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Gaston Bachelard et la polémicité de l'observation scientifique

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Déjà l'observation scientifique est toujours une observation polémique ; elle confirme ou infirme une thèse antérieure, un schéma préalable, un plan d'observation ; elle montre en démontrant ; elle hiérarchise les apparences ; elle transcende l'immédiat ; elle reconstruit le réel après avoir reconstruit ses schémas. Naturellement, dès qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments, produit sur le plan des instruments. Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toutes part la marque théorique. Gaston Bachelard

Pourquoi, selon Bachelard, l'observation scientifique est-elle toujours une observation « polémique « ? En quoi l'emploi de l'adjectif « polémique « se justifie-t-il ici ?

Qu'est-ce qui justifie dans le texte que l'observation scientifique « montre en démontrant « ?

Que signifie « elle transcende l'immédiat « ?

Que signifie « reconstruire le réel « ? s'agit-il de le produire ou de le reproduire ?

Pourquoi peut-on dire, selon Bachelard, que dans « l'expérimentation «, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore « ?

Quelle est l'importance (pour la compréhension de texte) de « or « dans la phrase « or les instruments ne sont que des théories matérialisées « ?

En quoi peut-on dire que les instruments ne sont que des théories matérialisées ? Ne sont-ils que cela ?

Que signifie « des phénomènes qui portent ... 1 a marque théorique « ?

En quoi peut-on dire que, dans l'expérimentation, le phénomène est « produit « ?

Ce texte est-il destiné à « examiner « les relations observation-expérimentation scientifiques ou bien cette réflexion est-elle subordonnée à un autre enjeu ? Si oui, lequel ?

En quoi peut-on dire alors que ce texte présente « un intérêt philosophique « ?

« En fait, les crises de croissance de la pensée impliquent une refonte totale du système de savoir. Il suffit, pour s'enconvaincre, de citer par exemple : le passage de la théorie mécanique de Newton, qui était, pourtant, bien assise, àla théorie de la relativité qui remit tout en cause et qui suscita des questions qu'on ne pouvait même pas imagineravant. La théorie de Newton était un système bien homogène, qui avait permis d'unifier les lois planétaires de Képleret la loi de la chute des corps de Galilée en expliquant le trajet elliptique des planètes autour du soleil comme unechute indéfiniment retardée. Cette théorie rendait compte de phénomènes divers, comme la variation de lapesanteur selon la latitude, ou encore le mouvement des marées. Or , c'est précisément ce pouvoir d'unification etd'explication qui peut séduire le savant et arrêter son questionnement. L'esprit scientifique exige donc le doutel'anxiété, le refus de toute certitude : « Préciser, rectifier, diversifier, ce sont là des types de pensées dynamiquesqui s'évadent de la certitude et de l'unité et qui trouvent dans les systèmes homogènes plus d'obstacles qued'impulsions. »Si donc l'homme animé par l'esprit scientifique désire savoir, c'est pour mieux interroger aussitôt. En fait, toutethéorie scientifique qui règne longtemps finit par le devenir trop familière et se charge d'un concept psychologiquetrop lourd. Autrement dit, elle amasse trop d'images, de métaphores, et perd peu à peu « son vecteur d'abstraction,sa fine pointe abstraite ».BACHELARD débusque « les obstacles épistémologiques », autrement dit, tout ce qui fait obstacle à la formation etau développement de l'esprit scientifique : l'expérience immédiate, la connaissance générale, le recours à desimages, la volonté de rechercher un principe d'explication unique (connaissance unitaire et pragmatique), lasubstantialisation (qui consiste à attribuer à un même objet des qualités occultes et intimes : on parla, par exemple,de la vertu « dormitive » de l'opium), l'animisme (par exemple comparer la terre au corps humain, ou appliquer leconcept de maladie aux objets matériels), la libido (sexualisation latente dans d'immenses domaines de la recherche,en particulier dans la pharmacopée du XVIII ième et dans les recherches électriques de la mêmes époque).Le dernier obstacle, le plus inattendu et même le plus paradoxal, est celui de la connaissance quantitative.Inattendu et paradoxal, car on oppose généralement la connaissance qualitative (connaissance pré-scientifique) àla connaissance quantitative (connaissance scientifique). Il faut, dit BACHELARD, « réfléchir pour mesurer et nonmesurer pour réfléchir » et donc se méfier des « précisions exceptionnelles » qui « prétendent épuiser d'un seul coupla détermination quantitative » d'un objet. Ce qui compte avant tout, ce sont les relations des objets entre eux. Or,lorsqu'elles sont nombreuses, l'approximation est une nécessité méthodologique.Dire que « en revenant sur un passé d'erreurs, on trouve la vérité en un véritable repentir », cela signifie que lavérité n'est pas donnée, qu'elle se construit à partir d'erreurs, qu'elle requiert des ruptures permanentes avec lesavoir déjà acquis, mais aussi avec des manières de penser, qu'elle exige même une réforme de l'esprit, une véritablecatharsis : il s'agit d'épurer l'esprit de ses images, de ses fantasmes, de ses complaisances pour l'intuition première.La vocation scientifique exige un renoncement complet à tout ce qui est de l'ordre de la subjectivité humaine. Le mérite de BACHELARD, c'est d'avoir montré la positivité de l'erreur, d'avoir souligné fortement que le vrai nes'oppose pas au faux, comme la lumière aux ténèbres. La science ne peut progresser que sur fond de crise. Tout cequi est décisif ne naît que malgré ou contre. La raison doit refuser toute prétendue vérité définitive, toute maturitéintellectuelle qui ne sont que des obstacles sur la voie de la connaissance. Crises, subversions, mutations, tels sontles maîtres mots de l'épistémologie bachalardienne qui est la réponse adéquate à la révolution einsteinienne enphysique. « ... Devant le réel le plus complexe, si nous étions livrés à nous-mêmes c'est du côté du pittoresque, dupouvoir évocateur que nous chercherions la connaissance; le monde serait notre représentation. Parcontre si nous étions livrés tout entiers à la société, c'est du côté du général, de l'utile, du convenu quenous chercherions la connaissance; le monde serait notre convention. En fait la vérité scientifique est uneprédiction, mieux une prédication. Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvellescientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expériencedans une vérification: le monde scientifique est donc notre vérification. Au-dessus du sujet, au delà del'objet immédiat la science moderne se fonde sur le projet. Dans la pensée scientifique la méditation del'objet par le sujet prend toujours la forme du projet.[...] Déjà l'observation a besoin d'un corps de précautions qui conduisent à réfléchir avant de regarder, quiréforment du moins la première vision de sorte que ce n'est jamais la première observation qui est labonne. L'observation scientifique est toujours une observation polémique; elle confirme ou infirme unethèse antérieure.Naturellement dès qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de laconnaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans lemoule des instruments... Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort desphénomènes qui portent de toute part la marque théorique.. » Gaston BACHELARD (introduction) (Explication et commentaire) « ... Si nous étions livrés à nous mêmes, c'est du côté du pittoresque, du pouvoir évocateur que nous chercherionsla connaissance; le monde serait notre représentation.» La connaissance immédiate, préscientifique n'est pas une »

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