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créateur : toutes choses proviennent du mélange des éléments selon des proportions définies, d'échanges qui s'opèrent suivant la loi d'affinité.

Publié le 21/10/2012

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créateur : toutes choses proviennent du mélange des éléments selon des proportions définies, d'échanges qui s'opèrent suivant la loi d'affinité. Mais ce mécanisme a pour fond la lutte qui oppose l'Amitié qui unit, à la Discorde qui sépare. Chacune de ces puissances domine l'autre à son tour, et en ce mouvement circulaire de l'un au multiple et du multiple à l'un, les choses, sans cesse, « commencent d'exister «. Processus négatifs et positifs à la fois : « Car il y a pour toutes choses une génération que produit et que détruit l'union, tandis que l'autre, c'est la séparation qui la nourrit et qui la dissipe «. Dans notre monde progresse la Discorde, et l'âme du poète, « vagabond exilé du divin séjour «, aspire à rejoindre le tout. Mais le volcan, dit-on, rejeta les sandales d'airain d'Empédocle. Signe ambigu, comme l'oeuvre du prophète habile, en qui Aristote vit, non sans raison, l'inventeur de la rhétorique. Si, par la vertu de sa parole, Empédocle parvint à réconcilier l'enseignement de son maître Parménide et celui d'Héraclite, il en ignora sans doute le sens profond, et sa théorie du mélange des éléments n'a plus rien de dialectique. (H.D.) ANAXAGORE (500-428 av. J.-C.) Venait de l'école d'Anaximène; avec lui, la philosophie s'établit à Athènes. En bon Ionien, Anaxagore professait un naturalisme qui irrita les défenseurs de l'ordre établi : n'enseignait-il pas, dans sa Physique, que les astres ne sont point d'une nature différente de celles des corps terrestres? Accusé d'impiété en 431, il se réfugia en Asie, à Lampsaque, où il ouvrit une école. Comme Empédocle, Anaxagore a le souci de comprendre la multiplicité infinie du sensible, d'expliquer le changement. Mais la solution qu'il apporte au conflit qui oppose l'éléatisme à la physique des Ioniens n'a rien d'un compromis. S'il nie, lui aussi, tout devenir véritable, il n'hésite pas à pousser cette négation jusqu'à ses conséquences dernières : la multiplicité infinie des qualités doit être contenue dans le principe, chaque qualité se présentant sous forme de parcelles identiques — « homéomères «, dira Aristote — divisibles à l'infini. Au commencement, « toutes choses étaient ensemble, infinies en multitude et en petitesse «, mélange confus de « germes «. La science dépasse l'apparence sensible et, contrairement à l'atomisme, prétend atteindre l'être de la qualité. En même temps qu'il confère à la qualité l'intelligibilité, Anaxagore, en la liant à l'étendue, s'autorise à rendre compte du devenir sensible en termes mécanistes : toute production est séparation, passage du mélange originel à un état plus distinct. Mais « les choses ne sont pas coupées les unes des autres comme à la hache, ni le chaud du froid et le froid du chaud « : comment une chose pourrait-elle donner naissance à d'autres choses, le non-cheveu au cheveu, si, à présent encore, « toutes choses n'étaient ensemble «, chacune d'elles contenant une parcelle de toutes les autres et ne devant son individualité qu'au mode de répartition et à la prédominance en elle de certaines qualités? Ainsi l'eau n'est eau que parce qu'en elle domine la qualit&ea...

« ne doit pas être confondue avec celle, toute superficielle, des « éristiques », des disputeurs.

L'Art de Disputer propose une méthode d'invention des idées, méthode qui ne distingue point entre la forme de la pensée et son contenu.

Si le Sophiste montre comment toute thèse, quelle qu'elle soit, peut être défendue, ce n'est point, comme on l'a cru, par indifférence pour les idées.

Car la dispute a l'auditoire pour témoin, pour juge.

Des Discours terrassants, seule subsiste la phrase fameuse « l'homme est la mesure de toute chose ».

Si l'orateur parvient à convaincre son auditoire, sa thèse n'accède-t-elle pas par là à une vérité qui vaut pour ceux qui l'acceptent? ( H.D.) PLATON ET SES SUCCESSEURS SOCRATE (470-400 av.

J.-C.) (Voir page 58.) PLATON (429-347 av.

J.-C.) (Voir page 64.) SPEUSIPPE (entre 395-393-vers 334 av.

J.-C.) Né à Athènes, fils de Potoné, sœur de Platon, succéda à son oncle pendant huit ans dans la direction de l'Ecole plato- EUCLIDE (v.

450-v.

380 av.

J.-C.) Chef de l'Ecole de Mégare; auprès de lui se rifugièrent, après la mort de leur maître, les disciples de Socrate, dont Euclide lui-même avait sans doute été l'élève.

Une amitié fidèle l'unissait à Platon.

Et pourtant, en se combinant à l'Eléatisme, le Socratisme prend à Mégare une toute autre direction que chez Platon.

« Le Bien est une seule chose, quoiqu'il soit appelé de différents noms.

» Il ne semble pas qu'Euclide avait voulu nier par là la pluralité des essences.

Plus qu'à la doctrine des Idées, il semble avoir été hostile à l'usage que Platon faisait de la dialectique.

Et les arguments célèbres de l'Ecole de Mégare, le chauve, le menteur, le cornu, visent d'abord à nier la légitimité de toute relation entre les concepts autre que celles d'exclusion ou d'identité.

( H.D.) ANTISTHÈNE (vers 444-365 av.

J.-C.) Fondateur de l'École cynique, appartint au cercle des Sophistes avant de rejoindre Socrate.

A la mort de celui-ci, il ouvrit sa propre école, contre laquelle Platon ne cessa de lutter.

Antisthène prenait plaisir à ridiculiser la théorie des Idées : « Je vois bien le cheval, mais non la caballéité »,écrivait-il dans son Sarthon.

Lui-même professait un nominalisme absolu : l'essence est une réalité rigou­ reusement individuelle, qui s'exprime par un nom.

Affirmation qui conduit Antisthène, comme déjà les Mégariques, à nier la possibilité de la relation, de toute attribution qui reviendrait à con­ fondre les essences : on ne peut rien dire de l'homme, sinon qu'il est homme.

Par là le Cynique se détourne de la science.

Il a pour seul souci de « vivre en société avec soi-même », d'atteindre par nicienne.

Comme Xénocrate, il s'occupait surtout de morale (neuf ouvrages sur trente-deux) et prqfessait que « tout plaisir est mauvais ».

XÉNOCRATE (env.

406 av.

J.-C.- 314) Succéda à Speusippe dans la direction de l'Académie.

Il fut l'un des maîtres de Zénon de Cittium.

Comme Speusippe, il s'occupa surtout de morale (vingt­ neuf ouvrages sur soixante).

Un Traité de la Mort lui est attribué.

Il a LES SOCRATIQUES l'ascétisme à l'homme vrai, qui a rejeté tous les masques.

( H.D.) DIOGÈNE DE SINOPE (413-323 av.

J.-C.) Disciple d'Antisthène, le fondateur de l'Ecole cynique, Diogène est resté le représentant le plus célèbre, le plus popu­ laire aussi, d'un genre de vie qui a provoqué bien des scandales mais où le stoïcisme d'un Epictète, près de cinq siècles plus tard, acceptera de se recon­ naître.

Son cynisme est une pratique, plutôt qu'une doctrine.

L'indépendance du sage, le retour à une vie simple et naturelle sont choses pénibles et laborieuses et demandent un exercice constant (d'où une réhabilitation des métiers réputés serviles et, en général, une glori­ fication de l'effort et du travail, tout à fait inhabituelle à l'époque).

Diogène se détourne de la civilisation, avec son raffinement artificiel et ses fausses valeurs, il prétend également en détourner les autres.

D'où la prédication morale et l'exhortation qui n'épargnent ni l'amour­ propre ni la vanité.

A travers les anecdotes et les bons mots que la tradition a accu­ mulés sur son nom, on discerne surtout une critique des valeurs traditionnelles et des préjugés : « Les Athéniens vou­ lurent l'initier aux mystères et lui assu­ raient que dans l'Hadès, les initiés avaient les places d'honneur.

Il serait ridicule, répondit-il, qu'Agésilas et Epa­ minondas fussent là-bas dans le bourbier, et que le premier venu, s'il est initié, fût transporté aux îles des bienheureux ».

( Diog.

Laërt, VI, 39.) « Il appela les concours en l'honneur de Dionysos des attrape-nigauds, et les politiciens valets du peuple.

Il disait que, quand il voyait les pilotes, les médecins, les philo­ sophes, l'homme lui paraissait le plus cherché à nier partout l'apparente discon­ tinuité des choses.

POLÉMON (vers 340 av.

J.-C.­ mort vers 273) Né à Athènes.

Succéda à Xénocrate dans la direction de l'Académie, où il eut pour disciples Cratès, Crantor, Zénon, Arcésilas.

Il professait que la fin des biens consiste à « vivre selon la nature ...

en y joignant la vertu » et mettait en valeur la supériorité de l'ascèse sur l' édu­ cation dialectique.

intelligent des êtres vivants; en revanche, quand il regardait les interprètes des songes, les devins et ceux qui les consultent, ou encore les gens infatués de renommée et de richesse, il ne savait rien de plus vain que l'homme.

» {VI, 24.) Le cynisme qui, avec Diogène, ne mérite pas encore son nom, au sens actuel et péjoratif du terme, n'échappe certes pas à toute critique.

Platon aurait dit de Diogène : « C'est un Socrate devenu fou.

» (VI, 54.) Mais c'est sans doute cette rupture de l'équilibre socratique qui a assuré le succès de Diogène (et, tout d'abord, dans la cité même qui avait condamné Socrate : « Les Athéniens l'aimaient beaucoup », VI, 43), et incliné à une indulgence où pouvait se mêler une secrète approbation, ceux-là mêmes dont il raillait les institutions et les préjugés.

VICTOR GOLDSCHMIDT MÉNIPPE (rv•-nr• siècle av.

J.-C.) Philosophe de l'école cynique, né à Gadara (en Cœlesyrie}, d'abord esclave, puis affranchi, s'enrichit par l'usure et, ruiné, se pendit de désespoir.

On connaît sous son nom de spirituelles satires mêlées de prose et de vers : Naissance d' Epicure, Nekya (parodie d'Homère), des Testa­ ments, etc ...

C'est Varron, qui, avec ses satires ménippées, donna à son nom un sens générique.

ARISTIPPE (430 av.

J.-C.- ?) Fondateur de l'Ecole de Cyrène, pratiqua le métier de sophiste avant de rejoindre, lui aussi, le cercle des disciples de Socrate.

Mais il rqette, quant à lui, toute recherche d'ordre rationnel.

« Nous sommes isolés du dehors comme dans une citadelle investie », et ne pouvons rien connaître d'extérieur à nous : seule est réelle,. »

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