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Dissertation « le sens du mal »

Publié le 21/05/2026

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« Dans sa Vie de Lycurgue, Plutarque décrit l’histoire d’un jeune Spartiate, dont, après d’avoir dérobé un renardeau, et ayant caché sous son manteau, il se laissa “déchirer le ventre” par les griffes et les dents de la bête, et a préférer souffrir jusqu’à en mourir plutôt que d’être découvert.

Cette histoire nous permet d’identifier, et de définir, les différents aspects du mal.

Commençons donc par le mal physique qui est exprimé par la douleur, la souffrance ou encore la maladie, puis le mal moral qui peut être défini comme la faute commise par un sujet responsable tel que mentir, trahir ou tuer et enfin le mal métaphysique qui est une imperfection consubstantielle d’un monde fini et représenté sa fragilité, son manque.

Or, questionner « le sens du mal » ne revient pas seulement à demander si l’on peut le constater, mais s’il peut être expliqué et surtout justifié.

Afin de traiter le sujet, nous allons définir le mot « sens » comme ce qui rend le mal intelligible et ce qui, éventuellement, le rend acceptable ou légitime. Cependant, une tension émerge.

En effet, chercher un sens au mal risque de banaliser ce dernier, dire que la souffrance « sert à quelque chose » peut choquer ou être considéré comme immorale, surtout quand elle touche à des innocents.

A contrario, dire que le mal est simplement illogique, peut nous empêcher de le comprendre et donc de le combattre.

Ainsi, comment penser le mal sans l’excuser ? Le mal a-t-il un sens en lui-même, ou seulement un sens que nous lui donnons ? Nous allons soutenir d’abord, que le mal peut recevoir un sens, puis nous allons montrer qu’il résiste à toute justification et apparaît souvent comme l’insensé par excellence, avant de proposer une dernière partie dans laquelle nous allons distinguer l’explication du mal et sa justification, afin d’en dégager un sens limité mais concis. A première vue, le mal peut-être « compris ».

On peut l’inscrire dans un ordre, une finalité, une cohérence.

Une façon de l’expliquer, de lui donner sens est de dire que le mal n’est pas une réalité positive, mais une privation, il serait l’absence de bien, une sorte de défaut dans l’être.

Dans cette perspective, inspirée d’Augustin, le mal ne serait même rien en soi car le mal n’a pas de substance propre.

Ainsi, ce qui existe est bon tant qu’il existe et le mal apparait quand un sujet se détourne du bien.

Le sens du mal moral devient plus clair avec Augustin, il tient à la volonté du sujet, autrement dit son libre arbitre.

Un monde dans lequel un sujet ne pourrait être trompé ou faire ce qui est mal, serait plutôt un monde remplis de machines plutôt que d'êtres humains.

Le mal moral est alors compréhensible comme une mauvaise utilisation de la volonté du sujet. Ce point est important pour le mal moral car il a un sens au moins minimal, il se comprend par le fait d’attribuer la responsabilité d’un fait à une personne.

Si quelqu’un ment, humilie ou blesse, son action ne relève pas d’un simple accident naturel mais est lié à une décision, à une intention.

Bien que le sujet cherche des excuses (pression sociale, panique, ignorance), on continue de penser et de dire « tu aurais pu faire les choses différemments ».

Le mal moral a donc un sens, il révèle une orientation de la volonté, une relation à une autre personne.

Chez Kant, cette conception peut être radicalisée, au moins, la possibilité du mal, démontrer que l’homme n’est pas seulement un être de désormais il est doté de maximes morales.

Il est capable de choisir si la loi morale ou la satisfaction d’un désir prévaut dans une situation donnée.

Ainsi, le mal moral n’est pas seulement possible à expliquer, il est aussi ce qui permet le jugement et la responsabilité Cependant, quel sens le mal physique a-t-il, puisqu’il ne dépend pas d’un choix.Là encore, certains philosophes soutiennent qu’il peut recevoir un sens. Leibniz, par exemple, distingue le mal métaphysique (une imperfection inhérente au monde), le mal physique (souffrance) et le mal moral (la faute) et cherche à montrer qu’un monde crée est forcément limité.

En effet, être une création ce n’est pas être Dieu.

Selon ce point de vue, ni le mal métaphysique n’est plus un problème mais devient la condition même de l’existence d’un monde crée par Dieu.

Le mal physique, lui, aurait en quelque sorte un sens indirect, il est parfois conséquence de l’ordre naturel ou d’un bien plus grand (solidarité, progrès).

En effet, même sans dire que la souffrance peut-être « bonne », on peut dire qu’elle s’insère dans une cohérence logique, la souffrance signale un déséquilibre et oblige à inventer de nouveaux remèdes, à améliorer le domaine pharmaceutique.

On peut même argumenter qu’il y a un sens historique du mal tels que les famines, les guerres ou encore les conflits peuvent amener à des moments historiques productifs, où les sociétés apprennent, corrigent et imposent plus de justice.

La souffrance n’est pas la bienvenue, mais semble parfois jouer un rôle révélateur, en effet, elle révèle des injustices invisibles et force la conscience collective à se réveiller afin de provoquer des changements, des réformes.

Le mal, donc, pourrait donc participer à une dynamique de dépassement, il permet de comprendre ce qui doit être changé. Pourtant, l’attention qui est apportée au mal semble risquée.

En effet, en intégrant le mal dans un plan mondial, ou en le présentant comme une nécessité d’un bien plus grand, on risque de faire de la victime un simple moyen.

L’idée d’un « sens » du mal peut alors apparaitre comme un argument intolérable et c’est ce que nous allons étudier dans la deuxième partie. Dire que le mal a un sens, c’est souvent affirmer qu’une chose devait arriver. Or, cette vision peut premièrement être en contradiction avec le mal physique, la souffrance des innocents nous empêche de penser à une fin rassurante.

Un enfant qui meurt d’une maladie, une population noyée par un tsunami, ou un accident de voiture qui tue tout une famille; quel sens cela peut produire ? Même si l’on sait quels sont les causes (virus, tremblement de terre, erreur technique), l’explication ne ressemble en rien à une justification.

On peut comprendre comment cela arrive mais on ne comprends pas pourquoi cela devait arriver.

C’est là que le mal semble devenir l’absurde : il survient sans raison proportionnée, sans mérite ni faute. Cette objection peut aussi s’attaquer aux théodicées, dire que « tout est pour le mieux » ou que « la souffrance qui arrive est en vue d’un plus grand bien » semble non seulement faux, mais indécent.

Une souffrance réelle n’est pas un problème abstrait, c’est une.... »

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