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LA RÉFLEXION PHILOSOPHIQUE ET LA VIE ?

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Voici le point de vue de l'homme d'action : le philosophe qui veut élever sa méditation aux dimensions de l'univers et qui s'interroge sur la condition humaine en général est tout à fait désorienté et ridicule dans les problèmes quotidiens posés par la vie réelle et dans ses relations concrètes avec les individus. «Thalès étant tombé dans un puits tandis que, occupé d'astronomie, il regardait en l'air, une petite servante thrace pleine de bonne humeur se mit, dit-on, à le railler de mettre tant d'ardeur à savoir ce qui est au ciel alors qu'il ne s'apercevait pas de ce qu'il avait devant et à ses pieds. Or, à l'égard de ceux qui passent leur vie à philosopher, le même trait de raillerie est assez bien à sa place : c'est qu'en réalité l'homme qui est de cet acabit ignore, même de son voisin, non seulement ce que fait celui-ci, mais encore, ou peu s'en faut, si c'est un homme ou quelque autre créature... l'homme ainsi fait, quand dans la vie publique, au tribunal ou quelque part ailleurs, il a été forcé de parler sur les choses qui sont à ses pieds et sous ses yeux, prête à rire non seulement à des filles de Thrace, mais à n'importe quelle foule parce que son inexpérience le fait tomber dans des puits et dans toutes sortes de difficultés sans issue... La terrible incongruité de son attitude lui vaut d'être pris pour un être stupide 1.»Mais, aux yeux de Platon, cette maladresse du philosophe aux prises avec le concret est sans importance, parce que le monde concret, le monde de l'expérience quotidienne, des événements mobiles, n'est qu'un monde d'apparences, un jeu d'illusions. Le vrai monde, c'est celui des Idées, des vérités éternelles parmi lesquelles vit le philosophe, auxquelles il a seul accès.Ainsi les hommes sont comme des prisonniers enchaînés dans une caverne 2, le dos tourné vers l'ouverture, mais les yeux fixés sur la paroi. Ils ne voient rien de ce qui se passe au dehors, ils ont pour tout spectacle les ombres portées sur la muraille. Et comme ils ne peuvent rien voir d'autre, ils croient que ces ombres sont la seule réalité.

« par les artisans participent eux-aussi de l'Idée de Lit, de Maison, de Tunique, etc. Chaque être existant, qu'il soitnaturel ou fabriqué, tire donc sa réalité vraie de la participation à l'Idée dont il procède. L'Idée est à la foistranscendante et immanente, origine et finalité : elle est l'essence des choses. Des rapports de l'être et du connaître Dans le livre VII de la République, Platon expose les rapports entre l'être et la connaissance à l'aide de l'allégorie dela caverne, représentation "illustrée" d'un exposé mathématique présenté au livre VI. Au monde sensible, composéde choses perçues et de leurs formes dégradées, ombres ou mirages, correspond la connaissance sensible, quirelève du domaine de l'opinion. Celle-ci se répartit en deux domaines : la croyance ou la perception pour les chosessensibles, l'illusion ou la conjecture pour les formes inférieures. Au monde intelligible, finalisé par l'Idée du Bien, quiéclaire toutes les autres Idées ou formes, correspond une connaissance intellectuelle par Idées. Les objetsmathématiques appartiennent au monde intelligible et sont l'objet d'une connaissance discursive. La totalité dudomaine intelligible est finalisée par l'Idée suprême de l'Un-Bien qui fonde la cohérence et l'harmonie du tout. Plus ons'éloigne de cette Idée, plus la connaissance s'obscurcit. De cette corrélation stricte entre l'ordre de l'être et l'ordredu connaître s'ensuit toute une série de rapports : les Idées sont aux objets mathématiques ce que les chosessensibles sont à leurs apparences fugitives et imparfaites. La connaissance par Idées est à la connaissance parconcepts ce que la perception sensible est à l'illusion, ou ce que la croyance est à la supposition. Enfin, plus nousapprochons le domaine des Idées, plus nous approchons l'être et la vérité, connaissance, être et vérité se fondanten une seule et même réalité dans la lumière de l'Idée suprême du Bien. Dans l'allégorie de la caverne, les ombresprojetées sur la paroi sont les apparences dégradées des figurines : celles-ci sont les objets perçus, tandis quecelles-là sont les illusions. L'intérieur de la caverne symbolise le monde sensible avec ses deux degrés deconnaissance : la perception et la conjecture. Le monde intelligible, accessible à celui qui fait l'effort de sedétourner du sensible, est symbolisé par l'extérieur de la caverne : les Idées sont les choses réelles, et le soleil estl'Idée unique du Bien, qui donne consistance et réalité à toutes les autres. Les problèmes posés par la théorie des Idées Dans le Parménide, Platon a dressé lui-même toutes les objections possibles à sa théorie des Idées. Transcendantesà la réalité sensible, il ne faut pas supposer que les Idées sont "plus réelles" que la réalité : la "Chevalité" n'est pasplus réelle que le cheval. C'est bien le cheval que je perçois réellement, et non pas l'Idée de la "Chevalité". Bien quetranscendantes, ces Idées ne sont pas non plus posées tout à fait en dehors de la réalité, car on ne sauraitcomment elles donnent l'être essentiel à toutes les choses réelles. Il faudrait supposer à l'infini une série d'idéesintermédiaires qui rendraient compte d'une participation fort lointaine et obscure. Néanmoins, si ces Idées font l'êtreet l'essence de la réalité, elles ne sont pas en elle. Ce n'est pas en ouvrant le ventre du cheval que l'on pourra ytrouver l'Idée de la "Chevalité". Par ailleurs, dans la perspective de cette théorie, il semble difficile d'admettre, pourchaque être existant, une Idée propre et essentielle : peut-on raisonnablement parler d'une Idée du Poil, ou d'uneIdée de l'Ongle ? L'ordre des Idées et l'ordre des choses sont donc deux ordres bien distincts : l'ordre de l'intelligible,de l'immuable, de la vérité et de la perfection ; et l'ordre du sensible, du variable, de l'apparence et del'imperfection. L'Idée est ce qui permet d'unir et de rassembler la diversité sensible des apparences, pour identifierl'essence des choses. Chaque chose est "reconnue" intellectuellement grâce à une Idée, dont nous aurions uneconnaissance antérieure à l'expérience. Avant d'être incarnée dans un corps, l'âme vivait dans le domaine des Idéesdont elle garde encore quelque réminiscence. Savoir, ce n'est pas apprendre, mais se ressouvenir de cet ordreparfait du domaine intelligible à partir duquel seul nous "reconnaissons" la vérité. Les Idées ne sont donc pas desobjets réels et matériels, mais des lois, des exigences, des valeurs qui permettent de débrouiller la confusion del'expérience sensible. On peut donc dire qu'elles sont cause de tout ce qui est par leur présence spirituelle, àlaquelle nous accédons par un effort de retour en nous-mêmes, et en ce sens, source de toute connaissance vraiede ce monde sensible qui nous apparaît changeant et fugace lorsque nous le percevons par nos sens. Leur présencespirituelle est celle qui introduit de la stabilité et de la consistance dans un monde qui ne cesse d'apparaître autrequ'il n'est, si nous ne nous en tenons qu'à ses apparences. L'Idée, chose spirituelle, est donc ce par quoi chaquechose matérielle tient son être propre, durable, c'est-à-dire sa véritable essence. Cette conception « idéaliste» de la philosophie nous semble pourtant contestable. Elle est liée à un mépris des«réalités matérielles» qui reflète les préjugés sociaux de Platon. L'opposition de l'homme pratique et du philosopheest en fait — et très consciemment — dans la perspective platonicienne l'opposition de l'esclave et de l'homme libre.Voici comment les deux hommes nous sont présentés dans le Théétète : «L'un dont l'éducation s'est faite dans uneliberté et un loisir réels, c'est celui qu'on appelle un ami du savoir, un philosophe auquel on n'en voudra pas deparaître naïf et de n'être qu'un zéro quand il lui arrive de tomber à des besognes serviles, ainsi de ne pas savoir pourvoyager ficeler son paquetage, de ne pas savoir non plus assaisonner de douceurs sa cuisine ni de flatteries sespropos ; l'autre en revanche est capable de s'acquitter de toutes les besognes de ce genre avec habileté etvivement, mais il ne sait pas, à la façon d'un homme libre, d'un geste noble se rejeter sur l'épaule le pan de sonmanteau pas plus qu'il ne sait, bien sûr, quand dans un concert de discours, il a pris son tour de parole, chantercomme il convient une authentique existence aussi bien de Divinités que d'hommes heureux. »Mais un tel philosophe ne peut méditer sur les idées pures que parce que l'esclave le délivre de ses soucis matériels.Ce philosophe idéaliste peut se permettre d'ignorer le monde matériel parce qu'il a mis un esclave entre le monde etlui. Coupée de la réalité concrète, une telle «philosophie» n'est-elle pas promise à toutes les mystifications?La philosophie authentique, bien loin d'ignorer le monde matériel, réfléchira à partir de ce monde qui conditionnetoutes nos pensées. Faite pour élever, la philosophie n'est pas destinée à exiler. Et la réflexion ne doit pas être une »

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