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Est-il vrai que Hommes n'ont pas de destin ? (Homme et Destiné)

Publié le 25/10/2010

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Dans ce sujet, la notion de "destin" s'oppose à celle de liberté. Dire que les hommes sont soumis à un destin, c'est d'emblée dire qu'ils ne sont pas acteurs mais comme spectateurs de leur propre vie. Dans un premier temps, il s'agira de montrer que la liberté est une illusion. Dans un second temps, il faudra défendre la thèse d'une liberté humaine au-delà de tous les déterminismes aliénants.

« prédéterminé.

Pas de prédestination, écrit Bergson.

Tout doit être inventé.

L'homme s'invente continuellementdans une société qui s'invente, elle, à chaque instant. «Cette confusion est cause que les hommes peu instruits acceptent volontiers l'idée déterministe; elle répondau fatalisme, superstition bien forte et bien naturelle comme on l'a vu.

Ce sont pourtant des doctrinesopposées; l'une chasserait l'autre si l'on regardait bien.

L'idée fataliste c'est que ce qui est écrit ou prédit seréalisera quelles que soient les causes.

Au lieu que, selon le déterminisme, le plus petit changement écarte degrands malheurs, ce qui fait qu'un malheur bien clairement prédit n'arriverait point».

(Éléments de philosophie,1941.) Le texte d'Alain permet de bien comprendre comment déterminisme et liberté sont non seulement compatiblesmais nécessairement liés.

Il permet ainsi d'éviter les contradictions de la notion de liberté absolue.

Du point devue de la religion, il montre aussi que le fatalisme fondé sur l'idée que Dieu connaît à l'avance notre destin estabsurde: car si Dieu connaît notre destin, nous ne le connaissons pas: nous ne pouvons donc rien en déduiresur ce que nous devrions faire ou ne pas faire.

L'idée de la prédestination n'autorise donc pas à s'abandonner aux circonstances ni à nous débarrasser de toute responsabilité.

De même en politique: le texted'Alain est un appel à ce que chacun prenne son destin en main pour faire advenir la société qui lui paraît laplus juste, sans l'attendre d'une puissance tutélaire (à mettre en parallèle avec les textes de Tocqueville etde Marx). Pas de destin, pas de prédestination, l'homme est condamné à être libre Sartre doit son immense notoriété à la vogue de l'existentialisme (philosophie de la liberté et de laresponsabilité), dont il fut considéré comme le fondateur, même si la lecture de la « Phénoménologie » deHusserl et de « L'Être et le Temps » de Heidegger l'a profondément influencé.

Deux formules pourraientrésumer sa conception de la liberté.

La première, que l'on trouve dans « Saint Genet » (1952): « L'importantn'est pas ce qu'on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous.

» Laseconde, qui figure dans un opuscule intitulé « L'Existentialisme est un humanisme » (Nagel) où Sartre répondà diverses objections formulées notamment, par les catholiques et les marxistes à sa conceptionexistentialiste de l'homme: « L'homme est condamné à libre.

»Qu'est-ce que l'existentialisme ? C'est l'affirmation que, chez l'homme, l'existence précède l'essence.Autrement dit, rien n'est donné d'avance à l'homme.

N'ayant pas d'essence préalable, l'homme se trouvecondamné à choisir librement son essence :« Qu'est-ce que signifie ici que l'existence précède l'essence ? Cela signifie que l'homme existe d'abord, serencontre, surgit dans le monde, et qu'il se définit d'abord.

L'homme tel que le conçoit l'existentialiste, s'iln'est pas définissable, c'est qu'il n'est d'abord rien.

il ne sera qu'ensuite, et il sera tel qu'il se sera fait.

» L'homme n'est ni ceci ni cela.

Son existence n'est d'abord soutenue par rien.

C'est précisément parce quel'homme n'est d'abord rien qu'il se distingue de toute autre réalité et que son existence est liberté, ne peutqu'être liberté.

La chose qui est ceci ou cela, qui n'est que ce queue est, ne saurait être libre.

Un arbre nepeut jamais être que l'arbre qu'il est.

Un objet n'a pas à être : un coupe-papier, par exemple, est.

Tout objetmatériel est.

L'homme n'est pas.

Il n'est pas d'avance ceci ou cela, ce qu'il va devenir n'est pas décidéd'avance.

L'homme est ce qu'il se fait:« Ainsi il n'y a pas de nature humaine, puisqu'il n'y a pas de Dieu pour la concevoir L'homme est seulement,non seulement tel qu'il se conçoit, mais tel qu'il se veut, et comme il se conçoit après l'existence, comme il seveut après cet élan vers l'existence; l'homme n'est rien d'autre que ce qu'il se fait.

» Et si l'homme n'est d'abord rien et doit librement choisir son essence, cela signifie qu'il est pure subjectivité,projet :« C'est aussi ce qu'on appelle la subjectivité.

et que l'on nous reproche sous ce nom même.

Mais que dire parlà, sinon que l'homme a une plus grande dignité que la pierre ou la table ? Car nous voulons dire que l'hommeexiste d'abord, c'est-à-dire que l'homme est d'abord ce qui se jette vers un avenir, et ce qui est conscient dese projeter dans l'avenir L'homme est d'abord un projet qui se vit subjectivement, au lieu d'être une mousse,une pourriture ou un chou-fleur » La liberté est donc, pour Sartre, un absolu qui ne se choisit pas.

L'homme ne choisit pas d'être libre, il l'est, ilne peut que l'être.

Il l'est tout entier et toujours.

Il ne saurait être tantôt libre, tantôt esclave.

Ce que Sartreexprime sous cette formule : « L'homme est condamné à être libre.

»Si l'homme est celui qui se fait, ce projet réalise pas dans l'intimité douillette d'un ego refermé sur lui-même,mais ne peut se réaliser que dans son rapport au monde et à autrui.

L'homme est « en situation ».

C'est-à-dire qu'il est « conditionné par sa classe », « son salaire », « la nature de son travail », conditionné jusqu'àses sentiments et ses pensées.

Mais si l'homme ne peut pas choisir sa classe sociale, il peut se choisir lui-même dans sa « manière d'être ».

Sartre lui-même reconnaît en 1940 qu'il est « le produit monstrueux ducapitalisme, du parlementarisme, de la centralisation et du fonctionnalisme », mais c'est à partir de cettesituation familiale qui l'a constitué qu'il entreprend de se « personnaliser ».

D'où la formule : « L'important n'estpas ce qu'on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu'on a fait de nous.

» La situation n'est pas quelque chose qui limite la liberté elle est ce à partir d'où commence la liberté.

C'est laraison pour laquelle Sartre a pu écrire en 1944 dans « Les Lettres française » (fondé par Aragon et Paulhan):« Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande.

» Qu'est-ce à dire, sinon qu'à ce. »

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