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L'art est-il un langage ?

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Selon Bergson, le langage, par son origine, ne dit pas la singularité des émotions, la particularité de mes sentiments, il ne peut dire mon individualité : il a une structure qui généralise. Or précisément l'art est bien l'expression de la particularité, ce serait donc un langage à part. Et l'art n'est-il qu'un langage ? Ne recèle-t-il pas une part d'inexplicable, de non communicable, qui serait lié à la sensation (dans l'expérience esthétique) ? Si, pour Kant, le jugement de goût est universel, peut-il participer à un langage (voir la Critique de la faculté de juger) ?   Introduction Il n'y a pas de symptôme plus évident d'inintelligence esthétique que la question que l'on entend quelquefois posée en présence d'une oeuvre picturale, poétique ou musicale : « qu'est-ce que ça signifie ? « Cette question de béotien présuppose que l'oeuvre d'art a un contenu qui importe plus que la forme, qu'elle est à « comprendre «, qu'elle a donc la structure de renvoi qui caractérise le signe linguistique. Pourtant l'expression « comme un langage « implique qu'il y a ici analogie, c'est-à-dire une forme transgénérique d'unité entre deux formes de communication qui sont irréductibles l'une à l'autre.

I - Les beaux-arts sont un langage.

a) Une sculpture de Picasso peut ressembler à une statue africaine mais c'est au prix d'une totale méprise.

L'art est un langage. Il permet aux hommes d'exprimer ce qu'ils ressentent. Les mots parfois échouent à dire ce que l'art est capable d'exprimer. MAIS, l'art ne peut pas être considéré totalement comme un langage. Car, il n'est qu'expressivité et subjectivité. Or, le propre du langage est d'être un moyen de communication objectif.

a) Les hommes n'ont pas toujours possédé le langage.
b) L'art est un langage matériel.
c) L'art est la source des langues.

a) L'art est un système clos.
b) L'art ne peut pas parler de lui-même.
c) L'art n'est pas constitué d'unités signifiantes.

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« Lorsque l'on parle de l'art sous toutes ses formes, on utilise un vocabulaire lié au langage : la musique est constituée de « phrases », se « déchiffre », « s'écrit », fait « dialoguer » deux instruments ; il existe différentes« lectures » possibles d'un tableau ; ou encore nous parlons du langage corporel de la danse. Sans compter quecertaines formes d'art tels la poésie et la littérature en général font explicitement usage du langage. Dès lors, peut-on dire que l'art est un langage ? Ce questionnement se justifie dans la mesure où il détermine une certaineconception de l'art, puisque si l'art est un langage il doit être considéré comme appartenant au domaine du rationnelEn effet, si l'art est langage, c'est-à-dire faculté d'entrer en communication et de créer une signification enorganisant un système de signes, alors cela implique qu'il dépend de certaines règles, de certains codes établis aupréalable et qui font de l'art avant tout une prouesse technique. Mais quelle est alors la place de la subjectivité etde la création ? A partit de là on peut se demander si le fait de considérer l'art comme un langage n'est pastributaire d'une certaine théorie de l'art qu'il faut interroger afin de voir quelle est la part de préjugé qu'ellecomporte. Cependant, on remarquera que jusqu'ici on a d'emblée associé art et langage linguistique, soit pour lesconfondre, soit pour les dissocier. Mais ne serait-il pas possible de poser que l'art est « un » langage, autrement ditqu'il a son propre langage, différent de celui dont nous faisons usage par le biais de la voix ? Dans un premier tempson verra donc en quoi l'art peut être considéré comme un langage, en tant qu'il procède de la mise en œuvre derègles dans le but de signifier. Puis nous nous demanderons si l'analogie entre art et langage est véritablementjustifiée, étant donné que l'art se révèle comme lié à la subjectivité de l'artiste et du spectateur. Enfin il conviendrad'analyser de plus près la notion de langage, en essayant de déterminer si, lorsqu'elle est attribuée à l'art, ellen'acquiert pas un sens nouveau, radicalement différent que celui qu'implique la linguistique. I. L'art est un langage Si l'on se demande si l'art peut être un langage, il faut commencer par se demander quelles sont les caractéristiques fondamentales du langage. Ainsi, comme le dit Alain dans ses Vingt leçons sur les Beaux Arts , il faut d'abord « prendre le langage aux racines » afin de comprendre ce qu'il est véritablement. Alain avance alors que « lepremier et le puissant langage, c'est l'action. Agir, c'est signifier ». Par exemple, l'action du corbeau qui s'envole nesignifie pas pour elle-même, mais pour les autres : elle invite les autres corbeaux à s'envoler. Alain en tire que, dèslors, comprendre ce premier langage, c'est imiter : « le premier échange consiste à trouver écho dans lesemblable ». Ce langage, qu'Alain appelle « langage absolu », n'a pas d'autre objet que lui-même, il signifieseulement que nous sommes en communication. Voyons à présent à partir de là en quel sens l'art peut être conçucomme un langage. Alain prend ici l'exemple de la danse. Elle consiste en l'imitation et en la répétition demouvements, en vue de la plus parfaite reproduction du mouvement d'origine. Cet apprentissage des mouvementsest un apprentissage de « signes » qui ne signifient rien d'autres qu'eux-mêmes. L'analogie entre la danse et lelangage s'établit donc clairement : « La danse […] serait donc la plus ancienne conversation, celle qui n'exprime rienqu'elle-même. Nous sommes en conversation, et nous disons ceci, que nous sommes en conversation ». Alain étendensuite l'analogie entre danse et langage à l'ensemble des arts : « Le langage absolu se retrouve dans tous les arts,qui, en ce sens, sont comme des énigmes, signifiant impérieusement et beaucoup, sans qu'on puisse dire quoi ».Autrement dit, l'art porte un sens qui n'est exprimable que par l'art lui-même. L'art est « un langage qui n'exprimerien que lui-même ». Dans un premier temps, l'art peut donc être considéré comme un langage car il ne dit rien quisoit relatif à rien. Il possède la première des caractéristiques du langage qui est l'entrée en communication avecautrui. Cependant, le langage n'est pas que communication, il est aussi signification. Le but du langage n'est pas seulement de savoir imiter l'autre, mais de savoir ce qu'il signifie en lui et pour nous. Or, la signification ne peutnaître qu'à la condition que le langage soit un système de signe, cela seul permettant de saisir la significationcomme un tout. Qu'en est-il de l'art ? Peut-on le considérer comme un tout ? Victor Hugo, dans le chapitre intitulé« Ceci tuera Cela » de Notre-Dame de Paris , montre ainsi comment l'histoire de l'architecture peut être vue comme le développement d'un langage, depuis le balbutiement premier jusqu'à la l'élaboration d'une véritable rhétorique,depuis la position d'éléments simples jusqu'à l'assemblage complexes d'éléments signifiants. Pour lui, « L'architectureest le grand livre de l'humanité ». Ainsi, « L'architecture commença comme toute écriture. Elle fut d'abordalphabet ». Les pierres dressées, première forme d'architecture, étaient alors semblables à des « lettres ». Puisvinrent les « mots », composés d'ensembles de pierres, tels les dolmens, les tumulus. Enfin on fit des livres : « lepilier qui est une lettre, l'arcade qui est une syllabe, la pyramide qui est un mot, mis en mouvement à la fois pas uneloi de géométrie et par une loi de poésie, se groupaient, se combinaient, s'amalgamaient, descendaient, montaient,se juxtaposaient sur le sol, s'étageaient dans le ciel, jusqu'à ce qu'ils eussent écrits, sous la dictée de l'idéegénérale d'une époque, ces livres merveilleux, qui étaient aussi de merveilleux édifices ». L'analogie entre l'art et lelangage se ressert ici puisque l'art, comme le langage peut être considéré comme un système. Néanmoins, l'assemblage de signes linguistiques ne peut être arbitraire. Pour être véritablement signifiant et compris de tous, le langage doit respecter une certaine grammaire, une certaine logique d'assemblage des signes.L'utilisation du langage est donc au préalablement codifié. Dès lors, peut-on dire de l'art qu'il suit certaines règles »

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