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La connaissance est-elle possible si l'expérience sensible est sa seule source ?

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John Locke (1632-1704) écrit, dans l'Essai philosophique sur l'entendement humain : « Supposons donc qu'au commencement l'Âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'elle soit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'Homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'où puise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ? » (Locke, Essai philosophique sur l'entendement humain, Vrin, p. 60). À cette question, Locke répond : de l'expérience, origine et fondement de nos connaissances. En somme, l'esprit est originellement une table rase où l'expérience inscrit sa marque. Ce sont les sens et eux seuls qui rempliraient notre esprit d'idées que ce dernier n'avait point. David Hume, quant à lui, pratique aussi un empirisme radical : tous nos éléments psychiques et toutes nos connaissances proviennent, directement ou indirectement, de l'expérience.

La pensée n'est jamais "pure", sans lien avec nos sens, lesquels nous permettent d'entrer en contact avec la réalité. Si nos sens nous trompent, c'est l'expérience, aidée de l'entendement, qui nous le fait savoir. Mais, nos sens, notre imagination nous trompent. Afin d'accéder aux connaissances vraies, on ne peut que compter sur l'intellect. La méthode, en dehors de toute expérience, nous permet d'appréhender l'ordre et la mesure.

« l'expérience et à elle seule permet de construire une vision adéquate du réel. Deux philosophes anglais importantsrentrent dans ce courant empiriste : Locke et Hume.John Locke (1632-1704) écrit, dans l'Essai philosophique sur l'entendement humain : « Supposons donc qu'aucommencement l'Âme est ce qu'on appelle une table rase, vide de tous caractères, sans aucune idée, quelle qu'ellesoit. Comment vient-elle à recevoir des idées ? Par quel moyen en acquiert-elle cette prodigieuse quantité quel'imagination de l'Homme, toujours agissante et sans bornes, lui présente avec une variété presque infinie ? D'oùpuise-t-elle tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutes ses connaissances ?» (Locke, Essai philosophique sur l'entendement humain, Vrin, p. 60). À cette question, Locke répond : del'expérience, origine et fondement de nos connaissances. En somme, l'esprit est originellement une table rase oùl'expérience inscrit sa marque. Ce sont les sens et eux seuls qui rempliraient notre esprit d'idées que ce derniern'avait point. David Hume, quant à lui, pratique aussi un empirisme radical : tous nos éléments psychiques et toutesnos connaissances proviennent, directement ou indirectement, de l'expérience. Tout ce qu'il y a en moi, ce sont desimpressions ou leurs copies affaiblies, seuls matériaux de la pensée d'où provient la science, où s'origine laconnaissance.À fonder la connaissance seulement et uniquement sur l'expérience, ne tombe-t-on pas dans le scepticisme ? Ainsile sceptique Hume, pour qui non seulement toute connaissance commence avec l'expérience, mais aussi en dérivetout entière, en arrive-t-il à mettre en lumière les paradoxes de l'induction, passage du particulier au général àtravers les faits. La raison et l'esprit humains sont les seules origines de la connaissance.Face au scepticisme empiriste, ne faut-il pas réhabiliter le rôle de l'esprit, seule source du savoir, sans doute biendavantage que les faits ? Si l'esprit voulait se régler uniquement sur l'expérience sensible pour constituer laconnaissance, comment ne serait-il pas désarmé et impuissant ? C'est bien ce que montre le travail scientifique.Pour connaître, ne faut-il pas être bon théoricien ? Sans l'idée permettant d'organiser et de comprendre, ne seperd-on pas dans un chaos dépourvu de sens ? Platon, mais aussi Descartes, nous donnent à voir ce rationalisme, doctrine si éloignéede cet empirisme tout à l'heure décrit. Quelle est la seule et véritable source de laconnaissance pour Platon ? L'accès au monde des Idées, à l'univers des essencesintelligibles qui fondent toute connaissance et toute vérité. Qu'est-ce que connaître ?C'est dépasser le monde sensible vers des Essences, des Idées, stables, immuables,existant en soi, êtres intelligibles permettant de comprendre le réel. Grâce à l'Idée, ons'élève à l'Un et on accède à une connaissance rigoureuse et nécessaire. Qu'est-cedonc que connaître ? C'est s'élever à l'Idée grâce au pouvoir de l'esprit humain (nous)permettant de parvenir au « réellement réel ». La fécondité de l'esprit ouvert auxEssences est donc l'essentielle source de la connaissance. C'est grâce à la dialectique,grâce à l'Esprit, grâce à la réminiscence des Idées éternelles autrefois contemplées quenous formons une connaissance juste, adéquate, dépassant la fugacité sensible.Descartes, pour sa part, avec l'innéisme, souligne, lui aussi, le privilège de la raisonhumaine dans l'origine de la connaissance. N'existerait-il pas en notre esprit, en notreraison, des semences de vérité, des idées innées, nées avec moi, idées de Dieu, maisaussi idées mathématiques qui seraient présentes dans la raison ou l'esprit et permettraient de connaître ? Dieu a imprimé dans notre esprit des idées éternelles innées. Grâce à elles, nousconstruisons toute la connaissance. Raison et notions universelles nées avec nous (substance, nombre, etc.), voilàce qui forme la connaissance et la fonde. Même dans la linguistique contemporaine, cet « innéisme » se retrouve,avec le linguiste Chomsky pour qui des règles innées de l'esprit humain président à la formation du langage.Ainsi, les idées innées, les règles et la raison sont les bases primordiales de la connaissance. • L'expérience fournit la matière et la raison la forme : Que nous apporte l'expérience ? Loin de fonder uneconnaissance, loin d'en être l'unique source et origine, elle nous permet de constater qu'une réalité nous estdonnée, mais ne nous fournit à son propos que des énoncés contingents. « L'expérience nous enseigne bien qu'unechose est ceci ou cela, mais non pas qu'elle ne puisse être autrement. » (Kant). Avec l'expérience, nous nedétenons aucune proposition nécessaire et universelle, donc aucun type de connaissance qui puisse dépasser lasimple contingence.Aussi l'expérience fournit-elle la matière (a posteriori) de la connaissance, que la raison, faculté de connaître (apriori, antérieurement à toute expérience) organise en tant que forme. La raison est source — à la différence del'expérience — de propositions nécessaires et c'est en elle que la véritable connaissance trouve donc son véritablefondement et son origine.« Si toutes nos connaissances commencent avec l'expérience, il n'en résulte pas qu'elles dérivent toutes del'expérience. En effet, il se pourrait bien que notre connaissance expérimentale elle-même fut un assemblagecomposé de ce que nous recevons des impressions et de ce que notre propre faculté de connaître tirerait d'elle-même. » (Kant, Critique de la raison pure). • Le cogito comme principe unificateur : Si la connaissance trouve son origine à la fois dans l'expérience et dans laraison, quel principe ultime unifie ces deux fondements ? C'est le moi de l'homme qui, en définitive, apportel'unification cherchée. Loin que l'empirisme ait raison, il oublie le principe fondateur de toute connaissance, cettesubjectivité qui l'unifie, le Je pense à l'origine de toute connaissance, ce Je pense clarifié, après Descartes, parKant. »

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