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Le beau et le sublime chez Kant

Publié le 11/04/2004

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Or, nous venons de le voir, le jugement de goût est toujours particulier et ne procède pas par concepts. Cette finalité est sans fin. On ne peut lui assigner une fonction.  La forme finale de l'objet a l'apparence de la gratuité. Les êtres vivants ont aussi la forme de la finalité mais cette finalité n'est pas sans fin puisque les parties concourent à une fin, la survie. Cette troisième définition montre que Kant ne définit pas la beauté à partir de la seule qualité de l'émotion. La beauté n'est pas que dans le sujet.  Tout n'est pas beau, tout n'est pas susceptible de produire le plaisir esthétique, cela ne dépend pas de la seule disposition intérieure. D'où vient le plaisir? ·         d'un objet dont la forme finale peut paraître gratuite, ce qui nous prédispose au désintéressement.

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« L'esthétique L'oeuvre d'art produit sur le spectateur un sentiment esthétique qui lui fait prononcer ce jugement : " c'est beau! ".D'où vient ce jugement ? Pendant très longtemps, on a cru que le beau était dans l'objet même.

On parlait des "canons de la beauté ".

Mais toujours ces critères étaient relatifs, dépendaient de l'époque et de la société.

Kant acomplètement renouvelé la question en écrivant une Critique de la faculté de juger, dans laquelle il examine, non pas les règles canoniques de la beauté, mais comment nous sommes sensiblement affectés par un objet ou sareprésentation.

Il procède à une analytique du beau, c'est-à-dire à une décomposition de ce qui se passe au cours de l'opération qui nous conduit à juger une oeuvre.

Il dégage ainsi quatre définitions du beau. Les quatre définitions du beau L'objet d'un plaisir désintéressé : le rapport à l'oeuvre d'art doit être désintéressé, car si nous sommes liés financièrement à l'oeuvre, notre jugement n'est plus neutre.

On nomme intérêt la satisfaction que nous lions à la représentation de l'existence d'un objet.

Il faut tirer de la contemplation de l'oeuvre une satisfaction désintéressée, telle que l'existence de l'objet n'ait aucune incidence sur notre jugement.

Par exemple, lejugement de goût n'a pas besoin de la présence physique de l'oeuvre d'art : un musicien entend la musique à lasimple lecture d'une partition, alors qu'aucun instrument ne la joue encore. De là, Kant distingue le beau de l'agréable : l'agréable est ce qui plaît aux sens dans la sensation.

L'agréable procure un plaisir qui passe par les sens ; l'agréable pousse à une inclination forte vers l'objet ; il n'est pasdésintéressé.

Il distingue aussi le beau du bon : le bon est ce qui plaît à la raison en tant que moyen en vue d'une fin.

Là encore, la satisfaction est intéressée ; l'objet bon est jugé tel par les intérêts de la raison. Ce qui plaît universellement sans concept : cette définition est doublement paradoxale.

D'abord, il y est dit qu'il n'y a pas de concept du beau, c'est-à-dire pas de définition ; cela veut dire qu'il n'y a pas de causeintellectuelle du sentiment esthétique ; aucun concept rationnel ne pourra provoquer l'émotion esthétique.Ensuite, il y est question de satisfaction universelle, alors que la satisfaction est un sentiment subjectif.

Celaveut dire que le sentiment est interne au sujet, mais comporte en lui-même une exigence de partage : on nepeut pas s'empêcher, lorsqu'on a subi un choc esthétique, d'essayer d'en parler, d'en faire une expérienceuniverselle.

Ce sentiment réclame un accord universel. Le jugement de goût n'est pas un jugement de connaissance.

Le beau n'est pas le vrai.

Dans le jugement deconnaissance, le sujet recherche l'adéquation entre la représentation mentale d'un objet extérieur et cet objet ; ilproduit un jugement objectif.

Alors que dans le jugement esthétique, le sujet éprouve une harmonie intérieure,c'est-à-dire une adéquation entre sa représentation mentale et lui-même ; l'objet n'est pas en cause.

Le beau neporte pas sur l'oeuvre, mais sur la représentation que le sujet a de l'oeuvre. La forme de la finalité d'un objet sans fin : chacun perçoit dans une oeuvre d'art un objet artificiel, le résultat d'un travail humain, lequel a été animé par une intention au service de laquelle l'artiste a réuni desmoyens.

Le travail artistique est une activité organisée, non aléatoire.

Le public perçoit l'oeuvre comme unobjet finalisé, mais ignore les intentions réelles de l'artiste.

Personne ne peut dire avec certitude ce quel'artiste a voulu faire.

La fin d'une oeuvre n'est ni son contenu (un sentiment, une idée, unmessage`quelconque) car ce serait confondre le beau et le bon (adéquation de l'oeuvre au message), ni samatière (par exemple, une couleur) car ce serait confondre le beau et l'attrayant. L'objet d'une satisfaction nécessaire : la satisfaction éprouvée au contact du beau s'impose comme nécessaire.

Et pourtant, cette nécessité ne découle pas d'une déduction logique, d'une démonstration à partird'un concept.

Elle est vécue comme l'application d'une règle admise, quoique non connue, à savoir commel'émanation d'un sens commun.

Le sens commun est une manière de sentir commune à tous les hommes.

Si ce sens commun n'existait pas, aucun jugement de goût ne serait possible.. »

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