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La raison et le sensible ?

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La relation de cause à effet serait nécessairement absolument inconnue aux hommes. Dès lors, ce serait la fin de toute inférence et de tout raisonnement sur les opérations de la nature; la mémoire et les sens resteraient les seuls canaux qui pourraient livrer accès dans l'esprit à la connaissance d'une existence réelle. Notre idée de nécessité et de causalité naît donc entièrement de l'observation d'une uniformité dans les opérations de la nature où des objets semblables sont constamment conjoints les uns aux autres, et l'esprit déterminé par accoutumance à inférer l'un de l'apparition de l'autre. Ces deux circonstances forment le tout de la nécessité que nous attribuons à la matière. En dehors de la constante conjonction d'objets semblables et de l'inférence, qui en résulte, d'un objet à l'autre, nous n'avons aucune notion d'aucune nécessité ou connexion. »       « Supposez qu'un homme, pourtant doué des plus puissantes facultés de réflexion, soit soudain transporté dans ce monde ; il observerait immédiatement, certes, une continuelle succession d'objets, un événement en suivant un autre ; mais il serait incapable de découvrir autre chose. Il serait d'abord incapable, par aucun raisonnement, d'atteindre l'idée de cause et d'effet, car les pouvoirs particuliers qui accomplissent toutes les opérations naturelles n'apparaissent jamais aux sens ; et il n'est pas raisonnable de conclure, uniquement parce qu'un événement en précède un autre dans un seul cas, que l'un est la cause et l'autre l'effet. Leur conjonction peut être arbitraire et accidentelle. Il n'y a pas de raison d'inférer l'existence de l'un de l'apparition de l'autre. En un mot, un tel homme, sans plus d'expérience, ne ferait jamais de conjecture ni de raisonnement sur aucune question de fait ; il ne serait certain de rien d'autre que de ce qui est immédiatement présent à sa mémoire et à ses sens.

« inductif, nous permet de penser que si les sens nous ont trompés une fois, deux fois, trois fois, c'est qu'ils sonttrompeurs ? La raison instruit-elle à elle seule ? • Cependant, quelle connaissance la raison pourrait-elle nous apporter à elle seule, indépendamment de touteexpérience sensible ? Peut-on aller jusqu'à dire que seule la raison instruit ? Peut-on soutenir que l'expérience nenous est d'aucun secours pour ce qui concerne la connaissance ? • Pour examiner la distinction raison/sensible et trancher en faveur du rationalisme ou de l'empirisme, il nous incombede nous demander quel rôle l'expérience joue dans l'acquisition de la connaissance. EMPIRISME & RATIONALISME. A) L'empirisme. L'empirisme affirme qu'il n'y a rien dans l'entendement qui n'ait été auparavant dans les sens, cad quel'expérience est la source de toutes nos connaissances. Toutes nos idées ne sont jamais, comme dit Hume , que des « copies de nos impressions sensibles ». Non seulement l'expérience est la source de nos idées mais encore elle explique l'association de ces idées entre elles, cad le fonctionnement de notre esprit. Qu'il s'agissed'association par ressemblance (deux idées s'appellent l'une l'autre quand leurs objets ont été donnés denombreuses fois soit l'un à côté de l'autre, soit l'un après l'autre). C'est toujours dans des expériencesantérieures et répétées que se trouve la raison de ces associations. Une autre solution consiste à affirmer que toutes les connaissances de l'homme, y compris les principes de la raison dérivent de l'expérience. C'est ainsi que pour Locke , il n'existe ni connaissance ni principe inné. Dans « Essai sur l'entendement humain », critiquant l'innéisme de Descartes , Locke avance la thèse de la « table rase » : l'esprit de l'être humain, avant toute expérience et éducation (celui du nouveau-né par exemple), est comme une tablette de cire, vierge de touteécriture. Nos idées simples viennent de la sensation et de la réflexion. Les idées complexes et en particulier lescatégories de substance, de mode et de relation sont le produit de la combinaison des idées simples. Pour Humeaussi les principes de la raison ne sont pas innés mais acquis par l'expérience. Comme philosophie générale, l'empirisme affirme avec Locke que nos idées ne sont pas, comme le pensait Descartes , innées, mais qu'elles proviennent de l'expérience. On peut décomposer la philosophie empiriste de la connaissance en trois moments. 1. L'origine des idées . L'esprit, dit Locke , est d'abord une page blanche, une « table rase » (tabula rasa). « Comment vient-il à recevoir des idées ? Par quels moyens en acquiert-il cette prodigieuse quantité que l'imagination de l'homme, toujours agissante et sans borne, lui présente avec une variété presqueinfinie ? D'où puise-t-il tous ces matériaux qui sont comme le fond de tous ses raisonnements et de toutesses connaissances ? A cela je réponds d'un mot : de l'expérience. C'est le fondement de toutes nosconnaissances, c'est de là qu'elles tirent leur première origine . » (« Essais sur l'entendement humain »). L'expérience est donc d'abord pour l'empirisme une réponse à la question de l'origine des idées. Ainsi, uncertain nombre d'idées naissent dans l'âme des « observations que nous faisons sur les objets extérieurs et sensibles » (idem). C'est le cas d'idées comme « dur », « mou », « blanc », « jaune »... Locke les appelle des « idées de sensations » : nous nous les représentons que parce que nous avons eu l'expérience sensible du mou, du blanc, du jaune.... Pour un empiriste, un aveugle de naissance ne saurait avoir aucune idée descouleurs. Les autres idées viennent non de l'expérience externe, mais de l'expérience interne ; cad desobservations que nous faisons sur « les opérations intérieures de notre âme ». Telles sont les idées de « joie », de « peine », de « plaisir », de « douleur »... Ce sont des idées de réflexions. Dans les deux cas, les idées sont, comme dit Hume , des « copies » des impressions sensibles. 2. La composition des idées . En faisant naître les idées de l'expérience sensible, comment pourrions- nous rendre compte de l'infinité des idées que l'esprit peut concevoir, alors que est toujours limitée ? Je peuxme représenter une montagne d'or, ou un centaure : comment est-ce possible ? La réponse est : grâce à lapossibilité de combiner ou d'associer les idées, que Locke comme Hume attribut à l'imagination. L'empirisme distingue entre les « idées simples », cad inanalysables en éléments et immédiatement dérivées d'expériences sensibles élémentaires (telles les idées de « rouge », « chaud »...) et les « idées composées », qui, elles, sot des résultats d'une combinaisons d'idées simples. 3. La signification des mots . L'expérience comme contrôle. L'expérience n'est pas seulement une origine ; elle est aussi ce à quoi il faut retourner pour éprouver la valeur de nos pensées ou plus exactement »

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