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La conscience nous isole-t-elle du reste du monde ?

Publié le 25/09/2005

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III) La séparation comme activité de la conscience, vers une communauté avec le monde : Bergson et Nietzsche  

  • Bergson : la conscience est une activité psychologique de sélection et de déformation de la nature du monde. La conscience pense le monde de façon rigidifiée et spatiale, instaurant ainsi une pseudo-distance entre elle-même et ce monde, permettant ainsi une illusion de séparation entre les deux (La pensée et le mouvant). Mais pour Bergson, la conscience n'a pour fonction que de réactualiser la dynamique psychique inconsciente, laquelle est directement en prise avec le monde : la conscience ne prétend se séparer du monde que pour finalement mieux s'y inscrire.

De manière spontanée, la conscience nous donne un monde, nous permet l'accès à celui-ci, nous manifestant comme pris dans ce monde de manière naturelle, immédiate. Et pourtant, la nature psychologique même de la conscience indique bien une différence de nature possible avec le monde, que traduisent nos possibilités d'introspection, de réflexion, qui appréhendent le monde sans pour autant s'y impliquer de façon matérielle. Dès lors, comment articuler ce sentiment d'appartenance au monde que fournit la conscience à cette nature qui apparaît comme différente de la matérialité du monde ? Serait-ce que la séparation est le mode même de relation que la conscience installe entre le sujet et son monde ?

 

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« Husserl tire deux autres conséquences de ce caractère majeur de la conscience.

Si je perçois un cube, je déclare «Je vois un cube ».

Or, en toute rigueur, je ne peux pas voir les six faces du cube à la fois.

Cela signifie que maconscience ne s'en tient jamais à ce qui lui est donné ici et maintenant.

Je vois deux faces du cube, mais j'anticipesur celles que je vais voir, ou je me remémore celles que j'ai vues.

Autrement dit, une autre caractéristique de laconscience est d'établir des synthèses, de relier ce qui est perçu ici et maintenant avec ce qui l'a été ou ce qui lesera.

Ce qui amène à dire que la conscience est temporelle, effectue ses synthèses dans le temps.Autrement dit, la citation signifie d'abord que la conscience est toujours le mouvement de se dépasser vers autrechose, de viser autre chose.

Mais il faut aussi comprendre que si ce que je vise (les deux faces du cube) a unesignification pour moi (je sais et comprends que j'ai affaire à un cube), c'est que ma conscience a la capacité dedépasser ce qui lui est simplement donné pour le lier à d'autres représentations passées ou futures. Le but et l'ambition de la phénoménologie sont le retour aux choses mêmes.

Parlant de la révolution d'Einstein,Husserl déclare : « Ainsi Einstein ne réforme pas l'espace et le temps où se déroule notre vie d'être vivant ».Loin de comprendre ceci comme une attaque contre les sciences (auxquelles fut formé Husserl), il faut lecomprendre et comme une attaque contre le scientisme, et comme la nécessité d'un retour aux questions centralesdu sens : « De simples sciences de faits forment une simple humanité de faits.

Dans la détresse de notre vie cettescience n'a rien à nous dire.

Les questions qu'elles excluent par principe sont précisément les questions qui sont lesplus brûlantes à notre époque malheureuse ce sont des questions qui portent sur le sens ou l'absence de sens detoute existence humaine.

»L'ambition de la phénoménologie est donc de questionner le sens, de retrouver le sol où se déroule notre vie d'êtrevivant, de fonder une science de l'esprit en tant qu'esprit.

Celle-ci commence par la découverte de cette propriétéparticulière de la conscience d'être toujours présence et rapport au monde, et non intimité fermée sur elle-même.

Ence ses, la pensée existentialiste en est l'héritière, et la leçon de Husserl vaut toujours.

II Abstraction possible de la conscience par rapport au monde : Husserl encore et les Stoïciens -Husserl : cependant, la relation qu'instaure la conscience au monde doit être elle-même interrogée.

Ainsi, elleinstaure une hiérarchie entre la nature de la conscience et celle du monde : la nature de la conscience estnécessaire, celle du monde est contingente.

Ce qui signifie que même sans l'existence du monde, la structure de laconscience resterait inchangée.

Le fondement de la conscience est donc indépendant du monde environnant.

-les Stoïciens : cette possibilité d'abstraction de la conscience, opposant son mode d'être à celui du monde, lesStoïciens, Cicéron par exemple, la mettent à profit pour penser une liberté inconditionnée de la conscience parrapport au cours des évènements.

La conscience possède une indépendance irréductible face au destin : elle nepeut le changer bien sûr, le cours des choses et le cours de la conscience étant de natures différentes.

Mais ellepeut choisir son attitude face à lui : s'y opposer, y consentir, l'ignorer...

Le pouvoir d'abstraction de la consciencefonde donc la liberté morale de l'homme.

Épictète (50-125), philosophe stoïcien de langue grecque, né à Hiérapolis,dans la région occidentale de l'actuelle Turquie, passe à Rome une partie desa vie, puis (vers 94) il fonde une école philosophique à Nicopolis, sur la côteouest de la Grèce, où il enseigne, entouré de disciples, jusqu'à sa mort.

Sonenseignement prolonge, sur le plan de la morale, une réflexion engagée, àAthènes, dès le troisième siècle avant J.-C., avec Zénon de Citium, fondateurde l'école stoïcienne, et ses successeurs : Cléanthe et Chrysippe ; et repriseà Rome par ce qu'il est convenu d'appeler le « moyen stoïcisme ».

Épictèteassure un enseignement strictement oral, mais ses leçons et les discussionsqui s'ensuivent sont recueillies sous le nom d'Entretiens.Ces Entretiens ont été rédigés par Flavius Arrien (95-175), général grec,homme politique et historien qui, à ses heures libres, ne dédaigne pasd'apprendre la philosophie auprès d'un maître tel qu'Épictète.

Mais les huitlivres qu'il rédige (dont quatre sont parvenus jusqu'à nous) sont trop longspour être un simple ouvrage d'initiation, et c'est à partir d'eux qu'est composéun ouvrage très court, formé d'une série de quelque cinquante paragraphes,qui porte le nom grec d'Enchiridion, le plus souvent traduit par Manuel, ausens de l'objet qu'on porte sur soi.

C'est au paragraphe VIII que l'on trouvece texte :« Ne cherche pas à faire que ce qui arrive, arrive comme tu le désires ;veuille, au contraire, ce qui arrive comme il arrive.

Alors tu jouiras de la paixintérieure.

» Ce qui est posé ici, c'est le rapport que l'homme est capable de tenir entre les choses telles qu'elles adviennent etson propre désir.

C'est déjà un thème que l'on trouve chez Platon, dans un passage des Lois où, dans le dialogueavec l'Athénien, cherchant ce qui est convenable pour la Cité, un certain Mégillos déclare :« Il ne faut pas demander instamment que tout obéisse à notre désir, sans que notre désir obéisse davantage ànotre raison ; ce qu'une cité et chacun de nous doivent hâter de leurs voeux, c'est d'être raisonnable » (Livre III,687 e).C'est aussi cette référence à la raison que l'on trouve, presque mot pour mot, dans un autre texte d'Épictète où. »

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