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"L'art de faire attention, qui est le grand art, suppose l'art de ne pas faire attention, qui est l'art royal" Alain ?

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alain

Quel est son intérêt, et quelles questions philosophiques pose-t-elle ? C'est ce à quoi il faut répondre en premier. Ce qui est concerné ici, c'est la conduite de notre vie, c'est l'attitude générale et le rapport au monde que l'on a. La portée de la citation est pratique plus que spéculative. Alain définit une bonne manière de se rapporter au monde, composée d'attention et de non attention, comme si le bon usage de l'attention supposait de pouvoir se passer de l'attention. Comment parvenir à cette double aptitude ? Faut-il s'éduquer, s'entraîner ?  Il faudrait envisager les modalités d'une pareille éducation. Et qu'implique, pour la compréhension du rapport au monde, le caractère double de cette citation ? Elle implique une grande complexité de ce rapport.

« Introduction Dans son livre M inerve ou de la Sagess e, le philosophe Alain nous donne, entre autres, à penser cette formule énigmatique : " L'art de faire attention, qui estle grand art, suppos e l'art de ne pas faire attention, qui est l'art royal ". Il y va, ici, de notre façon de vivre et donc, tacitement, de notre bonheur. Alain cons idère - et c'est là sa thèse - la vigilance et l'insouciance, pourtant antinomiques, comme deux arts magistraux dans la c onduite de notre vie. Cette pos ition est loin d'être neutre puisqu'elle met en perspective une manière de vivre contradictoire tout en donnant le sentiment d'exprimer u ne véritéuniverselle. Elle suppose ains i une dualité intrinsèque d e l'homme dans sa manière " esthétique " d'être. T out art est en effet l'oeuvre d'une volontéd'esthétiser, de parfaire son action.Mais A lain va plus loin. En substance, ce dernier nous affirme que de la maîtrise du second art, " l'art royal ", dépend le premier, le " grand art ". La capacitéd'être vigilant dépendrait fondamentalement de son inverse ? A lain nous donne ici à voir, de manière figurée, un fonctionnement humain. Deux questions seposent alors :- En quoi la subordination de l'attention à l'inattention relève, dans l'activité humaine, de l'art suprême ?- Vers quoi conduisent ces arts, une fois maitris és ? I) Une insouciance vigilante ? Essayons tout d'abord d'analyser les termes de cet aphorisme. L' "art de faire attention" renvoie vrais emblablement à notre degré d'attention dans la viequotidienne. Lorsqu'il est élevé au maximum, Alain considère celui-ci comme relevant du "grand art ". Il faut bien avouer que rester vigilant et attentif touteune journée semble parfois relever d e la gageure tant nous sommes sollicités de toute part au sein de nos sociétés contemporaines. La performance estdevenue, en effet, un critère primordial de réussite sociale. M ais le fait d'être le plus souvent attentif au monde et aux événements est également unemanière consacrée d'être pleinement au monde par de nombreuses pensées, philosophies, religions. C 'est en ce sens que l'on peut acc ueillir de prime abordce "grand art" dont parle A lain. Si Aristote faisait de la "prudence" une vertu cardinale dans la pour suite de nos vies, il reconnaissait également que comme idéal, celle-ci n'était pasapplic able parfaitement dans la vie. Nul ne saurait être prudent cons tamment, évidemment. Ajoutons encore qu'une attention constante poussée à sonparoxysme ne saurait, de fait, conduire à quelconque bonheur, positivement compris. C ette manière d'être ne pour rait, tout au plus, recevoir une conceptionnégative du bonheur. Ainsi est-ce la cas de nombreuses écoles philosophiques de l'antiquité grec que (sceptiques, stoïques, épicuriens), qui ne concevaientle bon heur que comme "ataraxie", c'est-à-dire comme absence de troubles . Mais ce " grand art " qu'est l'attention constante, n'est-il pas, en lui-mêmegénérateur de troubles, puisque constamment en proie a u stress, aux appréhensions, aux s oucis, aux angoisses ?Mais le propos d'A lain est plus large que cela encore. Selon lui, ce "grand art" ne peut se comprendre indépendamment d'un "art royal" . C e dernier estdésigné par Alain comme la c ontradiction du premier. Il peut alors paraître étrange de c oncevoir la non-vigilance, l'insouciance, la flânerie, la passivitécomme autant de marques d'un "art royal" ! Nous pouvons y voir une certaine ironie d'A lain concernant notre situation c ontemporaine. Il tient en effetparfois de la gageure d'être inattentif, au repos, tant nous sommes constamment assaillis d'informations, de bruits, de pensées spéculatives et decontraintes diverses. Nous sommes joignables, à présent, partout et tout le temps avec les avancées technologiques en téléc ommunication. De fait, l'artd'être attentif repose et dépend tout entier de nos périodes de latence et d'ins ouciance. Suprêmement, le sommeil est cet état momentané d'inconsciencequi conditionne nos performances du lendemain. II) La spontanéité retrouvée et l'épanouissement Remarquons, de fait, la qualité simple et évidente de l'analyse d'A lain. L'homme ne peut être vigilant que parce qu'il a su se mettre au repos , faire le vide,faire abstraction des angoisses et agressions quotidiennes. Et cet art double est en fait interdépendant. A lain, à la sui te de cet aphorisme, s'explique sur lelien originel qui unit la veille e t le repos de l'esprit humain. Il annonce déjà une critique de notre rythme de vie en constante accélération : "Savoir dormir, savoir se reposer, savoir ignorer, savoir oublier , voilà ce qui est trop rare dans les chefs. L'homme est étrangement ass iégé ; couleurs,odeurs, bruits, contacts ne cessent pas de se précipiter par les portes de l'homme ; s'il tient audience ouverte , il es t perdu. La résolution de dormir estmerveilleuse ; c'est un refus d'attention. " Alain cons tate les difficultés qu'éprouvent les décideurs, les "c hefs", c'est-à-dire les personnes avec les plus gross es responsabilités , à trouversimplement le sommeil. Le fait est que nous sommes tous "assiégés" par la profusion d'informations que nous retransmettent cons tamment nos sens. Sansdoute Alain dévoile alors une critique de ce vacarme ambiant qui constitue une grande part de notre réalité quotidienne. Si l'homme " tient audience ouverte,il est perdu ", dit-il. C 'est donc bien, comble de l'ironie, un " art royal " que de parvenir à se déconnec ter de cette réalité de diffusion/profusion. Une choseaussi élémentaire que le repos peut devenir problématique au s ein de notre époque. Mais, de fait, cette capacité à se laisser tomber dans les bras deMorphée, nécessite toujours déjà un certain travail, un " c ourage ", nous dit Alain à la suite du texte : "Il y faut un courage tranquille et une indifférenc e aux frontières; la surface du corps ne se hériss e plus, elle se confie; cette réconciliation est la substanc edu bonheur. Qui se prive de sommeil se prive d'éveil. Qui ne dort pas assez est littéralement empoisonné par sa propre agitation; qui a dormi es t lavé." C'est finalement une pensée élémentaire mais capitale que nous délivre ici A lain, à la limite de la simple biologie. Mais en abordant celle-ci, Alain nousoblige à considérer la complexité, d'abord invisible, qui caractérise la capacité humaine à trouver le bon équilibre entre veille et repos. A lain, comme lesécoles Antiques nommées ci-dessus, esquisse ici une vision négative du bonheur, comme totale absence de trouble, réconciliation entre l'esprit et le corps.Cependant le sommeil a un caractère "royal" en ce qu'il détermine notre vie quotidienne. L'insomniaque sera constamment dans un état intermédiaire, entreveille et repos. Un sommeil c omplet nous redonne la fraîcheur néces saire pour une nouvelle journée. Conclusion - Alain nous donne ici à comprendre le caractère interdépendant de nos états de veille et de repos. De la même manière que la théorie du Yin /Yang, cesdeux états sont complémentaires en ce qu'ils représentent, ajoutés , l'intégralité de notre réalité. Cette pensée, à la fois élémentaire et subtile, permetd'engager une réflexion critique sur notre hygiène de vie c ontemporaine. - Alain considère, non sans ironie, ceux-ci comme des " arts ". Il indique par là la difficulté liée à une chos e qui, pourtant, semble aller de soi. L'équilibre estdifficile, entre les périodes de veille et de repos, sans doute même de plus en plus difficile à trouver, dans une époque toute entière dévouée à laperformance et à la course vaine c ontre le temps. »

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