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La tolérance, est-ce le respect de toutes les opinions ?

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■ La philosophie, comme quête de la vérité, est ainsi en lutte contre les opinions. Introduction La tolérance est une vertu que les régimes démocratiques ont souci de toujours préserver. Elle est l'une des expressions possibles de la Liberté, qui est la valeur suprême de l'État républicain, comme le rappelle par exemple la devise de la République française « Liberté, égalité, fraternité ». Mais qu'appelle-t-on exactement « tolérance » ? Au sens le plus général du terme, tolérer, c'est accepter ce qui, en principe est contraire à une certaine loi ou règle morale. Lorsqu'on tolère de la part d'autrui une certaine conduite, on accepte ce qui en principe ne devrait pas l'être. La tolérance est donc une forme de souplesse dans l'application de la loi, un choix pour préserver la liberté du citoyen plutôt que la rigueur des règlements.Toutefois le sujet proposé concerne le fait de savoir si la tolérance peut se définir comme le respect de toutes les opinions. C'est ce « toutes » qui pose ici problème. En effet, indirectement il nous est demandé s'il peut exister ou non des opinions intolérables, qu'un État démocratique lui-même ne pourrait accepter d'entendre, malgré toute sa souplesse.

« Deuxième partie : Les limites de la tolérance. L'analyse précédente ne doit pas nous faire oublier que, dans de nombreux cas, une tolérance excessive aboutit aureproche de laxisme. Le laxisme est véritablement le danger qui guette la tolérance quand, sous le prétexte del'ouverture d'esprit, on admet toute conduite, toute parole... même la plus intolérante. Et c'est bien là le paradoxesur lequel ce sujet nous invite à réfléchir : tolérer les opinions racistes, la diffamation, etc. n'est-ce pas être aussicoupable, à un autre degré, que ceux qui profèrent de telles idées ? La tolérance n'aboutit-elle pas à une forme decomplicité qu'on appelle de la complaisance ? À cette question, la démocratie a déjà donné sa réponse : on saitqu'elle cherche à se protéger vis-à-vis de tels reproches en appliquant aussi certaines formes de censure. Lacensure existe en démocratie, aussi bien pour la production d'oeuvres artistiques que pour l'expression publique. Unjournal peut être attaqué pour diffamation, certains livres peuvent être retirés des rayons de vente si l'on juge qu'ilsportent atteinte à l'intégrité d'autrui. Comment interpréter de telles actions ? Ou bien cela signifie que la démocratie aspire à devenir une dictature, ou bien cela indique que pour elle toutes lesopinions ne sont pas également respectables. Or on sait qu'une démocratie se définit par opposition à toute formed'autoritarisme. C'est donc bien la seconde hypothèse qui doit être privilégiée : toutes les opinions ne sont pas pourelle respectables, et celle-ci n'a donc pas à les respecter, mais bien plutôt à les combattre. Toutefois, on doit constater que ce combat porte toujours sur des situations précises : celles où des opinions sontexprimées publiquement, à travers des canaux de diffusion publique, comme l'édition ou la presse. Il faut donc endéduire que la démocratie n'intervient pas dans le domaine de l'expression d'opinions privées, c'est-à-dire dans lecadre intimiste de la vie privée.Cependant, on ne peut manquer d'évoquer, pour terminer, le tour nouveau que prend ce problème à l'heure del'apparition de nouvelles technologies de communication qui, tel l'Internet, autorisent sans contrôle la proliférationdes opinions parfois les plus condamnables. Or Internet est un moyen de diffusion à dimension publique, même sichaque usager peut créer son site « privé ». La démocratie doit-elle tolérer Internet ? Conclusion Nous avons vu que le problème de la tolérance est de nature politique. La démocratie qui fait de la tolérance une deses valeurs fondamentales se doit pourtant de distinguer entre le tolérable et l'intolérable, l'admissible etl'inadmissible. Par conséquent, la vraie tolérance n'est pas celle qui admet toutes les idées, même les plusintolérantes, mais celle qui tient à préserver la liberté d'expression, sans mettre en danger le principe même de ladémocratie. CITATIONS: « Le fanatisme n'est pas une erreur, mais une fureur aveugle et stupide que la raison ne retient jamais. »Rousseau, Lettre à d'Alembert, 1758. « Je suppose que l'ordre fanatique, par sa perfection même, s'est trouvé la source des plus grands maux. [...] Laseule idée qu'il y a des dissidents quelque part, la seule idée que le monde entier des hommes n'est pas encoreconverti, jette aussitôt le fanatisme en la plus folle des entreprises, la guerre. » Alain, Propos du 1er octobre 1934. « Combien de fois n'ai-je pas observé avec étonnement des hommes, qui se vantent de professer la religionchrétienne, c'est-à-dire l'amour, la joie, la paix [...], se combattre avec la plus incroyable malveillance et setémoigner quotidiennement la haine la plus vive; si bien que leur foi se faisait connaître plus à la fureur de leurattitude, qu'à leur pratique des vertus. » Spinoza, Traité théologico-politique, 1670. « Je vous dis qu'il faut regarder tous les hommes comme nos frères. Quoi ! mon frère le Turc ? mon frère leChinois? le Juif? le Siamois? Oui, sans doute; ne sommes-nous pas tous enfants du même père, et créatures dumême Dieu ? »Voltaire, Traité sur la tolérance, 1763. »

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