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La difficulté de comprendre les autres fausse-t-elle tout rapport avec eux ?

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Chaque jour nous rencontrons des proches, des amis, des voisins, des êtres humains. Nous vivons avec les autres, nous sommes plongés dans le milieu de la relation. Et pourtant, les autres restent toujours un mystère pour nous, car même semblables à nous, ils sont radicalement différents de nous. Si les autres nous sont familiers, on ne peut prétendre les connaître vraiment. Si nous communiquons entre nous, nous ne sommes pourtant pas sûrs de nous comprendre réellement. En effet, ceux que nous croyons semblables au premier abord se révèlent toujours différents de ce que nous aurions pu penser d’eux. Face à une telle difficulté à comprendre les autres, pouvons-nous espérer entrer dans une vraie relation avec les autres ? La difficulté de comprendre les autres fausse-t-elle tout rapport avec eux ?


- comprendre ce qu'il dit, ce qu'il veut dire/pourquoi il a fait ça

- nous ne sommes pas placés au même point de vue (Lavelle: le passé/l'avenir)

- peut-on jamais s'expliquer? C'est multiplier les risques de malentendus.


- comprendre l'autre, est-ce le comprendre comme il se comprend lui-même?

- le malentendu n'est-il pas plutôt la règle que l'exception?

- c'est croire avoir compris autrui qui est la forme la plus courante de malentendu


- prétendre/vouloir le connaître, c'est déjà le méconnaître

- fécondité du malentendu: si on se comprenait parfaitement, plus besoin de se parler

- le malentendu comme occasion de rencontrer l'autre (Merleau-Ponty: le dialogue)

« Merleau-Ponty tait surgir cette idée à travers une série d'expressions : « terrain commun », « un seul tissu », « opération commune ». Ce quiressort, c'est l'unité qui s'oppose à la pluralité des interlocuteurs. Il faut au moins deux personnes pour dialogue r, mais il y a bien un dialogue commun à tous les participants. L'image du tissu est parlante car elle évoque l'entrelacement de différents fils — parler du « fil de la conversation » serait donc une image trop simplifiée.On voit que le détour par ces métaphores est nécessaire, car l'attention est souvent concentrée sur le rapport dechaque sujet à ses propres idées. Or l'échange des idées devient alors problématique : si chacun est enfermé danssa sphère de pensée, comment comprendre la possibilité du dialogue ? Leibniz allait même jusqu'à proposer la représentation d'un univers composé de « monades », esprits fermés sur eux-mêmes et sans communication entreeux mais coordonnés par leur créateur divin.À la conception monadologique, Merleau-Ponty oppose l'idée d'une « opération commune » dont aucun des interlocuteurs ne peut revendiquer la paternité : chacun participe, l'échange n'est à personne. C'est d'ailleurs laraison pour laquelle un tiers peut suivre la conversation et y intervenir pour enrichir encore l'échange. C'estégalement pour cette raison que Socrate pouvait définir le dialogue comme une marche en commun de deux personnes cherchant la même chose qui n'appartient à personne, la vérité, plutôt que comme un combat entre deuxpersonnes cherchant à se faire valoir. Le dialogue socratique est peut-être le meilleur exemple de l'échange évoqué par Merleau-Ponty . L'idée de création d'un terrain commun est ensuite enrichie par la notion de réciprocité dans le mouvement de lapensée : « nous sommes l'un pour l'autre collaborateurs dans une réciprocité parfaite, nos perspectives glissentl'une dans l'autre ». Cette phrase appelle une explication et un commentaire.Ce glissement c'est le mouvement par lequel les pensées d'autrui sont intégrées aux miennes et les transforment.Lorsque mon interlocuteur vient de parler, je modifie souvent la phrase que j'avais préparée au début : ce qu'il a ditrend obsolète ma pensée antérieure, je la reformule en y intégrant ce que je viens d'entendre.La réciprocité est-elle cependant toujours « parfaite » ? Merleau-Ponty évoque ici la situation de dialogue idéale, mais nous faisons souvent l'expérience d'un déséquilibre dans le « glissement » : parfois l'un des interlocuteursdomine l'autre par sa compétence ou son talent de persuasion, et alors c'est essentiellement son discours qui glissedans la conscience de l'interlocuteur qui demeure sans voix ou se contente d'acquiescer. Même sans aller jusqu'àcette situation extrême, le dialogue est souvent « mené » par l'un des interlocuteurs : ici encore le dialogue socratique tel qu'il se déroule réellement montre une claire domination de Socrate qui oriente le débat à sa guisemalgré l'effacement qu'il revendique.La fin du texte, toujours dans le registre de la réciprocité, montre comment celle-ci, loin de nier la liberté dechacun, la respecte au contraire et constitue un enrichissement pour tous.Par le dialogue , en effet, « je suis libéré de moi-même », c'est-à-dire que je ne suis plus enfermé dans mon point de vue subjectif. Ce qui est sous-entendu ici, c'est que dans le dialogue la qualité de mon écoute est très importante car c'est elle qui me permet de me décentrer et de véritablement accueillir les propos d'autrui. Ce dernier m'apporteune nouveauté, m'enrichit, car « ses pensées sont bien des pensées siennes » : dans le dialogue je prends le risque de l'altérité, de réponses inattendues, parfois désagréables mais qui m'aident à regarder la réalité en face.Enfin, le dialogue m'enrichit car il m'éveille à de nouvelles pensées, « que je ne savais pas posséder ». Merleau- Ponty souligne ici l'aspect stimulant du dialogue , qui nous évite de tourner en rond et nous « ouvre des horizons ». Nous retrouvons une nouvelle fois le modèle socratique du dialogue : Socrate se présente comme un « accoucheur des esprits » qui aide les autres à se « remémorer » des idées enfouies au fond d'eux-mêmes et qu'ils n'auraientjamais soupçonnées sans le dialogue . Conclusion Par ce texte, Merleau-Ponty nous rappelle ainsi que le dialogue n'est pas une possibilité facultative du langage, mais qu'il en constitue une dimension essentielle et ouvre des possibilités de pensées inaccessibles dans le seulmonologue intérieur de la conscience. L'ensemble du texte permet donc de mieux comprendre l'expression « objetculturel » : le langage est de façon essentielle un phénomène intersubjectif. On pourrait dire que croire avoir compris l'autre, c'est ne pas avoir vraiment compris ce qu'il a de différent, c'estn'avoir compris que ce que je pensais ou ce que je connaissais déjà. C'est se projeter sur lui, refuser de rienapprendre de lui, ne plus lui prêter attention. Alors que lorsque une difficulté dans notre relation me montre que je ne l'ai pas tout à fait compris, je lui prêteencore attention, je cherche à le comprendre encore mieux. conclusion: croire avoir compris, c'est devenir indifférent à l'autre, à la différence de l'autre! Comprendre qu'on n'apas compris, c'est devenir attentif à l'autre, chercher à le comprendre toujours mieux. PLAN: 1) les difficultés de connaître l'autre comme autre: qu'est-ce que comprendre autrui? - comprendre ce qu'il dit, ce qu'il veut dire/pourquoi il a fait ça »

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