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Le juste milieu est-il toujours préférable ?

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La moyenne ne suppose pas que les actions soient modérées, l'action qui choisit le juste milieu, si. Le problème est justement de reconnaître quand on a ou non affaire au juste milieu et quand il s'agit d'un excès ou d'un défaut  (ex : le courage n'est pas un excès, mais la témérité, si. La lâcheté est un défaut, mais pas la prudence). De plus, le juste milieu est toujours déterminé par ses extrêmes (il est le milieu entre deux extrémités) : de ce point de vue, c'est un concept relatif. A partir de là, la réponse à la question semble devoir être : le juste milieu n'est pas toujours préférable car cela dépend de la nature des extrêmes. ·                     Il faut chercher pourquoi le juste milieu est en général préférable (présupposé du sujet) ce qui conduit à s'interroger sur ce que veut dire préférable : le préférable est ce qu'il faut choisir. Pourquoi le "faut" il ? Derrière le préférable, il y a l'idée d'obligation. Mais cette obligation ne paraît pas inconditionnelle : c'est préférable si (on veut ceci etc.).

 

Il semble aller de soi que le juste milieu est toujours préférable car les excès et les défauts nous sont néfastes (trop travailler, ne pas assez travailler), et on loue en général les hommes "mesurés", on critique les "extrémistes" (les partisans des extrêmes). Mais d'un autre côté, il y a des situations ou choisir le juste milieu, c'est faire preuve de cynisme, n'agir qu'en vue de son avantage sans avoir d'égard pour le bien ou pour les autres hommes (négocier avec des nazis). Dès lors il faut s'interroger pour savoir si le juste milieu est toujours préférable, et si non, dans quelles situations il l'est et pourquoi. L'enjeu est de savoir si on peut donc définir la vertu comme étant un juste milieu.

 

« 1. Le juste milieu est toujours préférable car il permet de définir la vertu ou le bien . - Il faut savoir être mesuré car l'hybris est destructeur. Comme le montrait Platon, République IX 580 d : "Puisqu'il y a trois parties de l'âme, il me paraît qu'il y a aussi trois sortes de désirs propres à chacune d'elle, etaussi trois sortes de plaisirs et de commandement" : ces trois parties sont la concupiscence ( epithumia ) à avoir le désir relatif au plaisir du corps, le courage / coeur ( thumos ), qui est l'ardeur ou le zèle, et enfin la raison. Une âme déréglée ne peut harmoniser ses désirs avec la raison, et l'homme en proie aux dérèglements(c'est-à-dire à la non harmonisation de ses désirs) est esclave de lui même et comme un pantin tiraillé detoutes parts. Choisir le juste milieu, c'est orienter ses désirs par la raison qui perçoit ce qui est juste et bien, lejuste étant un équilibre des parties dans lequelle chacune fait ce qui lui est propre (comme dans une cité oùl'harmonie suppose que chacun accomplisse son action propre et ne quitte donc pas le milieu qui lui convient). - Ceci permet alors de définir, avec Aristote, la vertu comme "disposition de la volonté consistant dans unjuste milieu relatif à nous, lequel est déterminé par la droite règle et tel que le déterminerait l'homme prudent"(Ethique à Nicomaque II, VI, 1106b) : en effet, la vertu est toujours un milieu entre deux vices contraires, comme le courage est vertu entre la lâcheté et témérité (qui consiste à agir de manière imprudente en prenantdes risques inconsidérés). "La vertu est une disposition à agir d'une façon délibérée,consistant en un juste milieu relatif à nous, lequel est déterminérationnellement (sous la forme d'un rapport) et comme ledéterminerait l'homme prudent. C'est un juste milieu entre deuxvices, l'un par excès et l'autre par défaut; et c'est encore un justemilieu dans la mesure où certains vices sont au-dessous, etd'autres au-dessus de « ce qu'il faut », dans le domaine desaffections aussi bien que des actions, tandis que la vertu, elle,découvre et choisit la position moyenne. C'est pourquoi, dansl'ordre de la chose et de la définition exprimant l'essence, la vertuest un juste milieu, tandis que dans l'ordre de l'excellence et del'accompli, c'est un sommet." ARISTOTE. Aristote récapitule sa définition de la vertu morale, qui fait intervenir,plutôt qu'un principe rationnel abstrait, une rationalité propre à l'action,faite de juste mesure et incarnée par l'homme prudent (phronimos) quifait intervenir à bon escient sa faculté de calcul (logistikon). Remarquons d'emblée que pour Aristote, la norme de l'action vertueusen'est pas un principe général, mais un être de chair et d'os : c'estl'homme prudent. Lui seul est apte à déterminer le juste milieu, qui n'estpas défini de façon purement mathématique (comme 7 serait la moyenne arithmétique de 2 et de 12, puisque(12+2)/2 = 7, et 6, leur moyenne géométrique : 2/6 = 6/12). S'il y a du défaut et de l'excès dans le domainede l'action, il faut en juger d'un point de vue qualitatif.La définition aristotélicienne de la vertu prend place dans une doctrine des facultés de l'âme. La partiedésirante de l'âme connaît plusieurs régimes : la convoitise (intempérance des désirs du ventre et du bas-ventre) ; l'impulsion (emportement, colère); le souhait. Ce dernier n'est pas intrinsèquement rationnel (on peuten effet souhaiter l'impossible), mais il est plus accessible que les deux autres à la raison. Une fois éveillé lesouhait, la faculté pratique de l'âme calcule et fait le choix des moyens appropriés à ce souhait. C'est ici que lavertu de prudence intervient : elle introduit dans la matière du souhait la forme d'une délibération relative à cequi est en notre pouvoir. Toutefois, cette prudence n'a pas le pouvoir de modifier la direction du souhait. Ladécision qui suit la délibération ne fait qu'entériner la cohérence de la fin souhaitée avec les moyens retenus. «Mais la délibération (oeuvre de la raison calculatrice) ne porte pas sur les fins, mais seulement sur les moyensd'atteindre les fins ». (III, 5) Faut-il en conclure que la raison dans l'action se borne à un rôle d'intendance ?Que nous ne pouvons changer nos désirs ? Il reste que, pour Aristote, « le méchant, tout comme l'homme debien, est cause par lui-même de ses actions, même s'il n'est pas la cause de la fin ». Il y a bien quelque chosede contingent dans les diverses dispositions des hommes à agir. Quelque chose qu'ils ont l'impression de ne pasavoir choisi (tempérament, tendances, etc.). Ils n'en sont pas moins responsables de leurs actes. En ce sens,Merleau-Ponty pourra dire : « La gloire des résistants, comme l'indignité des collaborateurs, suppose lacontingence de l'Histoire, sans laquelle il n'y aurait pas de coupables en politiques, mais aussi sa rationalité,sans laquelle il n'y aurait que des fous ». - Transition : cela suppose qu'on peut connaître le bien et le juste milieu, donc la règle. Il ne suffit donc pas de dire que le juste milieu est préférable, car on voit bien bien que souvent, le problème est que nous nesavons justement pas comment déterminer le juste milieu relatif à nous car : nous ne pouvons totalement nousconnaître (donc savoir ce qu'est pour nous la mesure : ex. de la nourriture : on ne doit pas manger tous lamême chose selon nos activités), ni connaître la réalité en face de nous (comment mesurer le danger réel poursavoir si nous sommes imprudent ou non ?). De plus, cela présuppose qu'il est bon de modérer ses désirs. Maisn'y a-t-il pas là comme une faiblesse ? 2. Le juste milieu n'est jamais préférable car il est faiblesse. »

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