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Est-il vrai de dire de la science qu'elle est par nature inachevable ?

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Ce qui poussa les hommes à savoir fut l'étonnement à l'égard des choses de la nature : "pourquoi" et comment ont été les premières interrogations dans les esprits des hommes. Le questionnement scientifique est né et les méthodes de recherche, d'enquête, d'observation se constituent. De telles sciences se sont voulues exhaustives : il s'agissait d'arriver à comprendre la nature des choses et répondre à la question des origines. La science est-elle par nature inachevable ? Peut-on tout savoir? Les méthodes scientifiques sont-elles efficaces pour appréhender tout les réel ?

 

« Dissertation de philosophie « La science est-elle par nature inachevable ? » La question de l'avenir scientifique est toujours mise au premier plan dans nos sociétés modernes. On envisage des projets, définissant des recherches, et aboutissantà une évolution du domaine de la connaissance. L'explication des phénomènes, ce que nous entendrons par science (soumise alors aux lois de la vérification par ledomaine expérimental qui se veut objectif), est donc une quête qui peut sembler perpétuelle. Pourtant, on constate bien souvent que les procédés utilisés sont biensouvent les mêmes: on emploie l'outil mathématique, l'outil de la physique, ou celui de la chimie, etc. En ce sens, on peut dire que la science semble dans sa structuremême être de nature achevée. Achevée, le terme est ambigu: on peut y voir l'idée que la science est révolue, terminée, ou alors qu'elle est parfaite, exhaustive ettotalement opérante. De cela naissent de nombreuses interrogations quant à ce qu'on entend par science, devient-elle la reine des disciplines puisqu'elle supposerépondre à n'importe quelle interrogation, ou devient-elle inopérante dans le sens ou des phénomènes lui échappent. Que penser alors de la religion ? qui repose biensouvent sur des fondements hors de notre champ d'expérience, comme l'existence d'un Dieu ou la réalisation d'une prophétie. Autre exemple, que penser de l'universet de ses limites inconnues ? Toutes ces interrogations sont embarrassantes si on veut donner une définition stricte à la nature de la science.Ainsi, l'analyse qui sera effectuée visera à répondre à ce problème: en quoi peut-on caractériser la science comme étant achevée, ou alors inachevée ? A travers ceproblème, on peut envisager deux sous questions : peut-on tout savoir ? Et au delà, peut-on accorder aux méthodes scientifiques une complète efficacité pourappréhender le réel ?Le premier point à étudier est celui qui traite de l'exhaustivité de la science. En effet, il paraît quelque peu évident que la science répond à de nombreusesinterrogations pour expliquer tous les phénomènes qui se présentent à elle. Par ailleurs, les questions de religion, d'infini, et autres semblent venir s'opposer demanière frontale à l'idée exposée précédemment. De plus, il semble clair que les objectifs visés par la science, ou sa raison même d'exister, sont de l'ordre del'inachevable. Enfin, comme solution au problème posé, l'analyse portera sur la vie en elle-même qui est sujette à la science porte en elle quelque chose d'impalpable,qui ne peut donner la science comme pleinement achevée. Au XVIIème siècle, René Descartes s'était très bien attaqué au sujet en affirmant dans son Discours de la méthode que les hommes « se rendent comme maîtres etpossesseurs de la nature ». Or on voit ici tout l'intérêt d'une telle citation. En effet, René Descartes expliquait que l'homme, notamment par son savoir et sa capacité àmaîtriser les choses, est capable d'user de la nature et de la comprendre. L'homme, vit d'abord une situation (au sens du vécu), puis la perçoit, pour enfin la concevoiret l'expliquer. Une fois la situation expliquée, on engrange une connaissance indubitable et qui empêche tout raisonnement ultérieur. Il semble qu'il en va de mêmedans le domaine à proprement parler scientifique. Prenons l'exemple de l'eau: si on retire de l'eau d'un fleuve, puis on en fait une analyse et on dénomme sacomposition comme H2O. On a beau avoir une myriade d'utilisation de l'eau, la science est pourtant dans une certaine limite achevée et exhaustive, car on ne pourrajamais rien dire de plus sur la définition de l'eau. Par ce phénomène de compréhension du monde, la science prouve qu'elle peut être indubitable et achevée. Desurcroît, on peut placer la notion de progrès qui justifierait alors l'existence continuelle de la science, puisqu'on serait en droit de dire que la science n'a plus lieu d'êtresi elle est achevée. Or, cette science a pour principal objectif de permettre à l'homme de s'adapter au mieux à son milieu en lui apportant divers moyens techniques.C'est d'ailleurs comme cela que l'homme se détache relativement plus de son milieu naturel, lorsqu'il peut prévoir d'éventuelles catastrophes naturelles ou lorsqu'ilpeut envisager une épidémie dévastatrice. On peut donc dire que la science est achevée sans pour autant dire qu'on peut se passer d'elle: elle s'améliore, se corrigeparfois, mais reste terriblement efficace.Auguste Comte a lui aussi interrogé ce questionnement au sujet de la science. Pour lui, la science demeure complètement achevée. Il affirme que les scientifiques necomprennent pas le monde. En effet, il dénonce le fait qu'on croît qu'un physicien sait pourquoi le soleil se couche à telle heure, ou pourquoi un objet tombe à tellevitesse, alors que c'est faux. Pour lui, le physicien ne sait pas pourquoi un avion vole, mais il sait juste comment il vole. Il ne faut cependant pas croire qu'AugusteComte considère la science comme incompétente, puisqu'il y voit la marque du progrès. La science se ferait par trois étapes: l'enfance, l'adolescence et l'âge adulte. Ily a donc dans ce positivisme une volonté de nous faire comprendre que la science n'a pas pour but de comprendre les faits, mais de mieux les prévoir. Enl'occurrence, il nous dit dans son Discours sur l'esprit positif que «c'est dans les lois des phénomènes que consiste réellement la science. ». On comprend pourquoi onpeut dire que la science est du domaine de l'achevé, puisqu'elle possède des bornes qu'elle ne pourra jamais dépasser qui sont celles de sa « portée explicative ».Sur un tout autre plan, on peut être amené à envisage l'achevé comme ce qui s'apprend, et l'inachevé comme ce qui se comprend. Quand on apprend une chose, c'estqu'on ne la savait pas auparavant: un enfant apprend à compter. Nous sommes donc logiquement amené à dire qu'apprendre, c'est appréhender quelque chose denouveau. Cependant, Platon démontre qu'il y à là une idée reçue certaine. Selon lui, apprendre n'est pas forcément découvrir une nouveauté, mais plutôt faireressurgir des Idées qui sont déjà en nous. Les Idées étant permanentes et éternelles ne sont pas équivalentes aux faits qui sont quant à eux constamment variables. Or,il semble impossible de pouvoir acquérir une connaissance authentique de ce qui est fuyant, fluctuant, et c'est pour cela que pour accéder à une réelle connaissance, ilfaut alors se baser sur ce qui est stable, à savoir le monde des Idées. La science est alors ici complètement séparée de toute forme de stabilité, puisqu'elle ne fait ques'attaquer à des phénomènes qui sont de l'odre de cette instabilité des faits. La science est par conséquent purement et simplement quelque chose d'inutile, de révolu. Nous avons donc vu en quoi il était possible de considérer la science comme parfaitement achevée sans pour autant qu'elle soit révolue. Elle peut par nature répondreaux interrogations que l'homme se pose de manière complète et exhaustive. Malgré cela, bien des questions restent en suspend et viennent mettre en doute cetteperspective optimiste de la science. En effet, est-il possible de parler de science achevée si elle envisage un but ? Lorsqu'on parle de progrès (comme une idéologie),n'y a t-il pas par définition une dimension d'inachèvement qui se fait jour ? Ainsi, si la science était achevée elle n'aurait plus de raison d'être . La raison pour laquelle la science existe est qu'elle veut toujours aller au delà de ce que l'on sait ,de ce que l'on connait . Mais au fur et à mesure que la science avance , elle pose des choses concrètes et prouvées. La technique concerne plutôt des choses acquisesdéjà par les autres comme des savoir faire, achevés, mais la science étant une activité cognitive sans limites, ces savoir pourront toujours être remis en cause , etremodelés par les découvertes de la science, qui est toujours dirigée vers l'infini, alors que la technique est limitée par le défini actuel, (donc toujours ouvert aunouveau défini que la science apporte). C'est en ce sens que Karl Popper explique ce qu'il entend par domaine scientifique, dans son œuvre intitulée La logique de ladécouverte scientifique. Quand il défend ce qu'il appelle un « déductivisme », il a bien compris qu'il est plus simple et donc plus scientifique de nier et de limiter quede recourir à l'infini. L'inductiviste serait celui qui en resterait à la croyance qu'un énoncé universel ne pourrait être validé que par la vérification infinie d'une infinitéd'énoncés particuliers : il faudrait pour vérifier la loi de la chute des corps vérifier sans fin que toutes les chutes de corps obéissent à la loi. L'inductiviste, proche duscientiste, en est resté à la confusion de la vérité et de l'infini. Mais qu'un énoncé ne soit pas vérifiable ne signifie pas du tout qu'il ne puisse être testable, contestable,réfutable : sera dit scientifique non pas l'énoncé vérifié mais l'énoncé réfutable, testable. Or, si on est constamment dans l'acceptation de théories qui serontdémontrées comme fausses ultérieurement, on comprend évidemment que la science est tout sauf exhaustive et achevée (finie), subissant la règle d'un perpétuelrenouvellement d'idées !La remise en question de la science n'est pas la seule marque de son inachèvement. On voit également qu'il y a de nombreux domaines où la science est incapable derépondre aux interrogations en vigueur. D'abord, il y a la question de l'origine de la vie qui reste en suspend. Ensuite, il y a le problème de la conscience. Chezl'homme par exemple, la science est incapable de nous dire pourquoi l'esprit humain, dans sa composition, finit par avoir conscience de sa propre existence. Onpourrait imaginer qu'à longs termes la science finirait par résoudre ces questions à force de tâtonner, mais le fait est qu'il y a d'autres domaines qui ne fonctionnentpas et qui posent problème. L'origine de la vie, en attendant d'être comprise -si cela est possible-, est accordée par certains à une divinité. Or, il est impossible de diresi une divinité existe ou pas, ou au moins si l'explication est valable, dans le sens où on ne peut pas prouver qu'elle ne l'est pas ! Enfin, il y a des domainesscientifiques qui tendent vers « l'infini ». L'organisation des systèmes planétaires et les mouvements qui s'y produisent sont incalculables et tendent vers l'infini. Al'échelle humaine, toute cette structure semble bien insaisissable aux vues des moyens et du temps disponibles: l'explication complète et achevée de ces phénomènes,même si elle est envisageable, nécessite sûrement un temps extrêmement conséquent.La science a également un caractère inachevé dans sa composition même. Les mathématiques sont par exemple un outil qui est très souvent employé pour démontrerou expliciter un phénomène. Or, il est bien simple de voir que le monde des chiffres et de l'algèbre est un monde sans la moindre limite. Entre chaque nombre on peuttrouver un nombre infini de nombres, eux mêmes compris entre une infinité de nombres. Il semble par conséquent embêtant pour l'esprit de se dire que bon nombrede démonstrations sont basées sur un outil qui ne connaît pas de borne. Une démonstration étant soumise à cette loi mathématique peut donc sembler indubitable,mais laisse présager en elle une sorte d'inachèvement, d'être incomplète. La science peut se montrer par nature inachevée puisqu'elle emploie des moyens qui sonteux-mêmes infinis. »

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