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La connaissance doit-elle obéir à la raison ?

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Faut-il en tout cela valoriser plus particulièrement l'objectif par rapport au subjectif ? Le réel n'est pas le fondement unique de toute connaissance, ainsi la seule présence des choses ne peut suffire pour définir la connaissance. Ne produisons-nous pas nous-mêmes nos idées ? On peut donc se poser la question critique, celle du critère, grâce auquel on reconnaît la connaissance véritable. Faut-il privilégier son caractère universel et abstrait, ou singulier et concret ? Serait-ce son utilité ou son efficacité pratiques ? Ou est-ce plutôt sa valeur ? Ou encore le rapport harmonieux qui peut s'instaurer entre nos facultés subjectives ? Diverses vérités ou formes de vérité, relativement arbitraires, guident notre existence ; ne sommes-nous pas obligés d'avouer leur fragilité, et de ce fait notre ignorance ? D'autant plus que chaque forme de savoir est limitée par sa nature même : elle ne sait que ce qu'elle peut savoir.

« Deuxième partie : La connaissance convoque-t-elle, selon ses objets, une faculté particulière, qui n'est pas nécessairement la raison ? La perspective étudiée dans cette deuxième partie prend pour point de départ les objets de la connaissance. Il s'agit de tester l'hypothèse selon laquelle la nature des objets détermine la faculté la plus adaptée pour accéder àleur connaissance. Les sources de cette hypothèse sont la limitation du pouvoir de la raison rendue nécessaire parsa prétention à vouloir tout connaître. Ainsi Pascal, à de nombreuses reprises dans ses Pensées tend à rappeler la faiblesse de la raison. « La dernière démarche de la raison est de reconnaître qu'il y a une infinité de choses qui lasurpassent ; elle n'est que faible, si elle ne va jusqu'à connaître cela. » Cette conception de la raison remet encause son statut de faculté supérieure. Certes elle possède un rôle essentiel dans le processus de connaissance,mais elle a une tendance à vouloir abuser de son pouvoir, ce qui peut égarer l'esprit. La dénonciation de l'orgueil dela raison invite aussi à examiner les autres sources de connaissance. Si la raison s'égare quand elle outrepasse son domaine d'investigations, cela peut signifier que la connaissance des choses ne passe pas nécessairement par la faculté rationnelle et que d'autres facultés peuventparaître plus appropriées selon les cas. Ainsi selon Hume la raison prétend être à l'origine de la notion de causalité.Or il démontre que, loin d'être issue de la raison, la causalité est née de l'expérience répétée, de l'habitude de voirassocier deux événements. La raison ne peut connaître le réel par elle seule : « notre raison ne peut, sans l'aide del'expérience, jamais tirer une conclusion au sujet d'une existence réelle et d'un fait. » ( Enquête sur l'entendement humain , IV).Afin de sortir de l'écueil de la raison imparfaite, on pourrait considérer qu'à chaque objet de connaissance correspond une faculté appropriée. La raison aurait pour objets, des idées dépassant le cadre de l'expérience. Lasensibilité, quant à elle, serait la faculté privilégiée pour appréhender les objets de l'expérience. La remise en causede la suprématie de la raison va donc de pair avec la réhabilitation de la sensibilité. Il s'ensuit que la connaissancene doit pas toujours obéir à la raison, selon la nature des objets à connaître la sensibilité peut être la faculté la plusappropriée. Trois interrogations naissent de cette affirmation et plus précisément du cloisonnement entre les facultés. Au lieu de s'opposer, ne sont-elles pas complémentaires ? D'autre part, la sensibilité à elle seule peut-elle nous faireaccéder à des connaissances vraies et universelles, n'est-elle pas qu'une étape dans le processus de connaissance,nécessaire certes concernant les objets de l'expérience, mais non suffisante ? Enfin l'esprit humain peut-il êtreconçu comme étant divisé entre différentes facultés n'entretenant aucune relation ? Troisième partie : Une critique de la raison légitime-t-elle de lui confier les rênes de la connaissance ? Le premier problème qu'il faut résoudre concernant l'usage de la raison est la limitation de son pouvoir. Kant préconise, afin d'éviter les égarements d'une raison prétentieuse et abstruse, une critique de la raison. Qu'entend-ilpar critique ? Il s'agit de limiter son territoire, de déterminer quels objets indépendants de l'expérience elle peutconnaître, d'assainir son usage. « La mûre faculté de juger du siècle, lequel n'entend pas se laisser leurrer plus longtemps par un simulacre de savoir, et elle constitue un appel adressé à la raison pour qu'elle prenne à nouveauen charge la plus difficile de toutes les tâches, celle de la connaissance de soi, et qu'elle institue un tribunal qui lagarantisse en ses légitimes prétentions, mais tout en sachant en revanche éconduire ses présomptions sansfondements, non par des décisions autoritaires, mais en vertu de ses lois éternelles et immuables ; et ce tribunaln'est rien d'autre que la Critique de la raison pure elle-même. » Pour ce qui est des difficultés nées du cloisonnement présupposé des facultés, Kant conçoit les facultés comme étant complémentaires, la sensibilité donnant à l'entendement la matière, les données de l'expérience, qu'ildoit ensuite organiser, structurer. « L'entendement doit être considéré comme la source et la faculté de penser desrègles en général. Car de même que la sensibilité est la faculté des intuitions, de même l'entendement est la facultéde penser, c'est-dire de soumettre les représentations des sens à des règles. » ( Logique , introduction). La raison est chez Kant distincte de l'entendement, elle est la faculté des principes, autrement dit elle rend possible laconnaissance. Elle « ne se rapporte jamais directement à un objet […] n'a donc proprement pour objet quel'entendement et sa mise en œuvre conforme à une fin, et de même que celui-ci relie par des concepts le diversdans l'objet, celle-là de son côté relie par des idées le divers des concepts, en posant une certaine unité collectivecomme but aux actes de l'entendement, sans quoi ceux-ci ne sont occupés que d'unité distributive. » ( Critique de la raison pure , dialectique transcendantale, appendice). Conclusion La connaissance est une activité consistant à faire usage des facultés de l'esprit pour accéder à un savoir vrai sur les choses et les êtres. Elle doit en effet obéir à la raison, mais à condition que celle-ci n'outrepasse passes limites et effectue donc une critique de son propre pouvoir. Cela ne signifie pas qu'elle soit la seule faculté àparticiper au processus de connaissance. La sensibilité et l'entendement ont également un rôle à jouer.L'entendement est chargé d'unifier le divers reçu par le biais de la sensibilité et la raison a pour fonction d'unifier lesconcepts utilisés par l'entendement. »

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