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L'action humaine est-elle déterminée par les lois de la nature ?

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En effet, toute chose à une cause, elle n'apparaît pas spontanément, et elle même provoque certains effets. La question étant alors de savoir si l'action humaine est régie par ce même type de loi. Autrement dit, l'action humaine peut-elle être réduite à une cause qui est elle-même l'effet d'une cause antécédente, elle-même l'effet d'une cause antécédente.... Suis-je dans mes actions régit par cette causalité infinie de manière, comme nous l'avons vu, nécessaire? Si c'est le cas, ne deviens-je pas le simple automate des lois de la nature qui énonce cette causalité à l'oeuvre dans le réel? Kant: nécessité naturelle et liberté humaine Nous sommes au Tribunal d'Assise, qui juge les personnes majeurs accusées de crime. L'avocat de la défense s'approche du jury, des assesseurs et du président de la Cours, pour exposer sa plaidoirie. Il nous explique que l'acte de son client n'est pas gratuit, il a plusieurs causes, à commencer par son enfance malheureuse, le calvaire que lui faisait vivre son patron... En somme, il énonce des circonstances atténuantes. De cette manière, il éveille l'intérêt du jury sur les causes qui ont joué sur son client de manière à diminuer sa responsabilité: il n'était qu'une marionnette manipulée par des événements tragiques qui l'ont poussé à faire ce qu'il a fait, qui l'ont déterminé à agir ainsi.

L’action humaine, c’est ce par quoi l’homme se rapporte activement au monde, ce qu’il fait, ce qu’il produit, ce qu’il entreprend, ce qu’il transforme aussi.
Déterminer une chose, c’est l’orienter d’une certaine manière, la conditionner, lui donner éventuellement des règles. Cela peut avoir un sens très fort, comme dans le mot « déterminisme « par exemple.
L’expression « lois de la nature « est plus problématique : nous concevons en effet généralement les lois comme des créations humaines ; ici il s’agit de lois, de règles, de grands principes généraux qui existent spontanément dans la nature, de manière ordonnée. Or la nature est ce qui est intouché, inorganisé par l’homme – y concevoir des « lois « ne va pas du tout de soi : le sujet présuppose la conception d’une nature comme ordre.

« I. Nous sommes au Tribunal d'Assise, qui juge les personnes majeurs accuséesde crime. L'avocat de la défense s'approche du jury, des assesseurs et duprésident de la Cours, pour exposer sa plaidoirie. Il nous explique que l'acte deson client n'est pas gratuit, il a plusieurs causes, à commencer par sonenfance malheureuse, le calvaire que lui faisait vivre son patron... En somme,il énonce des circonstances atténuantes. De cette manière, il éveille l'intérêtdu jury sur les causes qui ont joué sur son client de manière à diminuer saresponsabilité: il n'était qu'une marionnette manipulée par des événementstragiques qui l'ont poussé à faire ce qu'il a fait, qui l'ont déterminé à agir ainsi. Kant va nous dire qu'il s'agit ici d'un premier niveau de lecture. Mais poursaisir cela, il nous faut faire un détour par sa Critique de la Raison pure , et notamment sa partie nommée Esthétique transcendantale . Tout ce que je perçois, je le perçois toujours à travers un filtre que Kant nomme les formes a priori de la sensibilité (a priori en ce sens qu'elles précèdent toutes perceptions), et qui est composé du temps et de l'espace. Nous ne pouvonséchapper à cela, nous voyons tout dans l'espace et le temps, c'est là lacondition même de tout phénomène : un cèdre dans cette forêt, ce visage dans le métro, les étoiles dans le ciel... Or, le monde phénoménal est régit pardes rapports de causalité. Toutes choses qui s'y trouve à une cause, etproduit des effets. A ce niveau de lecture, mes actions sont en effet inséréesdans ce rapport de causalité: je bois parce que j'ai soif, j'ai soif parce que j'ai couru, j'ai couru parce que je voulais attraper mon bus... etc. Mais que devient une chose hors de ma perception, i-e en dehors de l'espace et du temps? En d'autres termes,qu'est-ce qu'une chose en soi et non pour moi ? Kant nous dit que nous ne pouvons connaître ce qu'est une chose en dehors des formes a priori de la sensibilité. Pour cela, il nous faudrait pouvoir quitter cette posture dans laquelle nous sommes enfermés, et nous ne pouvons pas. Cependant, si un arbre, un visage ou les étoile existent en soi, endehors du temps et de l'espace, de ma perception, de même, une partie de moi-même y échappe aussi de ce fait.En effet, lorsque je prend conscience de ce qui se passe en moi, je vois des images défilées, des idées (...): or,pour défiler, elles ont bien besoin du temps. Je les vois donc à travers le temps, comme phénomène. Mais une partiede moi existe en dehors de cette perception, une part qui transcende le temps, un moi en soi. Or, ce moi, s'il se situe en dehors de l'espace et du temps, échappe également à tout ce qui régis ce qui se trouve dans l'espace et letemps, à commencer par la causalité. Une part de moi échappe donc à l'influence de monde, à ses déterminations,et est capable de se déterminer uniquement par elle-même. Rien n'agit sur elle puisqu'elle est en dehors de touteatteinte, et assure la liberté de l'homme qui peut générer une action libre de toutes influences phénoménales. Le rêve d'Icare II. Si une partie de l'homme échappe à la causalité qu'énoncent les lois de la nature, il n'empêche cependant qu'uneautre partie reste irrémédiablement clouée au sol. La gravité, la météorologie, les marées, et bien d'autresphénomènes encore détermine grandement mon action. Kant bien évidemment n'insinue pas qu'une partie de nouspourrait échapper à la gravité universelle et s'élancer dans les airs aussi surement qu'un oiseau de proie.Simplement, les lois de la nature sont aussi présente en moi, d'une manière biologique, comme les divers instincts quime poussent à abdiquer au premier de mes penchants. Ces instincts, parce qu'ils sont biologiques sont desphénomènes réductibles à un ensemble chimico-organique régis par les lois de la biochimie. Mais si je peux contrôler, échapper même à mes instincts, il n'empêche que l'homme reste dépendant de biens deslois qui déterminent son action. En ce sens, on peut voir la technique ( technè en grec, l'outil) comme une tentative de palier à ses lois, et ce à tous les niveaux. L'aérospatial est bien une tentative de se jouer de la gravitation,augmenter les possibilités de l'homme sinon restreinte à se déplacer dans un espace à deux dimensions (longueur etlargeur, sans hauteur). De même, les métastases d'un cancer qui viennent d'une production anarchique etincontrôlable de cellules peuvent être en partie, et malheureusement qu'en partie avec tous les à côtés que l'onconnaît, éradiquée. L'homme n'a de cesse de défier les limites que lui impose son environnement, pour augmenter la marge de sespossibles, la question devenant de savoir s'il n'est pas l'égal d'Icare qui, bravant l'interdit de son père Dédale,s'approcha trop près du soleil avec ses ailes de cire. Les limites de l'homme dans le monde physique et biologiquesont repoussées de manière exponentielle, de telle manière qu'il a su même confectionner les armes qui pourraitéradiquer l'humanité toute entière et le biome sur lequel il est assis. C'est précisément, en ce sens, cette nécessitéd'utiliser chaque parcelle de la nature, de se défier des lois, qui peut mener l'homme progressivement à détruirecette nature même qu'il utilise. III. Spinoza: comprendre pour être libre »

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