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La morale a-t-elle un rôle à jouer dans les sciences ?

Publié le 17/01/2022

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morale

Quelle finalité, celle de la connaissance ou celle des usages qu'on peut en faire ? Cela dépend-il du savant ?

* Démarche possible.

Partir de l'indépendance apparente des deux notions-clés et justifier qu'on ne peut s'y tenir. Dans un premier moment on peut s'interroger sur la pertinence de la question du fait que les sciences visent la connaissance tandis que la morale règle l'action. On voit mal comment l'idéal de connaissance pourrait contredire les idéaux de la morale. Bien au contraire, la sagesse du philosophe ne doit-elle pas se fonder sur la connaissance ? Et Descartes, quand il s'agit pour lui de prolonger son doute radical, ne distingue-t-il pas les deux domaines pour assurer qu'il n'y a là aucun danger, "puisqu'il n'est pas maintenant question d'agir, mais seulement de méditer et de connaître".Pourtant cette indépendance ne résiste pas à l'examen. D'une part en effet, la connaissance du philosophe n'est pas la connaissance scientifique.

Le savant peut-il se contenter de dire "je m'occupe de ma recherche et rien d'autre ?" Toute vérité est-elle bonne à divulguer ? Ne peut-il pas aussi à l'occasion prévoir quels usages peuvent être faits de ses découvertes ? Peut-il se voir, dans ces conditions, attribuer une responsabilité lorsque des conséquences indésirables découlent de ses travaux ? Comment doit-il réagir lorsque ses travaux sont financés par des institutions dont les finalités n'ont rien de scientifique ? Doit-il accepter le rôle d'expert que les politiques et parfois certains intérêts privés veulent lui faire jouer ?

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« Chercher les conditions d'une réponse négative et s'interroger. La réponse serait négative si la finalité des sciences était la pure connaissance désintéressée et si l'activitéscientifique était indépendante de la vie sociale. En est-il ainsi ? On peut soutenir l'idée que la science n'est pas uneactivité purement spéculative, mais qu'elle s'exerce dans des conditions historiques, sociales et économiquesdéterminées. Ainsi la réponse demande qu'on distingue la fin que se donne le savant, à titre individuel, qui peut êtremotivé par le plaisir de la recherche et de la découverte, et la fin sociale qui se manifeste par l'utilisation qui estfaite des découvertes. La fin subjective du premier devient le moyen de la fin objective de la société. Or il s'avèrede ce point de vue que les résultats des sciences sont utilisés, à travers les techniques qu'on peut en tirer, commemoyens de puissance par le pouvoir politique et comme moyens de profit par le pouvoir économique. La recherchen'est donc pas gratuite, mais intéressée. Par voie de conséquence, la puissance de production accrue que donnentles techniques scientifiques ne fait que renforcer les défauts propres à un régime social : l'injuste répartition desbiens et l'exploitation dans le travail, par exemple. Lire: Engels, Le matérialisme historique, in Études philosophiques. Par ailleurs enfin, les sciences ne sont pas indépendantes des pouvoirs dans la mesure où les recherches entraînentdes investissements considérables et sont subventionnées, soit par l'État, soit par de grosses entreprises, quitendent à imposer des priorités en fonction de leurs intérêts. Conclure : les sciences n'ont qu'une relative autonomie par rapport à la société et le problème moral se pose à propos des usages qu'on en fait et des conséquences qu'elles peuvent avoir. Tirer les conséquences de l'analyse précédente sur le terrain de la responsabilité du savant. La réflexion morale implique des choix. Par qui seront-ils faits ? Puisque la question porte sur le rôle de la moraledans les sciences, c'est le savant qui serait responsable de ses choix. Dans la manière dont il exerce son métier,nous l'avons vu, sa responsabilité est engagée. Mais l'utilisation qui est faite ou peut être faite de ses découvertesrelève-t-elle de sa responsabilité ? La réponse ne peut être simple. En tant que spécialiste de la recherchescientifique, sa fin étant la découverte, on peut l'estimer désengagé de toute responsabilité morale. Après tout, cen'est pas lui qui choisit les usages qu'on fera de la science. D'un autre côté, n'est-il pas objectivement compromis,même indirectement, dans ces choix ? N'est-ce pas une manière de lâcheté que de se réfugier dans la pureté de sesintentions ?Il apparaît alors que c'est comme citoyen plus que comme spécialiste que sa responsabilité est engagée, au mêmetitre que tout autre citoyen, d'ailleurs. L'activité scientifique s'inscrivant nécessairement dans un contexte politiqueet économique, le citoyen-savant a une responsabilité morale au-delà du strict exercice de son métier. • Ce qui était en jeu. L'indépendance seulement relative des sciences par rapport aux besoins d'une société, et par conséquent laresponsabilité morale du savant en tant que citoyen. »

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