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L'art chez Scopenhauer

Publié le 29/05/2012

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Quelle sera la transition entre le monde de la volonté et le monde de l'art? Comment le philosophe de la nature se changera-t-il en maître d'esthétique? C'est ici que Platon intervient. Le domaine de la représentation, tel que Kant l'a déterminé, et le domaine de la volonté, tel que Schopenhauer l'a décrit, le monde des phértomènes et le monde de la réalité sont rejoints l'un à l'autre par l'intermédiaire des idées platoniciennes, sorte de principes mixtes qui semblent participer de la volonté et de l'intelligence. La nature les a laissé entrevoir : " Dans les différents degrés de la volonté, nous avons déjà reconnu les idées platoniciennes, en tant que ces degrés sont les espèces déterminées, les propt·iét&s primordiales...

« 1 ~ les Cormes immuables qui, soustraites au devenir, se manifestent en tous les corps, inorgaùiques ou organi­ aés.

Ces idées se manifestent dans d'innombr'l.bles indi­ vidus auxquels elles servent de modèles.

Mais la plura­ lité des individus est représentable seulement dans l'es­ pace et le temps· leur origine et leur mort s'expriment par la loi de causalité, ils sont soumis, à.

la raison suffi­ sante, dernier principe de toute individuation, et forme générale de la représcmtation.

L'idée, au contraire, est soustraite à cette loi: chez elle, il n'y a ni pluralité, ni devenir.

Tandis que les individus dans lesquels elle se manifeste Bont multiples, soumis à la ·naissance et à la.

mort, elle demeure immuable, une et identique, et la rai­ son suffisante n'a pour elle aucun sens.

Or, si la raison suffisante est la forme à laquelle est soumise toute con­ naissance du sujet, en tant que ce sujet est individu, il en résulte que les idées doivent demeurer en dehors de sa sphère de connaissance.

Les idées doivent-elles de­ venir objet de connaissance, cela ne peut être que par la suppression de l'individualité dans le sujet connaissant l.

• Les idées apparaissent ainsi dans la nature comme les symboles des espèces, les types surlesquels se règle toute réalité.

Tandis que la nouvelle méthode des sciences naturelles élimine les notions de genre et d'espèce, rotn pt les cadres des classifications logiques, et introduit le devenir sans limites dans l'univers vivant, Schopen­ hauer, pour arrêter ceïlot perpétuel des choses qu'ima­ ginait jadis Héraclite, asservit les phénomènes aux idées immuables, aux types spécifiques.

Cette intervention des idées dans la nature même ressemble déjà, si l'on peut dire, à une première esthétique qui rétablit l'ordre et l'harmonie parmi le chaos des êtres.

Mais comment attribuer aux idées une valeur toute platonicienue, dans une doctrine qui, pour premier ob­ jet, se propose de démontrer le caractère relatif et suh- t.

Die lVelt, tome 1, liv, III, 1 ~().. »

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