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La thèse du libre arbitre est-elle indispensable à la morale?

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        Examen et critique du présupposé de la morale absolue On peut opposer à l'absolutisme de la citation de Kant une perspective relativiste qui n'envisage pas le comportement moral indépendamment de ses conditions de possibilité concrètes, et qui peut aller jusqu'à faire de la morale une chose totalement contingente. Nietzsche, Humain trop humain « Morale et moral. Être moral, avoir des moeurs, avoir de la vertu, cela veut dire pratiquer l'obéissance envers une loi et une tradition fondées depuis longtemps. Que l'on s'y soumette avec peine ou de bon coeur, c'est là chose indifférente ; il suffit qu'on le fasse. On appelle « bon » celui qui par nature, à la suite d'une longue hérédité, donc facilement et volontiers, agit conformément à la morale, quelle qu'elle soit (par exemple se venger ; si se venger fait partie, comme chez les anciens Grecs, des bonnes moeurs). On l'appelle bon parce qu'il est bon « à quelque chose » ; or, comme la bienveillance, la pitié et les autres sentiments semblables finissent, avec le changement des moeurs, par être toujours sentis comme « bons à quelque chose », comme utiles, c'est maintenant le bienveillant, le secourable, qu'on nomme de préférence « bon ». Être méchant, c'est n'être « pas moral » (immoral), pratiquer l'immoralité, résister à la tradition, quelque raisonnable ou absurde qu'elle soit ; mais c'est le dommage fait au « prochain » qui a été, dans toutes les lois morales des diverses époques, ressenti principalement comme nuisible, au point que, maintenant, le mot « méchant » nous fait tout d'abord penser au dommage volontaire fait au prochain. Ce n'est pas entre « égoïste » et « altruiste » qu'est la différence fondamentale qui a porté les hommes à distinguer le moral de l'immoral, le bon du mauvais, mais bien entre l'attachement à une tradition, à une loi et la tendance à s'en affranchir. La manière dont la tradition a pris naissance est à ce point de vue indifférente ; c'est en tout cas sans égard au bien et au mal ou à quelque impératif immanent et catégorique, mais avant tout en vue de la conservation d'une communauté, d'un peuple ; tout usage superstitieux, qui doit sa naissance à un accident mal interprété, produit une tradition qu'il est moral de suivre ; s'en affranchir est en effet dangereux, plus nuisible encore à la communauté qu'à l'individu (parce que la divinité punit le sacrilège et toute violation de ses privilèges sur la communauté et par ce moyen seulement sur l'individu). Or, toute tradition devient continuellement plus respectable à mesure que l'origine s'en éloigne, qu'elle est plus oubliée ; le tribut de respect qu'on lui doit va s'accumulant de génération en génération, la tradition finit par devenir sacrée et inspirer de la vénération ; et ainsi la morale de la piété est une morale en tout cas beaucoup plus ancienne que celle qui demande des actions altruistes.

« moeurs, par être toujours sentis comme « bons à quelque chose », comme utiles, c'est maintenant le bienveillant, lesecourable, qu'on nomme de préférence « bon ». Être méchant, c'est n'être « pas moral » (immoral), pratiquerl'immoralité, résister à la tradition, quelque raisonnable ou absurde qu'elle soit ; mais c'est le dommage fait au« prochain » qui a été, dans toutes les lois morales des diverses époques, ressenti principalement comme nuisible,au point que, maintenant, le mot « méchant » nous fait tout d'abord penser au dommage volontaire fait au prochain.Ce n'est pas entre « égoïste » et « altruiste » qu'est la différence fondamentale qui a porté les hommes à distinguerle moral de l'immoral, le bon du mauvais, mais bien entre l'attachement à une tradition, à une loi et la tendance às'en affranchir. La manière dont la tradition a pris naissance est à ce point de vue indifférente ; c'est en tout cassans égard au bien et au mal ou à quelque impératif immanent et catégorique, mais avant tout en vue de laconservation d'une communauté, d'un peuple ; tout usage superstitieux, qui doit sa naissance à un accident malinterprété, produit une tradition qu'il est moral de suivre ; s'en affranchir est en effet dangereux, plus nuisibleencore à la communauté qu'à l'individu (parce que la divinité punit le sacrilège et toute violation de ses privilèges surla communauté et par ce moyen seulement sur l'individu). Or, toute tradition devient continuellement plusrespectable à mesure que l'origine s'en éloigne, qu'elle est plus oubliée ; le tribut de respect qu'on lui doit vas'accumulant de génération en génération, la tradition finit par devenir sacrée et inspirer de la vénération ; et ainsila morale de la piété est une morale en tout cas beaucoup plus ancienne que celle qui demande des actionsaltruistes. » II. La morale et l'action La citation de Kant ouvre sur une interrogation sur la pratique effective de la morale – il semble délicat de s'en tenirà l'extrémisme de l'absolutisme kantien ou bien d'un relativisme total. Cette troisième partie pourrait donc examiner à nouveaux frais le rapport de l'exigence morale avecles conditions de son application, et une des solutions serait peut-être d'envisager la morale comme une pratiqueindividuelle rigoureusement organisée par des principes intellectuels, se définissant comme un certain rapport aumonde même lorsque celui-ci n'offre pas les conditions idéales de l'exercice de la morale. Aristote, Ethique à Nicomaque « On a donc raison de dire que c'est par l'accomplissement des actions justes qu'on devient juste, et parl'accomplissement des actions modérées qu'on devient modéré, tandis qu'à ne pas les accomplir nul ne saurait jamaisêtre en passe de devenir bon. Mais la plupart des hommes, au lieu d'accomplir des actions vertueuses, seretranchent dans le domaine de la discussion, et pensent qu'ils agissent ainsi en philosophes et que cela suffira à lesrendre vertueux : ils ressemblent en cela aux malades qui écoutent leur médecin attentivement, mais n'exécutentaucune de ses prescriptions. Et de même que ces malades n'assureront pas la santé de leur corps en se soignant decette façon, les autres non plus n'obtiendront pas celle de l'âme en professant une philosophie de ce genre. » 2° Il y a une morale déterministe.Que le mal soit ou non nécessaire, il n'en est pas moins le mal. De même du bien. La raison condamne l'un etapprouve l'autre, dans l'hypothèse déterministe, comme elle le fait dans l'hypothèse de la liberté. D'autre part, si l'acte bon et l'acte mauvais sont déterminés, ils le sont par des causes, par des lois. En connaissantces causes et ces lois, je puis agir sur elles et en modifier les effets, tout comme, dans l'ordre des phénomènesnaturels, connaissant la loi qui régit un fait, je provoque ou j'empêche la réalisation de ce fait en produisant ou ensupprimant sa cause. Le déterminisme ne ruine pas plus la morale qu'il ne ruine la médecine. »

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