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Doit-on nécessairement démontrer pour convaincre ?

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Lorsque Descartes présente les Méditations métaphysiques aux Doyens de la Sorbonne, il légitime son projet d'écriture par la nécessité de démontrer par la raison naturelle plutôt que par celles surnaturelles de la religion révélée l'existence de Dieu et l'immortalité de l'âme. Or, ajoute-t-il, il semple impossible de "persuader les  infidèles" si on ne leur prouve ces choses par la raison naturelle.

Mais la démonstration a-t-elle le pouvoir que lui prête ici Descartes ? Suffit-il de démontrer pour convaincre ?

La démonstration est une forme de preuve. Elle consiste à établir à priori la vérité certaine d'une proposition. Une vérité démontrée ne semble pas pouvoir être mise en question mais au contraire pouvoir entraîner une adhésion universelle.

  • LIENS MIROIRS:

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« Enfin il faut avoir recours à elle quand une fois l'esprit a vu où est la vérité, afin de nous abreuver et nous teindrede cette créance', qui nous échappe à toute heure ; car d'en avoir toujours les preuves présentes, c'est tropd'affaire. » Blaise PASCAL. 2.2 L'origine de la conviction, suivant laquelle l'individu croit qu'un évènement est lié nécessairement à un autre (la causalité), prend sa source dans l'habitude et non dans la démonstration,quand les objets ne sont pas des idées mais des faits. « Ce principe, c'est l'accoutumance, l'habitude. Car, toutes les fois que la répétition d'une opération ou d'un acte particulier produit une tendance à renouveler le même acte ou la même opération sans l'impulsion d'aucunraisonnement ou processus de l'entendement, nous disons toujours que cette tendance est l'effet del'accoutumance . En employant ce mot nous ne prétendons pas que nous avons donné la raison dernière d'une telle tendance. Nous désignons seulement un principe de la nature humaine, universellement reconnu et bien connu parses effets [...] Toutes les inférences tirées de l'expérience sont donc des effets de l'accoutumance et non deseffets du raisonnement. » HUME, Enquête sur l'entendement humain, V. Transition : La démonstration quand il s'agit des faits n'est pas la condition nécessaire de la conviction en tant que ces objets, les faits, ne se prêtent pas à la démonstration. Leur contingence, le fait qu'ils peuvent être oune pas être, en un mot le fait qu'ils soient possibles, contrevient à la nature du raisonnement démonstratif chargéd'établir la nécessité et la vérité d'une proposition. Pour autant deux problèmes persistent et ne permettent pas dese satisfaire de cette solution. D'une part il faut établir la nature des principes à l'origine de la démonstration.D'autre part il faut s'interroger sur la nature de la valeur et de la persuasion accordées aux faits. Troisième partie : Les principes de la démonstration sont indémontrables et la croyance en la valeur des faits requiert une justification. 3.1 Il y a des vérités indémontrables à l'origine de la démonstration. « Notre doctrine, à nous, est que toute science n'est pas démonstrative, mais que celle des propositions immédiates est, au contraire, indépendante de la démonstration. (Que ce soit là une nécessité, c'est évident. S'ilfaut, en effet, connaître les prémisses antérieures d'où la démonstration est tirée, et si la régression doit s'arrêterau moment où l'on atteint les vérités immédiates, ces vérités sont nécessairement indémontrables.) Telle est doncnotre doctrine ; et nous disons, en outre, qu'en dehors de la connaissance scientifique, il existe encore un principede science qui nous rend capable de connaître les définitions. » ARISTOTE, Seconds Analytiques, I 3. 3.2 La démonstration est aux idées ce que la justification est à la réalité. « L'accroissement des forces productives qui s'est institutionnalisé avec le progrès scientifique et technique surpasse toutes les proportions connues dans l'histoire. C'est de là que le cadre institutionnel tire ses possibilités delégitimation. L'idée que les rapports de production pourraient être mesurés au potentiel des forces productivesdéployées se trouve d'emblée écartée du fait que les rapports de production existants sont présentés comme les formes d'organisation techniquement nécessaires d'une société rationalisée. La « rationalité » au sensde Max Weber montre ici son double visage : elle ne se contente pas d'être une mesure critique de l'étatde développement des forces productives, (...) elle est aussi la mesure apologétique permettant dejustifier ces mêmes rapports de production comme cadre institutionnel adéquat à sa fonction. » HABERMAS CONCLUSION La démonstration n'est pas la condition nécessaire de la conviction, il peut y avoir conviction sans démonstration notamment quand il s'agit des faits. Néanmoins il faut noter que la démonstration seule, enmathématique par exemple, ne peut suffire à établir la vérité d'une proposition mais qu'elle se fonde sur desprincipes indémontrables. De cela il faut retirer l'idée selon laquelle la démonstration reconnaît la validité de l'axiomealors que celle-ci n'est pas établie, donc que la conviction en mathématiques n'a pas seulement pour objet dudémontrable mais aussi de l'indémontrable. D'autre part, même si à propos des faits la démonstration ne peut êtreconvoquée, néanmoins la conviction requiert la justification. Introduction : Lorsque Descartes présente les Méditations métaphysiques aux Doyens de la Sorbonne, il légitime son projet »

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