Devoir de Philosophie

Les devoirs sont-ils seulement des contraintes?

Publié le 28/01/2005

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B- La contrainte a pour but de satisfaire un désir individuel qui ne contribue pas au besoin de la collectivité. Contrairement à la morale, la contrainte est un acte tyrannique qui met en danger la société et la liberté des individus.   Platon N'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien suprême qui perd cette dernière ? Quel bien veux-tu dire ? La liberté, répondis-je. En effet, dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est le plus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité (...). Or (...) n'est-ce pas le désir insatiable de ce bien, et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement et le met dans l'obligation de recourir à la tyrannie ? (.

  • VOCABULAIRE:

SEULEMENT:  * Sans rien ou personne de plus que ceux qui sont indiqués : Il est resté deux jours seulement. * À l'exclusion de toute autre chose : J'ai fait cela seulement pour lui rendre service. * Marque l'opposition, la restriction : Je voudrais bien y aller, seulement je n'ai pas le temps.

CONTRAINTE : Force ou coercition extérieure qui empêche l'action volontaire. Ne pas confondre avec obligation, qui émane de la volonté.

DEVOIR: 1) Obligation morale, opposée à obligation juridique; le devoir est une obligation interne au sujet, l'obligation juridique une obligation externe (une contrainte). 2) Le problème sous-jacent consistant à trouver le fondement de cette obligation, Kant fera du devoir un absolu: "Le devoir est la nécessité d'accomplir l'action par pur respect pour la loi." 3) Un devoir: tout ce qui correspond à une obligation morale.

  • Le devoir n'est pas seulement une contrainte en lui-même ; il peut être aussi l'exercice de ma liberté puisque, par lui, je sais m'imposer quelque chose, et que je choisis de le faire. Si l'intériorisation de la loi permet de penser le devoir comme contrainte acceptée, donc comme n'étant déjà plus pure contrainte, n'est-ce pas supposer du même coup que cela nous convient nécessairement, et que si cela ne convient pas, c'est que l'intériorisation n'est pas assez poussée ? La liberté est l'enjeu majeur de ce sujet : l'intériorisation peut aussi être une prison (et la pire qui soit puisque justement nous n'avons plus alors de rapport extérieur, objectif, à notre propre action). Le devoir névrotique, où l'on se force à faire quelque chose comme devoir, ne montre-t-il pas que le devoir ne doit pas être une contrainte ? Le devoir est l'intention et la volonté de bien faire, exigence purement désintéressée, qui ne prend son sens qu'en dehors de la contrainte. Ainsi, loin de définir le devoir, la contrainte peut être sa négation. Références utiles : Nietzsche, Par-delà le bien et le mal, Freud.

 

« nous ne trouverons aucun homme d'une trempe assez forte pour rester fidèle à la justice et résister à la tentationde s'emparer du bien d'autrui, alors qu'il pourrait impunément prendre au marché ce qu'il voudrait, entrer dans lesmaisons pour s'accoupler à qui lui plairait, tuer les uns, briser les fers des autres, en un mot être maître de tout fairecomme un dieu parmi les hommes.

En cela, rien ne le distinguerait du méchant et ils tendraient tous deux au mêmebut et l'on pourrait voir là une grande preuve qu'on n'est pas juste par choix, mais par contrainte, vu qu'on neregarde pas la justice comme un bien individuel, puisque partout où l'on croit pouvoir être injuste on ne s'en fait pasfaute B- C'est grâce à la morale que je peux garantir ma liberté.

La morale m 'assure une vie en communauté, il apparaît donc une distinction entre le devoir et la simple contrainte qui se trouve dans leur finalité respective. Kant Supposons que quelqu'un affirme, en parlant de son penchant au plaisir, qu'il lui est tout à fait impossible d'y résisterquand se présentent l'objet aimé et l'occasion : si, devant la maison où il rencontre cette occasion, une potenceétait dressée pour l'y attacher aussitôt qu'il aurait satisfait sa passion, ne triompherait-il pas alors de son penchant? On ne doit pas chercher longtemps ce qu'il répondrait.

Mais demandez-lui si, dans le cas où son prince luiordonnerait, en le menaçant d'une mort immédiate, de porter un faux témoignage contre un honnête homme qu'ilvoudrait perdre sous un prétexte plausible, il tiendrait comme possible de vaincre son amour pour la vie, si grand qu'ilpuisse être.

Il n'osera peut-être pas assurer qu'il le ferait ou qu'il ne le ferait pas, mais il accordera sans hésiter quecela lui est possible.

Il juge donc qu'il peut faire une chose, parce qu'il a conscience qu'il doit la faire et il reconnaîtainsi en lui la liberté qui, sans la loi morale, lui serait restée inconnue. Transition : Certes la morale apparaît comme une obligation qui m 'impose des choses non naturelles cependant en agissant pour le bien de la communauté j 'agis pour le mien propre.

Puis je pour autant parler de bien lorsque je suis contraint à des actes qui ne découlent pas de ma morale? II La contrainte extérieure ne m 'apporte aucune satisfaction car elle ne dépend pas de moi A- La contrainte qui vient d 'un autre que moi est un acte répressif, totalitaire, je perd ma liberté et mon identité, je ne suis plus qu 'un objet.

La contrainte est une aliénation qui vient d'autrui, elle ne relève pas de ma volonté. Marx En quoi consiste l'aliénation du travail ? D'abord, dans le fait que le travail est extérieur à l'ouvrier, c'est-à-dire qu'iln'appartient pas à son essence, que donc, dans son travail, celui-ci ne s'affirme pas, mais se nie, ne se sent pas àl'aise, mais malheureux ; il n'y déploie pas une libre activité physique et intellectuelle, mais mortifie son corps etruine son esprit.

En conséquence, l'ouvrier ne se sent lui-même qu'en dehors du travail et dans le travail il se sentextérieur à lui-même.

Il est à l'aise quand il ne travaille pas et, quand il travaille, il ne se sent pas à l'aise.

Sontravail n'est donc pas volontaire, mais contraint, c'est du travail forcé.

Il n'est donc pas la satisfaction d'un besoin,mais seulement un moyen de satisfaire des besoins en dehors du travail.

Le caractère étranger du travail apparaîtnettement dans le fait que, dès qu'il n'existe pas de contrainte physique ou autre, le travail est fui comme la peste.Le travail extérieur à l'homme, dans lequel il se dépouille, est un travail de sacrifice de soi, de mortification.

Enfin lecaractère extérieur à l'ouvrier du travail apparaît dans le fait qu'il n'est pas son bien propre, mais celui d'un autre,qu'il ne lui appartient pas, que dans le travail l'ouvrier ne s'appartient pas lui-même, mais appartient à un autre. B- La contrainte a pour but de satisfaire un désir individuel qui ne contribue pas au besoin de la collectivité.Contrairement à la morale, la contrainte est un acte tyrannique qui met en danger la société et la liberté desindividus. PlatonN'est-ce pas le désir insatiable de ce que la démocratie regarde comme son bien suprême qui perd cette dernière ?Quel bien veux-tu dire ? La liberté, répondis-je.

En effet, dans une cité démocratique tu entendras dire que c'est leplus beau de tous les biens, ce pourquoi un homme né libre ne saura habiter ailleurs que dans cette cité (...).

Or(...) n'est-ce pas le désir insatiable de ce bien, et l'indifférence pour tout le reste, qui change ce gouvernement etle met dans l'obligation de recourir à la tyrannie ? (...).

Lorsqu'une cité démocratique, altérée de liberté, trouve dansses chefs de mauvais échansons (1), elle s'enivre de ce vin pur au delà de toute décence ; alors, si ceux qui lagouvernent ne se montrent pas tout à fait dociles et ne lui font pas large mesure de liberté, elle les châtie (...).

Etceux qui obéissent aux magistrats elle les bafoue et les traite d'hommes serviles et sans caractère.

Par contre elleloue et honore, dans le privé comme en public, les gouvernants qui ont l'air de gouvernés et les gouvernés quiprennent l'air de gouvernants.

N'est-il pas inévitable que dans une pareille cité l'esprit de liberté s'étende à tout ?(...).

Qu'il pénètre, mon cher, dans l'intérieur des familles, et qu'à la fin l'anarchie gagne jusqu'aux animaux ? (...).Or, vois-tu le résultat de tous ces abus accumulés ? Conçois-tu bien qu'ils rendent l'âme des citoyens tellementombrageuse qu'à la moindre apparence de contrainte ceux-ci s'indignent et se révoltent ? Et ils en viennent à la fin,tu le sais, à ne plus s'inquiéter des lois écrites ou non écrites, afin de n'avoir absolument aucun maître.

Je ne le saisque trop, répondit-il.

Eh bien ! mon ami, c'est ce gouvernement si beau et si juvénile qui donne naissance à latyrannie. Transition: Mais l 'homme ne s 'attribue pas lui même les critères de moralité, comment peut on parler de liberté grâce au devoir alors que c 'est une forme de contrainte que la société lui impose?. »

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