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L'enfance: enfer ou paradis ?

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d'en sortir. Ils ne cessent de se projeter dans le futur en déclarant qu'ils auront telle profession, qu'ils réaliseront tels projets. Ce paradoxe tient peut-être en partie à ce que l'adulte est dépité par l'accélération de la fuite du temps ; au lieu que celui qui n'est pas encore «grand» éprouve quelque insatisfaction de ce qu'à son âge « le temps et les choses coulent au ralenti» (J. Cortazar, Circé). Mais c'est surtout parce qu'il se sent exclu du monde vrai qu'il aspire à sortir de l'enfance. Toute bévue, toute faute, mais aussi tout bon mot, toute «trouvaille» réactive la connivence des adultes et rappelle ainsi à l'enfant qu'il n'est jamais vraiment pris au sérieux: c'est qu'il est, en effet, par essence, l'être qui doit prendre son mal en patience. (1.3) Somme toute, c'est le souvenir d'une ouverture illimitée du champ des possibles qui fonde la nostalgie de l'adulte lorsqu'il repense à son enfance. Toute vie est l'histoire d'un échec a écrit Sartre, en ce sens. Peu à peu, notre histoire acquiert, en effet, l'opacité d'un destin singulier : l'enfant que nous étions - ayant tout loisir de modeler en imagination ce qui n'était pas encore advenu - pouvait modifier l'avenir à sa guise.

« (III.1) C'est, somme toute, de ce qu'il est convenu d'appeler l'innocence de l'enfant que circonvient le préjugé.Innocent, il l'est au sens vulgaire, puisqu'il est vierge et semble détaché de toute préoccupation ayant trait à lachair. Il l'est aussi dans la mesure où sa jeunesse paraît porter témoignage d'une droiture morale que l'on a coutumede voir s'émousser avec l'âge.(III.2) Mais si la vérité, ainsi que le veut le proverbe, « sort de la bouche des enfants», une impression de cruautéémane aussi, bien souvent, de leurs actes. La comtesse de Ségur a mis en scène les personnages trèsvraisemblables de jeunes tortionnaires prenant un malin plaisir à faire souffrir les animaux. Ce pur sadisme de l'enfantn'est pas exempt, selon Diderot, de quelque obscur désir charnel : «si le petit sauvage, écrit-il dans le Neveu deRameau, était abandonné à lui-même, qu'il conservât toute son imbécillité et qu'il réunît au peu de raison de l'enfantau berceau la violence des passions de l'homme de trente ans, il tordrait le col à son père et coucherait avec samère ».(III.3) Freud a appelé complexe d'oedipe la relation triangulaire qui unit l'enfant à ses parents et qui induit —particulièrement chez le garçon — l'ambivalence des sentiments ressentis à l'égard du père. Celui-ci serait éprouvé àla fois comme rival et comme protecteur, et, partant, serait objet d'amour, mais aussi de haine inconsciente. (Conclusion) L'enfance n'est donc pas exempte de conflits ni de troubles et M revêt nullement le caractère diaphane d'un Edenoriginel. C'est, tout compte fait, un purgatoire, dans lequel le jeune être demeure en attente de sonaccomplissement. »

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