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Faut-il vouloir contrôler sa vie ?

Publié le 26/02/2004

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Mais voici ce qui est beau et juste suivant la nature, je te le dis en toute franchise, c'est que, pour bien vivre, il faut laisser prendre à ses passions tout l'accroissement possible, au lieu de les réprimer, et, quand elles ont atteint toute leur force, être capable de leur donner satisfaction par son courage et son intelligence et de remplir tous ses désirs à mesure qu'ils éclosent. [...] La vérité, que tu prétends chercher, Socrate, la voici : le luxe, l'incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force constituent la vertu et le bonheur. » PLATON, Gorgias, 492b-c. La volonté contraignante est ici condamnée au profit des passions qui doivent pouvoir s'épanouir afin de rendre l'homme heureux. L'introduction de contraintes dans la vie humaine, conséquence de la volonté de contrôle, loin de permettre une existence heureuse en est bien plutôt un obstacle.   Transition : La liberté illimitée et les bénéfices qu'elle semble apporter à l'espèce humaine remettent en cause le caractère souhaitable du contrôle de la vie.   Deuxième partie : Les limites de l'absence de contrôle.   2.1 La liberté illimitée devient une liberté d'indifférence.   « Car elle [la volonté] consiste seulement en ce que nous pouvons faire une chose, ou ne la faire pas (c'est-à-dire affirmer ou nier, poursuivre ou fuir) ; ou plutôt seulement en ce que, pour affirmer ou nier poursuivre ou fuir les choses que l'entendement nous propose, nous agissons en telle sorte que nous ne sentons point qu'aucune force extérieure nous y contraigne.

Les notions importantes de ce sujet sont la volonté et le contrôle. Pour bien comprendre de quoi il s’agit ici il faut commencer par leur définition. Le contrôle peut se définir comme étant la mise en place de limites ou règles permettant d’ordonner une action. La volonté est de prime bord une tension vers, elle est le moteur de l’action ; elle est la force qui permet la réalisation d’un projet. La volonté de contrôle de l’existence de chacun consiste à régler son domaine d’action. L’individu limite son pouvoir, il ne peut pas tout faire, sa liberté se trouve contrainte. Le fait de régler sa vie via le respect de certaines normes permet en même temps à l’individu de se reconnaître au sein de son existence. En effet il devient alors un acteur raisonnable donnant sens à sa vie. Cependant si en théorie le contrôle de sa vie est préférable voire nécessaire sans quoi la vie elle-même perd son sens, en pratique le contrôle de sa vie n’est pas toujours possible. Les passions, les actions instantanées, sans plan d’action, sont les exemples de potentiels dérèglements pouvant advenir au sein de l’existence humaine. La volonté elle-même de contrôle ou de régulation se trouve limitée par la nature de son champ d’application. Un autre problème est celui du conflit possible entre la volonté et la liberté, en pratique et en théorie. Est-ce que la limitation de mon champ d’action doit être perçue comme une limitation de ma liberté ? Pour répondre à ces différents problèmes nous procéderons en trois étapes. La première consiste à envisager la possibilité d’une liberté illimitée qui remettrait en cause la possibilité du contrôle de sa vie. La deuxième étape tend à souligner les limites de cette première conception de la liberté, a-t-elle vraiment un sens et si oui lequel ? Enfin nous tenterons de rendre compatible la sauvegarde de la liberté et la volonté de la contraindre.

« « Car elle [la volonté] consiste seulement en ce que nous pouvons faire une chose, ou ne la faire pas (c'est-à-dire affirmer ou nier, poursuivre oufuir) ; ou plutôt seulement en ce que, pour affirmer ou nier poursuivre ou fuirles choses que l'entendement nous propose, nous agissons en telle sorte quenous ne sentons point qu'aucune force extérieure nous y contraigne.

Car, afinque je sois libre, il n'est pas nécessaire que je sois indifférent à choisir l'un oul'autre des deux contraires […] cette indifférence que je sens, lorsque je nesuis point emporté vers un côté plutôt que vers un autre par le poidsd'aucune raison, est le plus bas degré de la liberté, et fait plutôt paraître undéfaut dans la connaissance qu'une perfection dans la volonté.

» DESCARTES, Méditations métaphysiques , IV p88. La première partie a mis en exergue une certaine liberté, la liberté illimitée qui est en même temps indéterminée.

Or il s'avère que loin d'être laseule expression de la liberté elle en est bien plutôt la plus pauvre.

Par voiede conséquence le contrôle de notre existence, via le respect de certainesrègles, ne fait pas obstacle à la liberté en général mais seulement à la libertéindéterminée. 2.2 Le contrôle, entendu comme détermination, est inhérent à toute action. « Il ne faut pas s'imaginer cependant que notre liberté consiste dans une indétermination ou dans une indifférence d'équilibre ; comme s'il fallait être incliné également du côté du oui etdu non, et du côté des différents partis, lorsqu'il y en a plusieurs à prendre.

Cet équilibre en tout sens estimpossible ; car si nous étions également portés pour les parties A, B et C, nous ne pourrions pas être égalementportés pour A et pour non A.

Cet équilibre est aussi absolument contraire à l'expérience, et, quand on s'examinera,l'on trouvera qu'il y a toujours eu quelque cause ou raison qui nous a incliné vers le parti qu'on a pris, quoique biensouvent on ne s'aperçoive pas de ce qui nous meut ; tout comme on ne s'aperçoit guère pourquoi, en sortant d'uneporte, on a mis le pied droit avant le gauche, ou le gauche avant le droit.

» LEIBNIZ, Essais de théodicée , I §35 Transition : La question de savoir s'il faut ou non vouloir contrôler sa vie, la régler, la limiter, la contraindre, trouve ici une réponse : l'action humaine est la plupart du temps déterminée.

En ce sens le contrôle de notreexistence s'impose à nous.

Il s'agit à présent de mettre en évidence la compatibilité entre la liberté et le contrôle oula contrainte. Troisième partie : La relation nécessaire entre la liberté et le contrôle.

3.1 La contrainte est une composante essentielle de la liberté.

« La vertu est la force des maximes de l'homme dans l'accomplissement de son devoir.- Toute force n'est reconnue que par les obstacles qu'elle peut vaincre ; dans le cas de la vertu ces obstacles sont les penchantsnaturels qui peuvent entrer en conflit avec la résolution éthique et, puisque c'est l'homme lui-même qui oppose cesobstacles à ses maximes, la vertu n'est pas seulement une contrainte personnelle ( car on pourrait alors chercher àvaincre un penchant naturel par un autre), mais encore une contrainte suivant un principe de la liberté intérieure,par conséquent suivant la simple représentation de son devoir d'après la loi formelle de celui-ci.

» KANT, Doctrine de la vertu , introduction IX p66.Loin d'opposer liberté et contrainte Kant les met en relation.

Il n'y a de liberté que parce qu'il y a contrainte. La liberté doit être orientée, contrôlée, pour avoir un sens. 3.2 Le contrôle comme contrainte morale et non physique.. »

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