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Ce que la morale autorise, l'État peut-il légitimement l'interdire ?

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Il faut tout d’abord distinguer prescrire et autoriser. Il convient également de s’interroger sur le sens du mot « morale «.
Ensuite, nous pouvons nous étonner : un Etat libre, telle la république, garant des libertés de tous peut-il s’opposer à la morale ? La morale, au contraire, ne doit-elle pas guider l’Etat qu’élit le peuple ?
Pourtant, il faut souligner qu’il existe un hiatus entre la morale individuelle et la morale sociale, collective. L’Etat doit parler au nom de tous, au nom d’une communauté, et non pas d’un individu. D’autre part, l’Etat ne regarde pas les intentions mais seulement les actions, or la morale prend sa place dans l’intention (exemple : il est interdit de tuer, si je tue quelqu’un par accident, je serait puni, mais si j’ai l’intention de tuer quelqu’un et que j’échoue, il ne m’arrivera rien, alors même que ma conduite a été immorale dans le second cas, et non dans le premier).
Ce sujet nous amène à nous interroger sur la légitimité d’un Etat : un Etat serait-il légitime parce qu’il se fonderait sur la morale ? L’Etat a-t-il pour rôle d’être le garant de la morale ?

 - Morale : ici, synonyme d'éthique, de théorie des valeurs et des normes.
 - Autoriser : permettre, accepter, rendre licite.
 - État : ensemble des organes politiques et administratifs d'une société ; forme juridique de cette société.
 - Peut-il : a-t-il la possibilité. A-t-il le droit : c'est ce sens de légitimité qui est à prendre ici en considération.
 

 
 Les droits de l'État dépassent-ils ceux qui découlent des valeurs reconnues par les individus ?
 

 
 Le problème posé est celui du conflit de la morale et de la politique.
 

« 3. Mais l'État, comme le citoyen, doivent agir à partir des principes de la justice et du droit, c'est-à-dire durespect de la personne : il n'y a pas alors antinomie entre la morale et la politique. Morale et politique sont distinctes mais c'est nécessairement la morale qui sert de guide à la politique. «La vraie politique ne peut donc pas faire un pas sans avoir auparavant rendu hommage à la morale; et si lapolitique est par elle-même un art difficile, l'union de la politique avec la morale n'est pas du tout un art: la moraletranche le noeud que la politique ne peut délier, aussitôt qu'elles ne sont pas d'accord.» Kant, Essai philosophiquesur la paix perpétuelle (1795). • Kant affirme la subordination nécessaire de la politique à la morale. L'opposition entre les deux n'est pas vraimentobjective, elle est seulement subjective: l'égoïsme des hommes les amène à ressentir ce qui est bon pour euxcomme différent de ce qui est bon pour la collectivité.• Trop de crimes, dit Kant, sont commis au nom de l'intérêt «supérieur» de l'État. II faut donc distinguer entre le«moraliste politique», «qui se forge une morale à la convenance de l'homme d'État» et qui est une simple fiction, carune telle morale spéciale n'existe pas: et le «politique moral», qui est certes un idéal difficile à atteindre, mais quiest concevable, dans la mesure où il est celui qui se sert de la morale comme critère de décision politique. Conclusion Dans un véritable État de droit, il ne doit pas y avoir conflit entre morale et politique. remarques préliminaires • La morale a pour objet les règles de la conduite, que ces règles soient habituelles (les mœurs) ou idéales (ce qu'ilest bien de faire). L'État est l'ensemble des institutions politiques, au sens large, d'une communauté nationale.• Une réflexion sur ce qu'autorise ou interdit la morale ne peut donc être conduite sans que se trouve engagée,explicitement ou non, une réflexion sur les théories et les pratiques politiques qui définissent le rôle de l'État. C'estpourquoi on élargit ici la réflexion en se demandant quels rapports la politique entretient avec la morale. C'est, eneffet, à l'intérieur d'une telle problématique générale qu'on trouvera les perspectives qui donnent les moyens deréfléchir, non seulement sur le sujet précis, mais sur de nombreuses questions analogues.• Il n'est pas possible de faire la recension de toutes les formes de politique et de morale. Un tel inventaireconstituerait un traité, non une réflexion philosophique susceptible d'être exposée dans une dissertation. Il faut, parailleurs, éviter de multiplier les approches anecdotiques. 1 morale et politique s'opposent a) La morale, critique de la politiqueCf. les «moralistes» qui observent les mœurs des hommes, leurs habitudes, leurs passions, etc. Dirigée vers lemonde politique, cette réflexion souligne souvent son cynisme, ses contradictions, ses mensonges. Cf. Montaigne ouLa Fontaine («La raison du plus fort... »). Pascal est particulièrement violent : « plaisante justice qu'une rivière borne... » ; «Platon et Aristote (...) : s'ils ontécrit de politique, c'était comme pour régler un hôpital de fous; et s'ils ont fait semblant d'en parler comme d'unegrande chose, c'est qu'ils savaient que les fous à qui ils parlaient pensaient être rois et empereurs» (Pensées, éd.Brunschvicg, 331). Cette mise en cause de la politique par la morale nous invite à approfondir la « science desmœurs » qui « consolera toujours de l'ignorance des sciences extérieures », à cultiver la « pensée de derrière latête», lorsqu'on honore les grands.b) Inversement, la politique se moque de la moraleCf. le machiavélisme : les considérations morales ne doivent pas être confondues avec les données politiques. Pourprendre le pouvoir et le conserver, l'homme politique peut être amené à faire usage de la ruse, de la perfidie.«L'histoire de notre temps enseigne que seuls ont accompli de grandes choses les princes qui ont fait peu de cas deleur parole et su adroitement endormir la cervelle des gens; en fin de compte, ils ont triomphé des honnêtes et desloyaux» (Machiavel, Le Prince, chap. XVlli). Cf. le sujet-texte n° 138, pour préciser la position de Machiavel. »

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