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Faut-il bien penser pour bien vivre ?

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Quelles conséquences cela a-t-il sur la manière dont on vit ? Quel est le rapport entre le savoir (sens possible de " bien penser ") et la morale (" bien vivre ") ? Faut-il nécessairement être intelligent pour être juste envers autrui, ou pour avoir une conscience morale ?   Définition des termes du sujet   La question « faut-il » porte sur un devoir, que ce devoir vienne de l'extérieur - on a ou on n'a pas le droit de faire telle chose parce que la loi, ou l'opinion publique, ou les opinions de tierces personnes considèrent cette chose comme interdite ou mauvaise -, ou de l'intérieur - on fonde pour soi-même l'obligation ou l'interdiction de telle ou telle chose, après avoir fait une évaluation de cette chose. L'objet sur lequel porte l'interrogation est le fait de « philosopher pour bien vivre » : le verbe « philosopher », d'abord, renvoie à un exercice de la philosophie sur un mode actif : philosopher n'est peut-être pas tant apprendre abstraitement la philosophie que pratiquer, mettre en application cet apprentissage. Cette compréhension de la philosophie comme pratique est fondamentale dans la philosophie antique : le sujet met donc en question une qualité fondatrice de la philosophie, qui s'est conçue dès ses débuts comme une discipline de la vie bonne. L'expression « bien vivre » est alors à prendre dans un sens proprement philosophique : il ne s'agit pas de vivre confortablement, mais de mener sa vie avec une certaine excellence, par exemple en l'évaluant en permanence, en la pensant, en s'efforçant de trouver des principes pour la guider. On pourrait inverser la formulation du sujet, et demander s'il est possible de bien vivre sans pratiquer la philosophie : c'est en effet la nécessité du lien entre la philosophie et la vie bonne qui est ici mis en question : la philosophie est-elle indispensable à la vie bonne, si bien qu'il serait illusoire d'espérer bien vivre sans la pratiquer ? Cette question est problématique, car elle suppose, si on y répond par l'affirmative, que la vie de tous ceux qui ne pratiquent pas la philosophie ne peut prétendre à l'excellence. Qu'est-ce qui fonderait cette prétention de la philosophie à savoir, seule, comment gouverner sa vie pour que celle-ci soit bonne ?

« pertinemment que le souverain bien est à notre portée et facile à se procurer et que le mal extrême, ou bien ne durepas longtemps, ou bien ne nous cause qu'une peine légère (...). Médite, par conséquent, toutes ces choses et celles qui sont de même nature. Médite-les jour et nuit, à part toi etavec ton semblable. Jamais alors, ni en état de veille ni en songe, tu ne seras sérieusement troublé, mais tu vivrascomme un dieu parmi les hommes. Car celui qui vit au milieu de biens impérissables ne ressemble en rien à un êtremortel. » Une première partie peut examiner la conception pratique de la philosophie qu'ont certaines écoles antiques –l'épicurisme par exemple, mais aussi le stoïcisme. La pratique de la philosophie est alors explicitement conçue commeune condition nécessaire à l'accession à la vie bonne, car c'est elle qui permet le juste exercice de la raison quipermettra à l'homme d'avoir le meilleur rapport possible au monde et d'atteindre le bonheur et l'excellence dans laconduite de sa vie. Si l'on ne philosophe pas, on ne peut pas atteindre ce juste rapport au monde et on ne peut pasbien vivre. Il faut souligner à ce titre le fait que l'expression « bien vivre », pour les anciens, ne désigne passeulement un bonheur individuel, mais aussi une haute qualité morale, comprenant par exemple la justice, la vertu :tous ces domaines de la vie sont étroitement liés les uns aux autres. * Est-ce bien l'excellence de la conduite de la vie que la philosophie permet d'atteindre ? Kant « Le domaine de la philosophie se ramène aux questions suivantes : 1) Que puis-je savoir ? 2) Que dois-je faire ? 3) Que m'est-il permis d'espérer ? 4) Qu'est-ce que l'homme ? à la première question répond la métaphysique, à la seconde la morale, à latroisième la religion, à la quatrième l'anthropologie. Mais au fond, on pourraittout ramener à l'anthropologie, puisque les trois premières questions serapportent à la dernière. Car sans connaissances on ne deviendra jamais philosophe, mais jamais nonplus les connaissances ne suffiront à faire un philosophe, si ne vient s'yajouter une harmonisation convenable de tous les savoirs et de toutes leshabiletés jointes à l'intelligence de leur accord avec les buts les plus élevésde la raison humaine. De façon générale, nul ne peut se nommer philosophe s'il ne peut philosopher. Mais on n'apprend à philosopher quepar l'exercice et par l'usage qu'on fait soi-même de sa propre raison. Comment la philosophie se pourrait-elle, même à proprement parler, apprendre ? En philosophie, chaque penseurbâtit son oeuvre pour ainsi dire sur les ruines d'une autre ; mais jamais aucune n'est parvenue à devenir inébranlableen toutes ses parties. De là vient qu'on ne peut apprendre à fond la philosophie, puisqu'elle n'existe pas encore.Mais à supposer même qu'il en existât une effectivement, nul de ceux qui l'apprendraient ne pourrait se direphilosophe, car la connaissance qu'il en aurait demeurerait subjectivement historique. Il en va autrement en mathématiques. Cette science peut, dans une certaine mesure, être apprise ; car ici, lespreuves sont tellement évidentes que chacun peut en être convaincu ; et en outre, en raison de son évidence, ellepeut être retenue comme une doctrine certaine et stable.Celui qui veut apprendre à philosopher doit, au contraire, considérer tous les systèmes de philosophie uniquementcomme une histoire à l'usage de la raison et comme des objets d'exercice de son talent philosophique. Car la science n'a de réelle valeur intrinsèque que comme instrument de sagesse. Mais à ce titre, elle lui est à cepoint indispensable qu'on pourrait dire que la sagesse sans la science n'est que l'esquisse d'une perfection à laquellenous n'atteindrons jamais. Celui qui hait la science mais qui aime d'autant plus la sagesse s'appelle un misologue. La misologie naîtordinairement d'un manque de connaissance scientifique à laquelle se mêle une certaine sorte de vanité. Il arrivecependant parfois que certains tombent dans l'erreur de la misologie, qui ont commencé par pratiquer la scienceavec beaucoup d'ardeur et de succès mais qui n'ont finalement trouvé dans leur savoir aucun contentement. La philosophie est l'unique science qui sache nous procurer cette satisfaction intime, car elle referme, pour ainsi »

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