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Le travail est il une obligation ou un privilège?

Publié le 13/02/2005

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On peut s'interroger sur cette apparente nécessité de travailler ? Est-ce vraiment nécessaire ? Et si oui, pourquoi ? A) Le travail est lié au terme de « besoin » : il est une façon de subvenir à ses besoins. En effet, le travail a une valeur d'usage, ou d'échange (cf Adam Smith) qui permet à l'individu de combler ses besoins. Le terme de besogne est d'ailleurs dérivé du terme de besoin. B) Cela dit, le travail est souvent associé à la peine, à la pénitence, au rachat de ses pêchers. Rappelons que selon la religion chrétienne, Adam et Ève ont été condamnés à travailler dans la douleur la terre. Il y a une idée de devoir associée à la nécessité. Le gain doit être mérité.

Dans la pièce de théâtre Les Trois Soeurs, Tchekov présente trois soeurs, filles d'un officier militaire gradé. Du fait de sa condition, les trois filles n'étaient pas obligées de travailler. Cependant, la pièce s'ouvre sur Olga qui évoque son désir fort de travailler, comme si c'était une voie d'épanouissement. Au cours de la pièce on la voit s'épuiser, elle se présente comme désabusée, rongée par le travail : engrenage de plus en plus prenant et dont elle n'arrive plus à s'extirper. Cette pièce propose de réfléchir sur le fait de travailler, et même de vouloir travailler. Nous donnerons ici au travail la définition de l'exercice professionnel. On peut préciser notre question sous cette forme : le travail est-il une obligation ou un privilège ? Il s'agit ici d'interroger le postulat du travail, afin d'en saisir les origines et les conséquences.

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« 3. Nous avons vu que le travail est un moyen : moyen d'interagir avec autrui, avec le monde, moyen desubvenir à ses besoins... Cependant ne peut-on penser que l'homme veut travailler pour travailler, au sens où letravail est garant d'un épanouissement ? A) L'individu peut avoir la possibilité de choisir sa profession, et que celle-ci soit l'aboutissement d'un projet. Dansce cas là, on voit bien que le métier n'est pas seulement un moyen d'obtenir un gain pour subvenir aux besoins. B) Marx dénonce l'aliénation produite par les demandes de rendement, deproduction, d'efficacité prescrites par le monde du travail. Il explique que,bien que le travail soit nécessaire à l'individu, ce dernier ne se reconnaît pasdans son travail. Les analyses de Marx concernant la généralisation des échanges dans lasociété capitaliste, et l'emprise croissante des catégories marchandes sur lavie sociale, ont mis en évidence les mécanismes fondamentaux qui font que «les rapports entre les choses » tendent de plus en plus à régler, à dominer «les rapports entre les hommes ». Ce phénomène, que Marx analyse dans unpassage célèbre intitulé « le caractère fétiche de la marchandise » (LeCapital, livre l) tient au fait que la production et l'échange, réglés par lesfinalités du profit capitaliste et non par la satisfaction harmonieuse desbesoins fondamentaux de la société, sont perçus comme un monde étranger,extérieur à chaque travailleur, et exerçant sur lui une contrainte dont il nepeut comprendre la signification qu'en élucidant les conditions de sonexploitation, c'est-à-dire les rapports sociaux de production qui régissenttoute l'activité sociale. Mais le plus souvent, le monde des apparences,renforcé par le langage et les conditionnements idéologiques, occultetotalement le fonctionnement réel de l'exploitation capitaliste. Le capital et l'argent semblent doués d'une vie propre, autonome. L'argent « fait des petits » (il peut même « travailler »)tandis que le réinvestissement des profits vient grossir le capital qui, ainsi, semble s'accroître de lui-même.Avec le salaire aux pièces ou au temps passé, le travailleur peut même avoir l'illusion que l'intégralité du travailfourni est rétribuée, puisqu'il touche une somme « proportionnelle » à la tâche ou au temps passé. Le discoursdes économistes qui gèrent le système, des technocrates et des comptables, vient renforcer cette illusion etla systématiser. Pourtant, un examen un peu attentif et idéologiquement honnête de -la sphère des échangeset de celle de la production doit conduire à une constatation, que l'on peut résumer schématiquement ainsi :si, dans la sphère des échanges, et au terme d'un processus de production déterminé, apparaît du « profit »(c'est-à-dire une somme d'argent excédentaire par rapport à la somme initialement investie), c'est bien que denouvelles valeurs ont été produites, et qu'elles n'ont pas reçu, dans l'acte d'achat de la force de travail, unecontrepartie en argent. Comme le note Marx, si le détenteur des capitaux et des moyens de production payaità sa valeur la totalité du travail fourni, il ne pourrait réaliser de profit : celui-ci, travesti en « bénéfice », n'estpas autre chose que la forme prise par la plus-value, c'est-à-dire la différence entre la valeur de la force detravail achetée pour un temps déterminé et la valeur des produits effectivement fabriqués pendant ce temps.Mais le « contrat de travail » et toutes ses stipulations juridiques occultent un tel mécanisme et suscitent desurcroît l'illusion que le patron et l'ouvrier contractent librement et définissent en commun les conditions del'embauche, alors que les conditions d'existence de chacun, la distribution des richesses, l'état du marché dutravail, etc., rendent totalement illusoire et mystifiante cette « égalité juridique ». Pour être saisie dans sasignification réelle, la forme apparente de l'échange doit être référée aux conditions concrètes dans lesquellesse trouvent effectivement les hommes et les classes sociales auxquelles ils appartiennent. C) Nietzsche dénonce fermement toute apologie du travail : il n'est pas pour une société de loisirs, mais veut que letravail soit valorisé pour lui-même et non pour le gain. »

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