernier vers laisse au dépourvu : «  Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire «. Cette phrase est chargée de mystère, le lecteur attend une suite qui ne vient pas.  Le rythme du poème est également déroutant, sans ponctuation, le lecteur ne sait comment le lire. Comme si l’auteur avait voulu charger d’encore plus de mystère sont texte que le lecteur dissiperait petit à petit en restituant lui-même la ponctuation.    Le poème ‘‘s’ouvre’’ puis ‘‘se ferme’’, à l’aide du premier et dernier vers : « Mon verre est plein d’un verre trembleur comme une flamme « et «  Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire «.  De plus l’auteur a utilisé plusieurs étapes pour passer de l’ouverture à la fermeture du poème :  Tout d’abord, tout au long du poème, plusieurs expressions rappellent le «  vin trembleur «. « Le Rhin est ivre ou les vignes se mirent «, l’eau, le Rhin, rappelle le contenu du verre, puis les vignes rappellent qu’il s’agit d’un mélange alcoolisé. Plus loin «  l’or des nuits « rappelle la couleur sombre du vin. Et pour finir le verre qui se brise (« Mon verre s’est brisé comme un éclat de rire «)  Le chant du batelier suit également une évolution tout au long du poème. Tout d’abord, le narrateur perçoit la chanson : « Ecoutez la chanson lente d’un batelier «. Puis il demande que celle-ci soit recouverte d’un autre chant, celui des convives qui font la fête : « Debout chantez plus haut […] que je n’entende plus le chant du batelier «. Mais le chant est toujours là et continu son effet dévastateur sur le narrateur : «  la voix chante toujours à en râle mourir « et cette chanson est toujours omniprésente dans le dernier vers : « comme un éclat de rire «  Bien qu’on ne sache pourquoi, la chanson a un effet néfaste sur le narrateur et finit même par avoir raison de lui, car son verre « trembleur « se brise.    C’est à l’aide de ces différents procédés que l’auteur parvient à plonger son poème en plein mystère au point ou le lecteur ne parvient pas à le décrypter. L’emploie de termes déroutants et l’absence de ponctuation prennent celui-ci au dépourvu.    Apollinaire ordonne tout son poème autour d’un fleuve à la fois réel et légendaire. On le sait fasciné par les prodiges et les sortilèges. Et il reconstruit avec Nuit Rhénane, le tableau d’un conte envoûtant dans lequel des sirènes doué de pouvoirs enchanteurs envoûtent un batelier dans sa barque sur le Rhin.  Le titre Nuit Rhénane, renforce cette idée de mystères, de secrets autour du fleuve qu’est le Rhin. Lorsque le poète en parle, il n’est pas explicite.  Les femmes ont également un sens symbolique dans le poème. Les « femmes « aux « cheveux verts et longs « sont des personnages légendaires présents au nombre de sept, chiffre symbolique renforçant leurs pouvoirs magiques.    Les thèmes dominants de ce poème sont l’eau et les femmes.  En effet, le lexique de l’eau est étendu pour un si petit poème : « vin «, « le Rhin «, « se mirent «, « s’y refléter «. Par ce lexique riche, l’auteur nous démontre son admiration pour ce fleuve légendaire, qu’est le Rhin.  Les « sept femmes «, renvoient de façon floue à son amour malheureux : Annie Pleyden, qu’il ne peut atteindre. Elle parait là inaccessible, comme si leur amour était impossible ou à sens unique.  La souffrance est donc très présente : « tordre «, « râle mourir «, « s’est brisé «, trembleur «. Cette souffrance est apportée par le chant du batelier. Ce sont donc, les « sept femmes « qui lui apportent le tourment, ce qui accentue l’idée qu’elles représentent Annie Pleyden.    Dans ce poème sont donc traduit les deux thèmes du recueil Rhénanes.    Comme on peut le constater, les sentiments sont nombreux dans ce poème. Mais aucun d’entre eux n’est heureux.  Comme vu précédemment, le lexique de la souffrance est très présent. Ce sentiment est accentué par le fait que le narrateur se trouve au milieu d’une fête. Ce sentiment croît tout au long du poème et finit par l’emporter sur l’auteur.  Le verre du narrateur pourrait représenter son cœur et le liquide qu’il contient l’amour qu’il éprouve pour Annie. Un amour malheureux puisque son cœur finit par se briser. Il tente d’oublier Annie en se faisant entourer par des « filles blondes «, mais leurs « regards  immobiles « sont vides et lui à besoin qu’un regard rempli d’amour le soutienne.  Pour oublier Annie et que la souffrance le quitte, il ordonne aux convives « chantez plus haut en dansant une ronde « et ainsi se laisser emporter par la fête. Pour que toutes ces voix réunies couvrent celle du batelier qui lui rappelle Annie.  Mais le désespoir continue d’envahir son âme et il n’est arrêter ni par les chants, ni par les femmes, ni par la ponctuation du texte qui est inexistante. Elle est inexistante car elle ne pourrait arrêter le malheur du narrateur.    Dans Nuit Rhénane, Apollinaire est seul au milieu de la joie, seul dans sa souffrance, qu’il ne parvient pas à vaincre. Il appelle de l’aide, tente de faire face, mais ses sentiments l’emportent et finissent par le détruire.    Le poète a beau se donner à voir sous l’aspect d’un être ivre. Il ne parvient pas à faire son deuil de son obsession pou Annie et des souffrances qui en résultent. Malgré ses efforts pour les exorciser, la souffrance remonte et envahit son âme. Le poète prend à part le lecteur dés la première strophe «  Ecoutez «, il tente de lui faire partager sa souffrance à travers un poème mystérieux dans lequel le lecteur se perd.

« Le poème que nous allons étudier s’intitule « Nuit Rhénane » Tiré de Alcools de Guillaume Apollinaire publié en 1919 ;Apollinaire né le 26 août 1880 à Rome et meurt le 9 novembre 1918 à Paris. Il est un des principaux poètes françaisdu début du XXéme siècle.« Nuit Rhénanes » fait partie d’un ensemble de neuf poèmes groupés dans Alcools sous le titre général de «Rhénanes ». Ces poèmes lui ont était inspirés pendant son séjour en Rhénanie, où il a découvert les germes deromantisme nordique et où il a découvert également Annie Playden. Poème de la brisure des verres, ce texte estaussi celui de l’ivresse des vers.Nous allons étudier ces texte avec deux axes d’études principales ; nous aborderons tout d’abord le passage du réelau surnaturel, au mystique, puis nous étudierons le thème de l’ivresse et du rire. Comme dit ci-dessus nous allons en premier lieu aborder la métamorphose du réel ; On arrive alors dans un climatonirique, mystérieux et inquiétant.On remarque une présence très mystérieuse dans ce poème qui n’apparaît pas dés le début. On se trouve toutd’abord dans une taverne, en pleine nuit comme peut le suggéré le titre, c’est donc un moment normalement banal,quoi que la notion de « vin trembleur » nous suggère déjà cette allusion à l’hallucination, la frontière avec le réelsemble vaciller. Puis on a au vers 4 « cheveux verts » qui introduit la surprise, on quitte alors le réel. On a déjà uneopposition entre le mystique et le réel puisque les « sept femmes […] cheveux verts et longs jusqu’à leurs pieds »qui connotent la séduction dangereuse, ou qui peuvent se référer à des sirènes s’opposant à « toutes les fillesblondes[…] aux nattes repliées » qui connote eux la pureté, l’innocence ou encore la sagesse.Le poète veut donc échapper à l’envoûtement de ces sept femmes par la présence de toute ces blondes. On noterala présence de la lune qui introduit également le mystique, et qui peut être traduit comme le pouvoir mystérieux dela féminité.La présence de la mythologie, en particulier germanique introduit aussi cette notion de mystique. La chanson debatelier que Apollinaire évoque et à la quel il essaye d’échapper s’y réfère.Pour ce qui est des sept femmes aux cheveux verts elles sont indubitablement inspirées par la mythologiegermanique ; ces femmes seraient en quelque sorte l’équivalent des sirènes d’Ulysse, pour l’attirance et la mortqu’elles provoquent chez les marins.On peut remarquer ensuite le chiffre sept qui a une symbolique magique, qui pourrait s’opposer au nombre de vers,c’est-à-dire treize, et qui lui est associé à la mort, aux malheurs et à la souffrance.Le chiffre sept fait rappel également que c’est un moment d’illusion , de rêve.L’absence de ponctuation peut aussi créer une confusion entre la narration et les propos du poète, ce qui contribueévidemment à donner à ce poème une atmosphère d’illusion.On notera ensuite cette notion de poème incantatoire. On a le motif du chant ; « chant du batelier », « chanson »,« chantez » qui nous y amène.Autre ce poème chant, on a la symbolique du cercle très présente. Une sorte de chanson avec ses refrains, l’imagede la « ronde » dansante , la répétition de « verre », ou encore la notion de torsion qui implique donc un mouvementcirculaire, tout cela nous ramène a cette dimension circulaire. Mais cette dimension se voit finalement abandonnépuisque le verre ( qui a d’ailleurs certainement une forme circulaire) se brise.Pour ce qui est de sa construction, elle est plutôt classique : trois quatrains d’alexandrins aux rimes croisées, suivisd’un alexandrin isolé. On pourrait y voir un sonnet auquel il manque un vers.On à finalement la présence du sens de l’audition avec « écoutez » vers 2 ou « que je n’entende », puis de la vue «vu » vers 3 ou « au regard » vers 8, cette poésie s’écoute, mais fait également naître la magie qui accroît ausurnaturel. En second lieu, nous allons maintenant aborder le thème de l’ivresse, ou même du rire.Pour ce qui est du rire on peut l’interpréter par un refus de l’ivresse , cette éclat de rire signifie la délivrance oualors il peu correspondre au rire maléfique, démoniaque de ces sept filles.L’ivresse est très présente dans ce texte, ce qui est normal si l’on se réfère au titre du recueil du quel il est extrait.On a dés le début cette notion de tremblement « trembleur », qui se traduit par une vacillement entre le réel et ledomaine de l’hallucination.Le paysage est lui-même contaminé par l’ivresse du poète avec « Le Rhin le Rhin est ivre » vers 9. On a cette idéedu miroir , et donc du paysage qui se reflète dans l’eau du fleuve « refléter » vers 10 ou « mirent » vers 9.On pourrait peut-être pour finir assimilé cette ivresse à une ivresse poétique.Le poème s’ouvre au premier vers sur le vin, peut-être son inspiration, puis ce thème est continué dans la troisièmestrophe et le dernier vers.Le derniers vers qui justement marque comme une fin, une brisure dans le poème. Il marque la fin de la boucle (domaine circulaire) mais également la fin de l’emprise, de l’hallucination.On peut alors interpréter la fin de plusieurs façon ; L’éclat de verre ou de rire correspond au paroxysme de l’emprisedémoniaque des ondines, ce qui peut expliquer le rire sardonique. Ou au contraire, cet éclat de verre signifie ladélivrances : il marque la fin de l’emprise et aussi la fin de l’illusion. On peut donc dire que ce poème évoque un moment de grande faiblesse émotionnelle chez Apollinaire. Alorsqu’Annie Playden lui fait savoir son désintérêt, elle a, sous l’effet des vapeurs de l’alcools, une vision d’une femme-démon qui gagne sur la femme-ange et qui s’empare du poète comme d’un prisonnier, et le libère au dernier momenten brisant le verre et en un éclat de rires.On souligne également que ce poème est inspiré d’une légende, comme la plupart des poèmes rhénans. »

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