Devoir de Philosophie

Le travail nous rend-il heureux ou malheureux ?

Publié le 10/12/2009

Extrait du document

travail

Rappelons tout d’abord l’étymologie du mot « travail « : tripalium, en latin signifie « joug pour les bœufs «, « instrument pour ferrer les chevaux «, et enfin « instrument de torture à trois pals «. On remarquera la connotation extrêmement négative du travail pour les Romains, et donc pour les Grecs, de l’Antiquité. En effet, pour eux le travail n’était pas noble, il réduisait l’Homme à l’état de « bête de somme «. Dans la Cité, seuls les esclaves travaillaient, car ils étaient considérés comme « inférieurs «, ainsi que les métèques (les individus qui vivaient dans la Cité mais dont les deux parents n’étaient pas Athéniens). Le citoyen ne travaillait pas. Son temps libre, la scholê, était consacré à sa culture intérieure et à la vie politique de la Cité, qui n’était pas considéré comme un travail. Pour eux, le travail était bien contre-nature.

 

  • I-  Le travail fait le malheur de l’Homme car il est déshumanisant
  • II- Le travail comme condition du bonheur des Hommes
  • III- Vivre pour travailler

 

 

 

 

 

travail

« A- La thèse protestante et la vision des Lumières Cette vision évolue tout d'abord avec la pensée protestante.

Pour elle le travail est le moyen pour parvenirau salut de l'âme.

L'Homme a à accomplir une œuvre sur Terre, tel est le dessein de Dieu.

Cette pensée sepropagera à travers le monde, notamment aux Etats-Unis où est vantée la réussite sociale par le travail.Plus tard, on assistera à une revalorisation du travail avec les principes d'égalité issus de la Révolution Française : larichesse ne s'acquiert dorénavant plus par la naissance, mais par le mérite d'un travail fourni.

Cette revanche duTiers-Etat et de la bourgeoisie sur la noblesse traduit le déclin de l'aristocratie et l'avènement de la méritocratie.La Révolution Française est l'aboutissement en actes de la philosophie des Lumières.

Le siècle des Lumières, XVIIesiècle, prône en effet le savoir et le progrès, la compréhension du monde et le refus de l'explication métaphysique.Kant partage les idées des Lumières.

Il critique notamment la vision idyllique de Rousseau, le mythe du « Bonsauvage » : ces sociétés de bergers vivent, certes, en paix, mais à l'image des moutons qu'ils font paître, passifs,sans objectifs.

Selon lui, la Nature poursuit ne fin en l'Homme, qui est, par la culture, de se délivrer de sa nécessité.Selon lui, la Nature a « fait exprès » de ne pas mieux le doter dans ses attributs physiques (l'Homme n'est ni le plusfort des animaux, ni le plus rapide, il n'a ni crocs, ni griffes…), pour le pousser à développer ses attributsintellectuels, notamment sa conscience, et à user de techniques pour se délivrer de sa condition d'animal : par laculture il se délivre de la nature.

Le travail rend donc l'Homme libre, condition de son bonheur.

De plus, Kant faitremarquer que quand l'Homme a subvenu à ses besoins, il continue à travailler : le travail est le propre de l'Homme.Il ne serait pas heureux s'il ne travaillait pas.

B- Karl Marx Cette théorie du travail qui libère sera reprise par Karl Marx au début du XXe siècle.

Selon lui, il existe une lutte des classes.

Elle a commencé dès l'Antiquité avec les esclaves et les maîtres.

Au Moyen-Age, elle se traduitpar la différence serfs et seigneurs.

Dans l'Ancien-Régime, il s'agit du Tiers-Etat et de la noblesse.

Aujourd'hui, il lenomme prolétariat, qu'il confronte à la bourgeoisie.

Pour lui, le travail est la condition de la libération du prolétaire desa situation sociale.

Par le travail, il peut gravir les échelons de la société et s'affranchir de sa condition, et doncêtre heureux.

Donc le travail, bien qu'aliénant me libère.

Mais il s'agit désormais, pour accéder au bonheur, non plus detravailler pour vivre, mais vivre pour travailler, pratiquer le travail-passion.

III- Vivre pour travailler A- Une nouvelle aliénation apparaît : l'aliénation par le loisir Dans notre société moderne, le travail est une nécessité : l'Homme travaille pour vivre.

Après avoir subvenu à ses besoins primaires, il désire plus : confort matériel, loisirs… Il désire du temps libre or ce temps libre est aliénéau travail : pour voir du temps libre et profiter de loisirs qui sont bien souvent payants, il doit travailler plus.

De nosjours, les Hommes choisissent, pour la plupart, leur métier en fonction de l'argent qu'il leur fera gagner et non deleurs goûts.

Cet argent leur permettra de subvenir à leurs besoins secondaires.

Car dans notre actuelle société deconsommation, société de loisirs, les loisirs, bien souvent divertissements, sont payants.

Or le loisir ne devrait-il pasêtre gratuit ? De plus on assiste à une nouvelle aliénation du temps-libre : l'abrutissement, l'aliénation par desdivertissements vides.

Il s'agit donc d'un cercle vicieux.

L'Homme quitte l'aliénation par le travail pour retrouverl'aliénation par le loisir.Il devrait pourtant profiter de ce temps-libre pour se consacrer à sa réalisation en tant qu'être humain, audéveloppement de sa culture, à aides les autres… A aider l'Humanité à progresser vers des valeurs, telles que laJustice, la Liberté, le Bonheur.

B- Trouver le bonheur dans le travail et le temps-libre : le travail-passion. »

↓↓↓ APERÇU DU DOCUMENT ↓↓↓

Liens utiles