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Faut-il renoncer à connaître le vivant ?

Publié le 05/11/2009

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La seconde caractéristique des êtres vivants est qu’ils apparaissent comme des « machines qui se construisent elles-mêmes «. En effet, il existe chez les êtres vivants des processus d’auto construction, d’autoréparation, comme la cicatrisation d’une blessure, par exemple. C’est ce que Jacques Monod nomme la morphogenèse autonome. Enfin, l’invariance reproductive, constituant le dernier caractère spécifique du vivant, désigne le pouvoir de reproduire, de génération en génération, l’information génétique correspondant à la structure, très complexe, de l’être vivant. L’universalité du code génétique constitue une propriété étonnante des êtres vivants. On pourrait objecter que la biologie mécaniste n’est toutefois pas entièrement convaincante dans la mesure où l’on ne peut comprendre, dans ce cas, comment se produit une évolution créatrice, c’est-à-dire comment l’information transmise peut s’accroître et se complexifier au cours du temps.

« Jacques Monod, penseur mécaniste contemporain.

Dans Le hasard et la nécessité , ce dernier en distingue trois : la téléonomie, la morphogenèse autonome et l'invariance reproductive.

En effet, selon lui, le propre des êtres vivantsest tout d'abord d'être des « objets doués d'un projet », ce qu'il désigne par le mot « téléonomie ».

Ce qui faitl'unité d'un organisme, d'un organe, c'est un projet ou un ensemble de projets ; alors que les machines témoignentd'un projet extérieur, qui est celui du mécanicien les ayant conçues, les projets d'un organisme sont immanents à sastructure.

On voit ici à quel point la biologie ne peut se passer de la finalité, car il s'agit bien de ce concept que l'onreprend sous le néologisme de « téléonomie ». La seconde caractéristique des êtres vivants est qu'ils apparaissent comme des « machines qui se construisent elles-mêmes ».

En effet, il existe chez les êtres vivants des processus d'auto construction, d'autoréparation, commela cicatrisation d'une blessure, par exemple.

C'est ce que Jacques Monod nomme la morphogenèse autonome.

Enfin,l'invariance reproductive, constituant le dernier caractère spécifique du vivant, désigne le pouvoir de reproduire, degénération en génération, l'information génétique correspondant à la structure, très complexe, de l'être vivant.L'universalité du code génétique constitue une propriété étonnante des êtres vivants.

On pourrait objecter que labiologie mécaniste n'est toutefois pas entièrement convaincante dans la mesure où l'on ne peut comprendre, dansce cas, comment se produit une évolution créatrice, c'est-à-dire comment l'information transmise peut s'accroître etse complexifier au cours du temps. Après avoir mieux cerné ce qu'est le vivant, qui semble présenter malgré tout une spécificité qui le distingue de l'inerte, la question qui se pose est celle des conditions de sa connaissance.

Est-il possible de connaître le vivant ?De quelle manière ? Quels obstacles s'opposent à cette connaissance et peut-on les surmonter ? Qui dit connaître, en tant que scientifique, entend par là une connaissance certaine, c'est-à-dire objective, fondée, universelle, donc acceptable par tout être doué de raison.

Ainsi, le postulat d'objectivité est nécessaire à lascience ; car « le postulat d'objectivité est consubstantiel à la science […] il est impossible de s'en défaire, fût-ceprovisoirement, ou dans un domaine limité, sans sortir de la science elle-même », explique Jacques Monod dans Le hasard et la nécessité (Chapitre 1, « D'étranges objets »).

Le postulat d'objectivité exclut en effet la croyance qui n'est qu'une simple conviction, subjective, soumise à l'affectivité, et amène vers la certitude, objective.

On peut ledéfinir comme le fait de rejeter systématiquement toute explication d'un phénomène en faisant appel à des causesfinales, à des « projets ».

Il cherche à exprimer uniquement ce qui vient de l'objet et ne peut être faussé par despréjugés, des interprétations erronées, des jugements faussés, des illusions, des opinions, des croyances ou dessuperstitions, bref tout ce qui peut faire obstacle à la connaissance vraie.

Il s'agit là d'une condition nécessaire à laquête de la vérité, et on comprend à quel point il représente « la pierre angulaire de la méthode scientifique », selonl'expression de Jacques Monod, dans le même ouvrage.

Remettre en question ce principe d'objectivité reviendraitsans doute à questionner le fondement lui-même de la science et de la vérité.

Pour qu'un domaine entre dans ceque Kant appelle « la route sûre de la science » ( Seconde préface à la Critique de la Raison Pure ), il lui faut donc respecter ce principe d'objectivité. Or, on a vu que les êtres vivants possèdent trois caractères spécifiques, donc la téléonomie, qui recouvre en réalité le concept de finalité, puisque objectivement, nous devons reconnaître ce caractère téléonomique des êtresvivants.

Force est d'admettre que « dans leurs structures et performance, ils réalisent et poursuivent un projet »(Jacques Monod, Le hasard et la nécessité ).

Nous voici donc confrontés à un problème apparemment insoluble, puisque la finalité semble introduire un réel scandale épistémologique.

Il y a là, semble-t-il, un paradoxeinsurmontable, une contradiction : d'un côté, la science ne peut se passer du postulat d'objectivité ; de l'autre, cedernier semble incompatible avec les caractéristiques des êtres vivants.

Alors la biologie ne peut-elle être unescience ? L'étude du vivant est-elle condamnée à rester du domaine de la simple croyance, sans posséder un accèsà la vérité, à la certitude ? Est-il impossible de connaître réellement le vivant ? La théorie de la connaissancesuppose qu'il y a nécessairement une solution à ce problème, même s'il semble insoluble, car soit ce paradoxe n'estqu'apparent, soit il est réel, et dans ce cas il est impossible de connaître le vivant.

Si l'on suppose que la téléonomieest le moteur de l'évolution, cela suppose l'abandon du principe d'objectivité.

La théorie actuelle est donc lasuivante : toutes les propriétés des êtres vivants reposent en réalité sur l'invariance, les informations étanttransmises de génération en génération grâce à un mécanisme fondamental de conservation moléculaire, grâce àdes phénomènes comme la réplication de l'ADN, la transcription, la traduction.

Ainsi, l'évolution ne constitue pas unepropriété des êtres vivants, mais uniquement une conséquence des imperfections du mécanisme, de nouveauxallèles (nouvelles formes) des gènes étant créés par des erreurs lors d'une des étapes de conservation moléculaire.Mais cette théorie n'est-elle pas un simple subterfuge s'adaptant au problème du postulat d'objectivité ?. »

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