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HEGEL: Beauté naturelle et beauté spirituelle

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D'après l'opinion courante, la beauté créée par l'art serait même bien au-dessous du beau naturel, et le plus grand mérite de l'art consisterait à se rapprocher, dans ses créations, du beau naturel. S'il en est vraiment ainsi, l'esthétique, comprise uniquement comme science du beau artistique, laisserait en dehors de sa compétence une grande partie du domaine artistique. Mais nous croyons pouvoir affirmer, à l'encontre de cette manière de voir, que le beau artistique est supérieur au beau naturel, parce qu'il est un produit de l'esprit. L'esprit étant supérieur à la nature, sa supériorité se communique également à ses produits, et, par conséquent, à l'art. C'est pourquoi le beau artistique est supérieur au beau naturel. Tout ce qui vient de l'esprit est supérieur à ce qui existe dans la nature. La plus mauvaise idée qui traverse l'esprit d'un homme est meilleure et plus élevée que la plus grande production de la nature, et cela justement parce qu'elle participe de l'esprit et que le spirituel est supérieur au naturel. HEGEL

Depuis l’antiquité notamment à travers les œuvres de Platon et Aristote, l’art et le beau, le travail de l’artiste, est compris comme devant imiter la nature, cette dernière étant il modèle de perfection. Or dans cet extrait de l’Esthétique, Hegel développe une nouvelle conception du champ de l’esthétique et plus exactement du beau. Pour cela, il nous propose de considérer le rapport entre la beauté artistique et la beauté naturelle. La question prend sens ici au sein de l’idéalisme absolu de Hegel empreint ici de platonisme. Mais la question n’est pas exactement là. Si Hegel est un héritier de certaine conception, il n’en reste pas moins qu’à travers cet extrait Hegel nous propose une conception spécifique et propre à sa philosophie de ce qu’est l’art et le beau. Dès lors en suivant les moments argumentatif du texte on peut observer le renversement que produit Hegel que l’on peut comprendre le développement trois moments : premièrement le fait que l’art n’est pas une imitation de la nature, que l’esprit marque sa supériorité sur la nature, donc que le beau artistique est la manifestation de l’Esprit. Autrement dit, le texte répond à la question qu’est-ce que le beau et cela à travers trois autre question : l’art est-il imitation de la nature ? En quoi l’esprit est supérieur à la nature ? Et de là quelles conséquences pour le beau artistique notamment en vue d’une science du beau ? C’est suivant ces trois moments que nous entendons rendre compte du texte.

« nature ? En quoi l'esprit est supérieur à la nature ? Et de là quelles conséquences pour le beau artistique notammenten vue d'une science du beau ? C'est suivant ces trois moments que nous entendons rendre compte du texte. I – L'art n'est pas imitation de la nature 1ère partie du texte : « D'après l'opinion courante, la beauté créée par l'art serait même bien au-dessous du beau naturel, et le plus grand mérite de l'art consisterait à se rapprocher, dans ses créations, du beau naturel. S'il en estvraiment ainsi, l'esthétique, comprise uniquement comme science du beau artistique, laisserait en dehors de sacompétence une grande partie du domaine artistique. » a) Dans le début de cet extrait, Hegel entend aller contre une idée communément admise qui voudrait que le beau artistique soit inférieur au beau naturel. Il y aurait donc une hiérarchie entre le beau naturel et le beau artistique. Orsi Hegel ne nie pas l'existence d'un tel rapport hiérarchique c'est bien qu'il entend le renverser et reverser cetteopinion commune. Mais suivant cette croyance en la supériorité de la nature dans l'art relativement à la beauté,alors l'artistique ne devrait chercher qu'à tendre à retrouver dans ses œuvres cette beauté primitive et originaire.L'artiste devrait donc copier la nature et cela de la meilleure façon possible comme Zeuxis ou Praxeas. Cependant, ilne faut pas se méprendre sur le sens à donner à cette « opinion courante » : elle ne concerne pas directementl'opinion comprise comme le sens commun mais fait surtout référence à des opinions ayant une certaine consistancedans l'histoire que la conception du beau donc de l'esthétique en tant que science. Et dès lors, on peut voirdirectement sous cette opinion courante celle de Platon ou plutôt celle d'Aristote dans la Poétique qui voudrait que l'art soit une imitation de la nature. b) Dès lors l'art du beau devrait se contenter d'imiter la nature et rien de plus. L'art consisterait à copier la nature,à la reproduire, à refaire habilement ce qui existe déjà dans le monde extérieur, de prendre la nature pour modèle. Orpour Hegel , le principe de l'imitation est irrecevable, il en met en évidence le caractère absurde et ne saisit pas la profondeur de l'art. Pourquoi reproduire une seconde fois ? Cela ne serait-il pas superflue et présomptueux. L'artpeut difficilement rivaliser avec la nature et reste en deçà d'elle. Effectivement, Si elle ne fait que imiter, l'art nepeut produire que des chefs-d'œuvre de la technique, jamais des œuvres d'art. L'art ne représente pas la nature, iln'est pas non plus un reflet du réel. En effet, si l'art doit devenir une science esthétique à part entière ce doit en cedéveloppant dans son propre champ et non en tentant vainement de reproduire la nature. Dans le cas del'imitation : la reproduction serait source de plaisir. L'art aurait seulement un but formel : celui de reproduire ce quiexiste déjà. Dans ce cas, l'art est superflu, à quoi bon puisse que nous l'avons déjà vu, ou nous le connaissons parnos proche. Efforts inutiles et présomptueux puisque l'homme serait toujours moins bien que l'original de la nature.Dans ce cas, elle n'est qu'illusion, elle n'offre qu'une apparence du réel et cela à un seul de nos sens. Dès lors, nousn'avons même pas la sensation d'une réalité vivante ou d'une vie réelle si l'art se contente d'imiter c) Or s'il est important de parler ici de « compétence » c'est justement parce qu'art n'est pas une pâle imitation,sinon la science esthétique ne relèverait que de l'habileté : de l'habileté à reproduire. Et c'est bien ce qui est en jeupour Hegel . Quel but alors d'imiter ? S'éprouver lui-même et montrer son habileté technique et se réjouir d'avoir fabriqué une chose ayant une apparence naturelle . Il s'agit de la production d'un artifice. Le problème est alorscelui de l'ennui et du mécontentement, ou plus exactement celui du solipsisme. Cependant, s'il doit y avoir joie c'estplutôt dans la reconnaissance de la production de quelque chose de bien à soi comme un outil ou un navire, et nonune simple imitation. En effet, en entrant en rivalité avec la nature, on se livre à un artifice sans valeur et c'est bience que l'on peut voir avec l'histoire de Zeuxis et Praxeas. Et comme le dit Hegel l'imitation : « un ver faisant desefforts pour ressembler à un éléphant ». Or la destination de l'art est celle qui lui est commune avec la religion et laphilosophie : elle est un mode d'expression du divin, des besoins et exigences les plus élevés de l'esprit. Transition : Ainsi contrairement à l'opinion courante, la beauté créée par l'art n'est pas en dessous du beau nature mais bien lecontraire. L'art ne consiste pas à imiter ou copier la nature. L'art en tant que science du beau n'est pas unecompétence d'habileté mais bien plutôt celle de la création et plus exactement la manifestation de l'esprit. II – Supériorité de l'esprit sur la nature 2nd partie du texte : « Mais nous croyons pouvoir affirmer, à l'encontre de cette manière de voir, que le beau artistique est supérieur au beau naturel, parce qu'il est un produit de l'esprit. L'esprit étant supérieur à la nature, sasupériorité se communique également à ses produits, et, par conséquent, à l'art. C'est pourquoi le beau artistiqueest supérieur au beau naturel. » a) Dans cette seconde partie du texte, Hegel évoque clairement la thèse qu'il entend défendre à savoir que le beau artistique est supérieur au beau nature et cela parce qu'il est un produit de l'esprit. En effet, le beau naturelest l'immédiatement là tandis que le beau artistique est issu de l'esprit et c'est bien ce qui fait la différenceessentielle entre ces deux beaux. Plus exactement si le beau artistique est supérieur c'est parce qu'il manifeste laprésence de l'esprit à soi. C'est-à-dire que l'Esprit y est à l'œuvre de manière consciente. Ce beau se déploie alorsdans une sphère d'indépendance. En ce sens si l'on prend l'exemple de Phidias il ne trouvent pas leurs modèlesachevés dans les corps naturels bien au contraire. Il nous ouvrent les yeux sur la beauté de la nature. Et c'estencore en ce sens que l'esprit est supérieur à la nature, parce que la nature présuppose l'esprit. Ici Hegel produitdonc un cercle de l'idéalisme absolu. »

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