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La politique doit-elle être juste ?

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S'il n'y avait pas de mal, il n'y aurait pas de bien. Simplement, il nous reste à montrer comment dans le couple justice/injustice c'est le juste qui doit dominer sinon il n'y aurait pas de société humaine, sinon la raison elle-même n'aurait qu'à abdiquer.   Deuxième partie : le juste politique. L' Étranger : « Jamais une loi ne sera capable d'embrasser avec exactitude ce qui, pour tous à la fois, est le meilleur et le plus juste et de prescrire à tous ce qui vaut le mieux. » Platon, Le Politique. Si de l'injustice il y a, nous devons montrer comment depuis les Grecs il y a une recherche intrinsèque à la politique elle-même, qui n'est rien d'autre que la recherche d'un juste équilibre. C'est ce que les Grecs nommaient l'isonomie, c'est-à-dire l'égale distribution entre les choses, entre les êtres. Cette égalité étant interne à la raison elle-même, elle la cherche partout, aussi bien en médecine, en politique et ailleurs. C'est assez dire que le juste -c'est-à-dire ce qui convient à ce qui existe- est non seulement un devoir interne à la politique, mais est encore un impératif catégorique, car le juste dans la politique est ce qui permet l'existence de la communauté, le déploiement du collectif, sinon les liens humains seront défaits et ce serait l'anarchie et le chaos. Il faut qu'une politique soit juste ne serait-ce qu'en pensée pour qu'il y ait une vie dans la cité.

Dans le monde contemporain, on a tellement l’habitude de voir des politiciens nous promettre tout et n’importe quoi, que l’on finit par avoir le sentiment que la politique sert à tout, aussi bien au bonheur qu’au malheur. Cette double nature de la politique fait que l’on s’en dégoûte, et qu’on a le sentiment que la politique n’est pas une pensée. Elle est simplement une manière de tromper son monde, c’est un pur jeu entre le réel et l’imaginaire. C’est une activité illusoire. Du coup l’homme politique est plus proche du comédien, de l’histrion que du philosophe. Or, une solide tradition de la politique dans la philosophie politique, nous montre au contraire l’intrication de la politique et de la justice. Ici le mot justice doit être pris au sens premier du juste, c’est-à-dire de l’acte par lequel a été accompli ce qui est dans une exacte adéquation avec ce qui est nécessaire, avec ce qui est de l’ordre du devoir et de l’obligation morale. Le juste ou la justice serait donc un impératif catégorique de la conceptualité politique.

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