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La connaissance que nous avons du monde extérieur n'est-elle possible que par l'intermédiaire des sciences ?

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            La connaissance peut se définir comme l’ensemble des propositions positives ayant un degré de certitude et de scientificité définissant un savoir ou le savoir en général. Dans ce cas, il semble que seule la science ou les sciences si on les particularise puisse nous offrir une connaissance réel du monde. Tout autre mode de connaissance ne serait pas assez certain et ne pourrait nous conduire qu’à une connaissance approchée, c’est-à-dire à une conjecture empreinte d’erreurs et d’illusions. C’est pourquoi nous ne parlons de connaissance que dans le registre de la science. La cause semblerait donc entendue (1ère partie). Pourtant, sans être des savants, nous arrivons à agir et interagir dans le monde. En ce sens, il semble bien qu’au delà de la science théorique nous ayons une connaissance presque intuitive ou expérimentale du monde. Notre expérience nous fournirait alors une connaissance aussi du monde (2nd partie). Cependant, ne s’agit-il pas là de la définition d’une science pratique ? (3ème partie)

« a) Comme le note Hume dans l' Enquête sur l'entendement humain , la plupart des hommes ne rencontrent aucune difficulté pour rendre compte des opérations de la nature les plus courantes et les plus familières « comme la chutedes corps graves, la naissance des plantes, la génération des animaux, ou la nutrition des corps par les aliments.Seulement, ils supposent que, dans tous ces cas, ils perçoivent la force même ou énergie même de la cause, parlaquelle elle est connectée à son effet, et ils supposent qu'elle est à jamais infaillible dans son opération. […] Maisdes philosophes, qui poussent leur examen un peu plus loin, perçoivent immédiatement que même dans lesévénements les plus familiers, l'énergie de la cause est aussi inintelligible que dans les événements inhabituels, etque nous apprenons seulement par l'expérience la fréquente CONJONCTION d'objets, sans être jamais capablesd'avoir l'intelligence de quelque chose comme une CONNEXION entre ces objets. […] Un événement en suit un autre,mais nous ne pouvons jamais observer quelque lien entre eux. Ils semblent en conjonction , mais jamais en connexion . […] Nous appelons alors l'un la Cause ; l'autre l' Effet . Nous supposons qu'il y a une connexion entre eux, un pouvoir dans l'un, par lequel il produit infailliblement l'autre, et qui opère avec la plus grande certitude et la plusforte nécessité. […] Il apparaît donc que cette idée de connexion nécessaire entre des événements naît d'uncertain nombre de cas semblables qui se produisent et de la constante conjonction de ces événements. Cette idéene peut jamais être suggérée par l'un quelconque de ces cas, étudié sous tous les éclairages et dans toutes lespositions possibles. […] Cette connexion, donc, que nous sentons dans l'esprit, cette transition habituelle de l'imagination d'un objet à sa conséquence habituelle, est le sentiment, l'impression d'où nous formons l'idée depouvoir ou de connexion nécessaire. Il n'y a rien de plus en cette affaire ».b) Si une autre connaissance du monde est possible sans l'intermédiaire de la science en tant que telle c'est bienparce que dans l'expérience que nous faisons quotidiennement, nous pouvons repérer un ensemble de donnée quisont constantes comme le fait que le feu brûle ou que le soleil se lève tous les matins. C'est d'ailleurs à partir decette conjonction constante que la science développe ses principes suivant une méthode inductive. Ainsi Hume rajoute dans son Enquête sur l'entendement humain : « Il y a des causes qui sont entièrement uniformes et constantes dans la production d'un effet particulier, et on n'a jamais trouvé d'exception ou d'irrégularité dans leuropération. Le feu a toujours brûlé, l'eau a toujours asphyxié toutes les créatures humaines. La production dumouvement par impulsion et gravité est une loi universelle qui n'a, jusqu'ici, admis aucune exception. Mais il y ad'autres causes qui se sont montrées plus irrégulières et incertaines. La rhubarbe ne s'est pas toujours révélée êtreune purge, l'opium ne s'est pas toujours révélé être un somnifère à tous ceux qui ont pris ces remèdes. Il est vraique, quand une cause manque de produire son effet habituel, les philosophes n'imputent pas ce manque à uneirrégularité dans la nature, mais ils supposent que ces causes secrètes, dans la structure particulière des parties,ont empêché l'opération. […] Étant déterminés par l'accoutumance à transférer le passé au futur dans toutes nosinférences, si le passé a été entièrement régulier et uniforme, nous attendons l'événement avec la plus grandeassurance, et ne laissons aucune place à la supposition contraire. […] Comme un grand nombre de vues [de l'esprit]s'accordent dans le sens d'un seul événement, elles le fortifient et l'affermissent dans l'imagination, elles engendrentce sentiment que nous appelons croyance , et donnent à son objet la préférence sur l'événement contraire qui n'est pas soutenu par un nombre égal d'expériences et qui ne réapparaît pas aussi fréquemment à la pensée quand noustransférons le passé au futur ».c) Or de ce point, si notre connaissance du monde extérieur ne dépend pas uniquement de la science, c'est bien ceque montre Hume dans le livre IX de l' Enquête sur l'entendement humain dans la mesure où avec ce cas du prisonnier, il réussit à produire une inférence à partir de sa seule expérience. En ce sens, la science n'est pastoujours utile ou la seule à pouvoir nous permettre une connaissance du monde : « Un prisonnier, qui n'a ni argent niinfluence, découvre l'impossibilité de son évasion, aussi bien quand il considère l'entêtement de son geôlier quequand ils considère les murs et les barreaux dont il est entouré; et dans ses tentatives pour [recouvrer] sa liberté, ilpréfère s'attaquer à la pierre et au fer des uns plutôt qu'à l'inflexible nature de l'autre. Le même prisonnier, quand ilest conduit à l'échafaud, prévoit la mort aussi certainement d'après la constance et la fidélité de ses gardiens quede l'opération de la hache et de la roue. Son esprit parcourt une certaine suite d'idées : le refus des soldats deconsentir à son évasion, l'action du bourreau, la séparation de la tête et du corps, le saignement, les mouvementsconvulsifs et la mort. Il y a là un enchaînement de causes naturelles et d'actions volontaires, mais l'esprit ne sentaucune différence entre elles en passant d'un chaînon à l'autre. Il n'est pas moins certain de l'événement futur ques'il était en connexion avec les objets présents à la mémoire et aux sens, par une suite de causes cimentéesensemble par ce qu'il nous plaît d'appeler une nécessité physique . La même union empirique a le même effet sur l'esprit, que les objets unis soient des motifs, des volitions et des actions ou qu'ils soient des figures et desmouvements. Nous pouvons changer le nom des choses, mais leur nature et leur opération sur l'entendement nechangent jamais. […] Plus de la moitié des raisonnements humains contiennent des inférences de nature semblable,accompagnées d'un degré plus ou moins élevé de certitude proportionné à notre expérience de la conduite habituellede l'humanité dans de telles situations particulières. […] Si nous examinons les opérations des corps, et laproduction des effets par leurs causes, nous trouverons que toutes nos facultés ne peuvent jamais porter plus loindans notre connaissance de cette relation que d'observer simplement que des objets particuliers sont constamment joints entre eux et que l'esprit est porté, par une transition coutumière , de l'apparition de l'un à la croyance en l'autre ». Transition : Ainsi la science n'est pas la seule qui peut nous offrir une connaissance du monde. Tous les jours et même lesignorants peuvent avoir une connaissance du monde suffisante pour pouvoir se débrouiller et vivre. C'est parl'expérience que nous pouvons avoir une connaissance du monde ; mode de connaissance qui n'a rien à envier à lascience dur dans la mesure où ils reposent sur les mêmes principes. Cependant, cet expérience ne peut-elle pasêtre elle-même considérée comme une science, mais une science pratique ? »

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