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HUME et l'identité personnelle - Où le "moi" ?

Publié le 17/04/2009

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hume
Il y a certains philosophes qui imaginent que nous avons à tout moment la conscience intime de ce que nous appelons notre moi ; que nous sentons son existence et sa continuité d'existence ; et que nous sommes certains, plus que par l'évidence d'une démonstration, de son identité et de sa simplicité parfaites. Pour ma part, quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi, je bute toujours sur une perception particulière ou sur une autre, de chaud ou de froid, de lumière ou d'ombre, d'amour ou de haine, de douleur ou de plaisir. Je ne peux jamais me saisir, moi, en aucun moment sans une perception et je ne peux rien observer que la perception. Quand mes perceptions sont écartées pour un temps, comme par un sommeil tranquille, aussi longtemps, je n'ai plus conscience de moi et on peut dire vraiment que je n'existe pas. Si toutes mes perceptions étaient supprimées par la mort et que je ne puisse ni penser ni sentir, ni voir, ni aimer, ni haïr après la dissolution de mon corps, je serais entièrement annihilé et je ne conçois pas ce qu'il faudrait de plus pour faire de moi un parfait néant. Si quelqu'un pense, après une réflexion sérieuse et impartiale, qu'il a, de lui-même, une connaissance différente, il me faut l'avouer, je ne peux raisonner plus longtemps avec lui.HUME
Hume défend ici l’idée selon laquelle on ne peut être conscient de son « moi « que par des sensations, par l’ensemble des perceptions que le monde nous offre et qui nous donnent le sentiment d’exister, et non, comme l’affirment de nombreux philosophes, comme quelque chose dont « nous sommes à chaque instant intimement conscient «, dont l’identité peut être affirmée sans démonstration.
Dans un premier temps (l.1 à 5), Hume présente l’opinion de certains philosophes qui imaginent qu’à chaque instant de notre existence nous avons conscience de notre moi, de son identité et de sa simplicité, et par conséquent qu’il aurait une existence perpétuelle. Ensuite (l. 5 à 10) on trouve clairement la thèse de l’auteur, il réfute l’opinion de ces philosophes en nous exposant son point de vu grâce à ces différentes analyses et doutes qu’il a pu observer en s’attachant à sa propre personne, ainsi le moi pose interrogation et ne semble pas si simple que cela. Il en arrive ,enfin, au fait que le moi est intiment relié à nos perceptions. Puis (l. 10 à 17) Hume évoque le sommeil ainsi que la mort, soit deux états qui contredisent l’une des idées premières évoquées au tout début comme quoi le moi est perpétuel, autrement dit qu’il a « une continuité d’existence «. Pour terminer (l. 17 à la fin) il nous montre que ses idées sont vraiment une certitude… pour lui puisque si quelqu’un pense avoir une notion différente du lui même après avoir réfléchi à tout cela sérieusement et sans préjugé il ne pourra s’entretenir avec lui. 

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