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Comment distinguer une oeuvre d'art de toute autre production matérielle ?

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De plus, on peut remarquer que ces masques étaient il y a peu, confinés dans les muséums d?histoire naturelle, pour être finalement exposés aujourd?hui dans des musées d?art : les masques sont passés du statut de documents à celui d??uvres d?art. Les masques n?ont évidemment pas changés, par contre le regard qu?on leur porte est totalement différent. Ce qui nous amène à penser plus généralement que la définition traditionnelle de l??uvre d?art qui repose sur une distinction intrinsèque entre une ?uvre d?art et ce qui n?en est pas une ne tient pas. Et plutôt que de se demander comment distinguer, il faudrait plutôt voir pourquoi on distingue entre art en non art.   II- Pas d??uvre d?art en soi.   A-    Ce qu?on a qualifié d??uvre d?art a énormément évolué au cours du temps et a subi de nombreuses révolutions au cours du temps. Le fameux « urinoir » de Marcel Duchamp est une ?uvre d?art aujourd?hui mais a choqué à son époque, de plus il ne répondait en rien au critère de beauté. Remise en cause de ce critère au tout début XXème (pas seulement) : la beauté dans l?art vient de la mentalité bourgeoise qui voit dans l?art de la simple « déco ».   B-     Ainsi, on comprend Marx pour qui  le bon goût, c?est-à-dire ce qui distingue une ?uvre d?art de ce qui n?en est pas une, n?est qu?en réalité le goût de la classe dominante. Le critique d?art refuse d?appeler ?uvre d?art un certain type d?artisanat d?art (céramiques notamment) car cela plait à une classe populaire qui n?est pas sa classe.

« certain type d'artisanat d'art (céramiques notamment) car cela plait à une classe populaire qui n'est pas saclasse. C- Plus généralement comme le montre Bourdieu, nous sommes déterminés par notre origine et notre classe sociale dans nos goûts esthétiques : nous distinguons entre une œuvre d'art et toute autre productionmatérielle comme les distingue notre classe et comme nous sommes déterminés à le faire. Transition : le critère de distinction est ainsi totalement externe : ce n'est pas en elles-mêmes que des productionsmatérielles sont des œuvres d'art ou n'en sont pas, ce statut est fixé par des conditions historiques et sociales etdonc, toujours changeantes. Et si précédemment on manquait l'art en voulant en donner une définition troprestreinte ne risque-t-on pas ici de le tuer purement et simplement en lui niant une spécificité propre ? L'art n'est-ilpas ce qui dépasse la simple matérialité sensible et les conditions de sa production dans le rapport radical d'un sujetet de l'œuvre ? III – transcendance de l'art et par l'art. A- Kant (chez Hegel aussi) et l'expérience esthétique.Ce qui permet peut-être de distinguer entre une œuvre d'art et tout autreproduction matérielle, c'est que l'œuvre d'art dans son rapport au sujet qui lacontemple dépasse la simple matérialité et fait la jonction pour le sujet entrele sensible et l'intelligible. En effet, l'œuvre d'art est cet objet radicalementdifférent de tout autre face auquel cesse enfin cette tension entre les senset l'esprit, face à l'œuvre d'art l'intelligence devient sensible et la sensibilitéintelligente : le comprendre et le percevoir sont indissociable. Le plaisirartistique est peut-être à ce titre la seule jouissance intelligente.B- Non seulement l'œuvre d'art est cette production qui seule permet cettetranscendance des sens (et cette « sensualisation » de l'intelligence) maiselle est aussi cette production particulière qui doit transcender ces conditionsoriginaires pour devenir art. C'est ce que Malraux appellera la métamorphose :c'est justement en cessant de voir dans une statuette maya par exemple unobjet de culte ou un objet rituel que l'on peut en faire une œuvre d'art car cen'est qu'ainsi qu'on en aura une vision esthétique et seulement esthétique.Toute comme la métamorphose biologique, la métamorphose en art amènel'objet à une nouvelle forme de vie, moins matérielle. Un vase dans une vitrinede musée a peut-être perdu sa fonction mais il devient beaucoup plus qu'un outil : on cesse d'y voir sa simple utilité pour y voir la beauté de la forme, il cesse d'être un simple document ettémoin d'une culture passée pour devenir, l'expression du génie humain. Conclusion : spécifier ce qu'est une œuvre d'art par rapport à toute autre production matérielle passe ainsi par l'expérience privilégiée du rapport d'un sujet et d'une œuvre qui permet de saisir que l'œuvre d'art transcenderadicalement la simple expérience empirique et utilitaire. On reconnait l'œuvre d'art à ce rapport unique qui permetl'union des sens et de l'esprit. »

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