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Le travail: douleur ou plaisir ?

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travail

-       Si cette conception du travail comme douleur est fortement connotée historiquement, on la retrouve sous d'autres formes plus contemporaines avec la division du travail, syndrome de la modernité critiquée par Marx. Le travail devient aliénation : dépossédé de ses moyens de production, le travailleur ne vend pas son travail mais sa force de travail, il est obligé de se vendre s'il veut survivre. Le salaire ne rétribue pas la valeur du travail mais la force de travail : l'objet une fois produit, le capitaliste le revend à sa valeur d'échange, générant un profit supérieur au salaire. Le travail concret du salarié se transforme en abstraction : dépossédé de l'objet de son travail, le travail aliène l'ouvrier. ð  Dans les Manuscrits de 1844, Marx note que « dans les conditions de l'économie politique, cette réalisation du travail apparaît comme déperdition de l'ouvrier, la matérialisation comme perte et servitude matérielles, l'appropriation comme aliénation, comme dépouillement «.    

LE TRAVAIL COMME PLAISIR : L'HUMANISATION PAR LE TRAVAIL  

-       Pour contrecarrer l'analyse de H. Arendt évoquée plus haut : Hegel in La Phénoménologie de l'Esprit : la dialectique du maître et de l'esclave. Si ce dernier est toujours occupé à répondre aux besoins de son maître, s'il ne peut goûter aux plaisirs et à l'oisiveté, l'esclave est néanmoins un être indépendant. En transformant la nature, l'esclave se libère : il se réalise lui-même par son travail. Il se réalise et se définit sans passer par le Maître, alors que ce dernier apparaît comme celui qui a le plus besoin de l'Autre.

Dans La Genèse, la punition d’Adam pour avoir passé outre l’interdit divin se manifeste non seulement par son expulsion du jardin d’Eden, mais également par la condamnation au travail : les besoins des hommes ne seront plus comblés par le don du sol, mais « c’est dans la peine «, « à la sueur de [s]on visage « qu’ils devront être étanchés. Mais peut-on circonscrire le travail à la seule transformation de la Nature dans le but d’obtenir une réponse à nos besoins ?

Car il nous arrive également de travailler sans pouvoir écarter le plaisir que nous en tirons : ainsi, s’exercer à faire des gammes sur un instrument de musique n’est pas seulement une contrainte, cela peut également nous être agréable, s’apparenter à un loisir.

Il s’agit donc de s’interroger sur les modalités qui font du travail une douleur ou un plaisir : n’est-il pas synonyme dans le cadre de la seconde alternative, d’un accomplissement, voire d’un dépassement de soi ? En revanche, si le travail apparaît comme un douleur, n’est-ce par parce qu’il nous renvoie sans cesse à la nécessité de répondre à nos besoins, niant par là celui qui l’accomplit au bénéfice du résultat produit ? En d’autres termes : le travail est-il aliénation ou libération ?

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